Reproche malvenu fait au Chef de l’Etat de la RDC qui n’aurait pas protégé le leader du MLC appréhendé par la Belgique pour le compte de la CPI, parce que nul pouvoir de la planète n’est plus autorisé à contrevenir ni à bloquer la justice de rétablir les droits bafoués à travers le monde

Lorsque les Congolais ont fini par faire bon coeur contre mauvaise fortune en acceptant le sort du leader du Mlc, ils ont compris qu’il ne peut pas mourir seul. Car, se dit-on, tous les politiciens ne sont-ils pas les mêmes ? Pendant que JP Bemba est en prison en Belgique, il faut tout faire pour enlever des lustres à ses adversaires politiques. La personne la plus visée, c’est le chef de l’Etat, Joseph Kabila.
On le présente comme un méchant, un revanchard parce qu’il n’a pas osé prendre la défense de son adversaire. C’est dans ce cadre, pour convaincre l’opinion, qu’on a tiré des exemples dans l’histoire récente d’arrestation à l’étranger des personnalités africaines. Amalgame, confusion, manipulation, on ne recule devant rien pour faire accepter par l’opinion des faits qui n’ont aucun lien avec la situation de JP Bemba. On a cité en exemple Nicolas Sarkozy qui a défendu les citoyens français quoi qu’ils aient fait au Tchad.
Première malheureuse comparaison, Sarkozy ne court pas au secours de ses opposants. C’est d’un. De deux, L’affaire de l’Arche de Zoé est une affaire d’une justice nationale d’un pays qui a des accords avec la France. C’est finalement sur ces accords que porteront les débats et c’est de ces accords qu’est sortie la solution finale. Même dans ce cas, le gouvernement français avait laissé la justice dire le droit jusqu’au bout. Si on compare avec l’affaire JP Bemba, il s’agit d’une affaire de la justice internationale.
La Belgique n’est dans cette affaire que le bras alors que la Cpi est la tête. Le gouvernement congolais ne peut intervenir qu’auprès de la Cpi. Cette intervention ne pourrait se faire qu’au regard des accords entre Kinshasa et la Cpi. Ces accords n’obligent la Rdc qu’à coopérer avec la Cpi. C’est-à-dire que Kinshasa, impuissant, n’avait qu’à prendre acte.
On est presque dans le même cas de figure dans l’affaire des officiers du Congo Brazzaville mêlés par la justice française dans l’affaire des disparus du beach. Ici encore, il n’est question pour le gouvernement congolais de Brazzaville d’aller en France tirer des opposants des griffes de la justice française. C’est d’un.

De deux, il s’agit d’une affaire qui s’était passée au Congo Brazzaville et dans laquelle la justice congolaise était compétente. La discussion entre les autorités de Brazzaville et celles de Paris ont tourné autour du respect de la procédure.
Il ne revenait pas à la justice française de happer un officiel congolais en mission officielle en Hexagone pour une affaire dans laquelle la justice locale ne s’était pas déclarée incompétente. Finalement, le procès a eu lieu à Brazzaville. Pour le cas de JP Bemba, les faits ne se sont pas déroulés en Rdc. La justice congolaise ne peut pas réclamer. JP Bemba pour le juger au pays. Il ne pouvait qu’être jugé par la justice centrafricaine qui s’est déclarée incompétente et avait saisi la justice internationale. Par quel bout Joseph Kabila devrait-il prendre ce dossier pour tirer le leader du Mlc des griffes de la justice internationale ?
L’exemple le plus complaisant, c’est celui d’Ingrid Betancourt. Comment comparer cette dame qui n’est accusée d’aucun crime avec JP Bemba accusé de crimes contre l’humanité ? Par contre, on avait vu le gouvernement congolais s’impliquer dans le dossier Papa Wemba. Même dans ce cas, Kinshasa n’a pas cherché à ce que la justice belge innocente l’artiste, mais, le chef de l’Etat a payé la caution exigée par la justice pour qu’il retrouve la liberté.
(Milor)Joachim Diana G./L’Avenir
Last edited: 12/06/2008 16:21:40