Energique réaction de condamnation par l’UE et les USA de l’attaque par les réfugiés rwandais FDLR du camp des déplacés de guerre de Kinyandoni dans le Nord-Kivu. Les autorités européennes et américaines préconisent même des sanctions contre les FDLR vivant en Europe

Suite à l’attaque du camp des déplacés internes situé à 40 kms de la ville de Goma, les envoyés spéciaux de l’Union européenne, des Etats-Unis et la Monuc n’ont pas gardé leur langue dans la poche.
Ils ont condamné avec la plus grande fermeté cette lâche attaque qui a tué quatre personnes et blessé vingt cinq autres. Pour les envoyés spéciaux de l’UE et des USA, il faut prendre des sanctions sévères contre les représentants des FDLR se trouvant en Europe et en Amérique du Nord. Ceci peut aller du gel de leurs avoirs, au blocage de leurs comptes bancaires en passant par les arrestations.
Les représentants de l’Union européenne pour la région des Grands Lacs et des Etats-Unis d’Amérique revenaient de la réunion du suivi de l’acte d’engagement de Nairobi quand ils ont appris cette nouvelle triste. Le numéro un de la Monuc, Alan Doss a participé aussi à cette réunion. Il a rappelé les dispositions militaires de l’acte de Nairobi qui sont applicables à tous les groupes armés dont les combattants FDLR et toutes les factions dissidentes. Il a par ailleurs rappelé la position du gouvernement à cet effet. En l’occurrence, le rapatriement volontaire ou forcé. Et s’ils sont éligibles, ils peuvent bénéficier d’une relocalisation temporaire. Il n’est pas acceptable que les populations congolaises soient prises en otage pour des motifs politiques.
Le 4 juin, un groupe des combattants Fdlr ont attaqué un camp de déplacés internes dans le territoire de Rutshuru. L’attaque meurtrière contre des personnes vulnérables a causé un bilan lourd. Quatre morts dont trois tuées sur place et une quatrième qui a succombé à ses blessures. Vingt cinq blessés dont une douzaine avec des blessures graves, selon la Monuc. Une enquête est déjà ouverte pour identifier les auteurs de ce crime contre l’humanité.
Les représentants spéciaux ont rappelé ceci : les attaques délibérées contre des civils en situation des conflits constituent, au regard du droit international, des crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Les responsables de tels actes, tant au niveau du commandement militaire que politique, doivent répondre devant la Justice nationale ou internationale.
Informée de la situation, la Mission onusienne a dépêché une force de réaction rapide qui assure désormais une patrouille statique dans ce village. Une cinquantaine de casques bleus sont déployés pour protéger les déplacés et de prévenir toute autre attaque contre ces derniers.
Le Conseil de sécurité prône le dialogue entre Kin et Kigali
Malgré le rappel du Conseil de sécurité, la mise en exécution du programme Amani, l’existence de divers accords, les groupes armés continuent à défier le gouvernement central et la Communauté internationale. Le jour même de cette attaque, les affrontements avaient opposé la 6ème brigade intégrée aux FDLR dans une autre localité du même territoire de Rutshuru, à savoir Mugoyo, situé aux Nord-Est de ce territoire. Au cours de cet accrochage, les éléments FDLR ont été délogés des positions qu’ils occupaient avant cette opération militaire de tels actes, tant au niveau du commandement militaire que politique doivent répondre devant la justice nationale ou internationale.
Les 3 jours, des accrochages ont opposé les Maï-Maï/Pareco aux combattants du CNDP de Laurent Nkunda. A l’origine des affrontements le vol de Plus de 50 vaches appartenant au CNDP par la Pareco.
Dans la province Orientale, dans le territoire de Bafwasende, les soldats congolais poursuivent les opérations militaires contre les Maï-Maï. Selon différentes sources citées par la Monuc, ces affrontements auraient provoqué plusieurs morts et blessés dans les rangs de l’armée loyaliste et les belligérants. Pendant son séjour à Kinshasa, la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU avait préconisé un dialogue entre Kinshasa et Kigali. Pour les ambassadeurs onusiens, cette concertation régulière peut résoudre l’épineuse question des combattants hutu-rwandais. Il faut maintenant trouver une solution au travers les différents moyens envisagés. Notamment leur retour ou déplacement éventuel. Avant tout, les FDLR doivent déposer leurs armes et cesser de terroriser les populations civiles déjà meurtries par les conflits et les crises humanitaires.
L’attaque d’un camp de déplacés et les affrontements signalés cette semaine dans deux provinces de l’Est prouvent à suffisance que les groupes écoutent difficilement le langage des négociations. Seules les mesures plus contraignantes à l’endroit des responsables qui commettent ces crimes, tel que préconisé par le Conseil de sécurité, peuvent arrêter les ambitions de tous les miliciens actifs en RDC.
Alan Doss : “ Nous ne pouvons pas permettre aux groupes armés de faire la loi… ”
Au cours de son point de presse, le porte-parole de la Monuc, Kemal Saïki est revenu sur la déclaration de M. Alan Doss à la réunion du Comité de suivi du communiqué de Nairobi qui s’est tenue le 4 juin à Rubavu, ex-Gisenyi au Rwanda.
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Le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC et chef de la Monuc, Alan Doss a notamment dit : “ Nous ne pouvons pas permettre que les groupes armés fassent la loi. Nous ne voulons pas entrer dans un nouveau cycle de violence, mais les éléments récalcitrants, intransigeants doivent se rendre compte qu’ils ne peuvent plus continuer à terroriser la population congolaise ”.
Il évoquait ainsi la récente rencontre de Kisangani, à laquelle le gouvernement congolais avait convié les leaders FDLR et des factions dissidents à discuter des modalités de leur désarmement et de leur retour dans leur pays d’origine, le Rwanda. M. Doss a estimé, selon le porte-parole de la Monuc, qu’un important pas en avant avait été fait car plusieurs centaines de combattants ont accepté de s’engager dans le processus de démobilisation. Il a toutefois rappelé que le plan d’action de Nairobi à des dispositions militaires.
Le chef de la Monuc a également réitéré que le communiqué de Nairobi était applicable à tous les combattants FDLR ou des factions dissidentes en RDC, quelles que soient leurs allégeances.
Pour le porte-parole de la Monuc, Kemal Saïki, le message du gouvernement à ce sujet est clair et constant : les FDLR doivent rentrer ou, s’ils sont éligibles, bénéficier d’une relocalisation temporaire car, il n’est pas acceptable que les populations congolais soient prises en otage pour des motifs politiques.
A rappeler que le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu et chef de la Monuc, M. Alan Doss, a participé le mercredi 4 juin dernier à Rubavu ex-Gisenyi, au Rwanda, à la quatrième réunion, au niveau des envoyés spéciaux, du Groupe de suivi du communiqué de Nairobi ou Joint Monitoring Group (JMG), composé de représentants des gouvernements de la RDC, du Rwanda et de la facilitation internationale, à savoir l’Onu, les USA, l’Union européenne, l’Union africaine, l’Afrique du Sud et les délégués de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs.
Le Potentiel/L’Observateur
Last edited: 12/06/2008 17:23:48