La rumeur qui avait cité le député Katumba Mwanke comme le nanti protecteur du Libanais séquestreur est démentie par une des victimes de ladite séquestration en la personne du député provincial de Kinshasa, ci-devant Gérard Mulumba alias Gecoco

Le député provincial de la ville de Kinshasa, Gérard Mulumba, alias Gecoco, s’est confié à la presse pour faire le point sur la libération du Libanais qui avait séquestré les députés dans l’enclos de sa société. La main sur le cœur, l’élu de la capitale a été clair et précis : “ Alain Ilunga n’avait jamais cité le nom de l’honorable Katumba Mwanke dans cette affaire ”.
Le 5 juin dernier c’était la journée mondiale de l’environnement. J’ai reçu un ordre de mission de l’Assemblée provinciale pour effectuer une mission d’information. Je suis arrivé à la société d’où j’ai présenté mon ordre de mission à la réception. Et les Libanais ont fait obstruction à cet ordre de mission signé par le président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa.
Le Libanais a pris le téléphone et avant cela, il demande à ses employés de bloquer le portail pour que je ne sorte plus. Il a dit que dans cette société, on ne peut pas effectuer de missions. Donc, il est au-dessus de la loi. Il a pris son téléphone. Il a appelé, j’ai entendu l’Inspecteur donc un inspecteur judiciaire.
Par après, c’était des menaces. Des menaces corporelles presque. Je me suis enfermé dans ma voiture. J’ai voulu faire marche arrière, mais il a ordonné à ses employés de bloquer ma voiture de part et d’autre. J’ai pris mon téléphone. La première personne que j’ai contactée était l’honorable Francis Kalombo qui était en pleine réunion du parti. A son tour il a dit au Secrétaire général du parti, l’honorable Evariste Boshab que notre député est séquestré. Je devrais aller à son secours.
Le SG Evariste Boshab, l’a autorisé et il est venu avec le député Gaston, ils sont arrivés. Mais, ils n’ont pas eu un accès facile parce qu’ils ont trouvé le portail bien scellé. Mais, c’est suite à l’entrée d’un sujet libanais que les deux députés se sont faufilés pour y accéder. Après Francis Kalombo, j’ai appelé le ministre provincial de Kinshasa en charge de l’intérieur, Godard Motemona, qui s’est présenté aussi. J’ai aussi appelé la Police à partir du numéro qui est toujours affiché sur la jeep de la police.
Et la police est arrivée avant le ministre et elle n’a pas eu d’accès facile. Avant que Francis Kalombo entre, il y avait déjà des inspecteurs judiciaires qui sont arrivés. Et je voulais ici insister que ce ne sont pas les inspecteurs judiciaires qui m’ont séquestré, mais c’est la famille Zaidan, le papa et son fils. Quand les inspecteurs judiciaires sont arrivés, ils ont voulu me brutaliser comme j’étais dans la voiture. Ils ont forcé les portières pour me faire rapport, ils lui ont dit de ne pas bouger avec l’autre député. Ils ont pris des pick-up pour barrer le portail et bloqué toutes les portières. Francis Kalombo est arrivé, ils ont parlé. Au moment où il voulait repartir au parti pour faire le rapport, ils lui ont dit de ne pas bouger avec l’autre député. Ils ont pris des pick-up pour barrer le portail. Quand le ministre est arrivé, l’accès était aussi difficile.
Il a donné l’ordre aux policiers d’escalader les murs pour sauver les députés séquestrés. Ce qui a permis aux policiers d’entrer et de pousser les pick-up afin d’ouvrir le portail. C’est alors que le ministre, le colonel Babi Kafeke et la jeep de la police sont entrés. Le ministre a trouvé qu’il y avait eu effectivement séquestration. Il a donné l’ordre au colonel de prendre le Libanais. Il a demandé aux travailleurs de qui ils avaient reçu l’ordre de séquestrer les députés et ils ont cité le papa Zaïdan et son fils.
Qui avait alors donné l’ordre de libérer le libanais Zaïdan au niveau de la police ?
Le ministre a donné l’ordre que nous allions à la police. Et nous sommes tous partis. Pendant la procédure de la Police, qui était arrivée presque à la fin, un certain Alain Ilunga est venu. Je voulais être plus précis à ce sujet. Quand il est arrivé, Alain Ilunga n’avait jamais cité le nom de quelqu’un. Jamais. Il est venu parce que je pense qu’il a des relations avec ce libanais là. Et comme c’était la fin de l’audition, ils sont partis. Je voulais bien insister sur ce point que Alain Ilunga n’avait jamais cité le nom de l’honorable Katumba Mwanke. Non. Au moment où nous parlons, Katumba Mwanke n’est pas au pays, il est en déplacement. Il est dans un autre continent. Je n’ai pas compris comment les gens ont dit qu’Alain Ilunga a cité le nom de l’honorable Katumba.
Le Secrétaire général du PPRD Evariste Boshab pique une sainte colère !
L’affaire de la séquestration de deux députés par un sujet libanais n’a pas encore fini de faire couler l’encre et la salive.
Alors que la représentation nationale s’apprête à entendre ce matin le rapport de la mission d’enquête diligentée en vue de faire la lumière sur cette affaire, on apprenait mercredi que le Secrétaire général du PPRD parti auquel appartient les deux élus aurait piqué une sainte colère, car convaincu qu’une telle affaire risque de souiller la réputation du parti présidentiel. Une source bien branchée rapporte, en effet, que Evariste Boshab était sidéré d’apprendre une autre version de cette affaire. Une version selon laquelle le député Mulumba Gecoco qui n’était pas porteur d’un ordre de mission lui conférant le mandat d’enquêter à la RENAPI, avait dit attendre un ordre signé à la hâte par le président de l’assemblée provinciale de Kinshasa. Or, indique la source, sur le plan des principes, us et coutumes parlementaires, le parlement n’a pas mandat d’enquêter chez les privés.
D’après la même source, Gecoco Mulumba n’en était pas à sa première visite chez le libanais Zaidan. Une première fois, le député PPRD aurait déjà réussi à retirer une somme de 25.000 dollars américains. Mais samedi passé, il semble que le libanais n’était pas disposé à céder à ce qui paraissait à ses yeux comme un chantage. C’est ainsi que lorsque le député est arrivé, le libanais a laissé bel et bien entrer mais lui a fait aussi tôt comprendre que cette fois, il ne céderait point et qu’il n’allait pas le laisser retourner chez lui. Fort des relations qu’il entretient en haut lieu, le libanais appellera Alain Ilunga, ci-devant conseiller d’Augustin Katumba Mwake, en soins en Chine.
Quand le député qui avait amené des journalistes sur le lieu sous prétexte de la Journée internationale de l’environnement réalise que la terre commence à tourner sous ses pieds, il téléphonera à son tour à son ami Francis Kalombo pour l’informer de la séquestration dont il fais l’objet. Alors que ce dernier se trouvait à une réunion des cadres du PPRD présidée par le Secrétaire général Evariste Boshab. Aussitôt informé, Kalombo transmettra la mauvaise nouvelle à tous les participants à la réunion. Du coup, Evariste Boshab le pria de se faire accompagner d’un autre membre du parti pour s’enquérir de la situation informé lui aussi, Godard Motemona, ministre provincial en charge de la sécurité s’était également fait le devoir de se rendre sur le lieu, accompagné d’un groupe de policiers. Mais c’est sans succès qu’il tentera de “ libérer ” le député séquestré.
Pour sa part, Alain Ilunga va appeler le général Numbi, chef de la Police nationale congolaise qui donnera l’ordre qu’on embarque tout le monde et qu’on l’achemine auprès de lui. Il se trouve que pendant qu’on embarquait tout ce monde, un fils du libanais a été quant à lui conduit chez Boshab, auprès de qui il révélera comment Gecoco Mulumba “ extorque ” de l’argent à son père. Tandis que plus loin, chez le patron de la police, les protagonistes se voyaient relâchés après avoir été entendus.
Aussitôt “ libérés ”, le député provincial et son collègue de la chambre basse se rendront à leur tour chez Boshab, pour quelques instants seulement. Car, rapporte notre source, les deux honorables réussiront à détourner l’attention du secrétaire général du PPRD pour retourner à la police où ils retrouveront le libanais qu’ils vont tenter de truander. Mais l’aventure tournera court puisque, aussitôt alerté une fois de plus, le conseiller de Katumba Mwanke a tout fait pour tirer l’expatrié des mains des deux élus.
C’est lorsqu’ils se sont rendus compte que leur coup avait échoué que ces derniers organiseront une conférence de presse sans daigner obtenir au préalable l’accord du secrétaire général du PPRD. D’où la colère de celui-ci, qui décidera de rechercher les deux membres du parti, mais en vain. A en croire certaines sources, Francis Kalombo aurait quitté la capitale pour se rendre à l’étranger. La plénière de la chambre basse de ce mercredi au cours de laquelle sera débattue cette affaire, promet d’être houleuse.
(Ern.)Forim des As/Le Phare
Last edited: 12/06/2008 16:53:47