Des critiques émanant surtout des milieux proches de l’ancien vice-président de la République JP Bemba reprochent au pouvoir de Kinshasa d’être resté passif à l’arrestation en Belgique du leader du Mlc dans le cadre d’un mandat d’arrêt lancé contre le concerné par la CPI

Certains évoquent à tort les cas des membres de l’Arche de Zoé, défendus par leur pays, des officiers congolais de Brazzaville pour lesquels le gouvernement s’est coupé en morceaux pour obtenir leur libération en Ingrid Belancourt. On constate que Joseph Kabila s’était plus dépensé pour l’artiste musicien Papa Wemba arrêté en France qu’il ne le fait pour l’ancien vice-président JP Bemba. C’est une intervention divine qui a fait que l’arrestation de JP Bemba se fassé en dehors du territoire congolais. Car, effet, un jour ou un autre, la Cpi serait obligée d’exiger la coopération de Kinshasa pour arrêter le leader du Mlc. Et personne en Rdc ne croirait à l’innocence de Kinshasa dans ce dossier. Déjà, chaque fois que la République Centrafricaine dépoussiérait le dossier, au Mlc on y voyait l’ombre de Kinshasa qui, selon les analystes du Mlc, chercherait à éliminer un adversaire politique. Ce dossier a été politisé et dégagé de son cadre centrafricain pour devenir un dossier de la politique intérieure congolaise.
Dans l’opinion publique, on ne s’expliquait pas que la Centrafrique, sans injonction de Kinshasa, puisse chercher la tête de JP Bemba. La notion de la justice internationale n’est pas bien comprise par le commun des mortels congolais. Les débats qui ont eu lieu à la télévision n’ont pas été de nature à aider les Kinois à comprendre ce qui opposait JP Bemba aux Centrafricains.
Pour beaucoup de politiciens de l’opposition congolaise, on pensait qu’il suffisait d’incriminer le gouvernement congolais pour empêcher au leader du MLC le destin que lui préparait la Cpi. Quiconque, journaliste ou politicien de la majorité osait parler de ce problème en donnant des faits était considéré comme l’accusateur de JP Bemba. On a ainsi créé dans le pays une tension en procuration. Lorsque intervient l’arrestation de JP Bemba en Belgique, il ne restait que de racoler les bribes d’informations lancées par les politiciens dans une campagne de désinformation pour trouver des coupables. On oublie ainsi les faits. On refuse de recourir aux faits. Car, les hommes de Bemba étaient effectivement en Centrafrique. Ils avaient été effectivement accusés d’exactions que le Mlc lui-même avait reconnues en jugeant et en condamnant certains de ses soldats. La vérité c’est que la justice du Mlc n’obligeait ni la justice centrafricaine ni celle de la Cpi.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres
Dire que l’arrestation de JP Bemba n’a pas fait des heureux, serait mentir. Ce serait également mentir que de dire qu’il n’y aurait des heureux que dans les rangs du pouvoir. Les faits le démontrent, même dans l’opposition il y a des gens qui ont sablé le champagne à l’idée que le leader du Mlc venait de libérer un espace très convoité par ses paires de l’opposition.
Les circonstances ont fait qu’il en soit ainsi. Car, l’arrestation de JP Bemba intervient au moment où les débats sont très animés au sujet de la désignation du porte-parole de l’opposition. Pour la tendance pilotée par le Mlc, le fait que JP Bemba était en exil ne l’empêchait pas de diriger l’Opposition. Il ne s’agissait à l’époque que d’un empêchement provisoire, donne totalement changée avec l’arrestation de JP Bemba. Du côté du pouvoir, l’élimination d’un adversaire ne pouvait pas ne pas donner des idées.
Lorsqu’on sait ce que le leader du Mlc avait déclaré, étant donné la campagne de virginité que menait chaque camp politique pour s’attirer la confiance des électeurs, les adversaires de JP Bemba ne pouvaient pas ne pas se frotter les mains à l’idée de voir celui qui se disait blanc, patauger dans la boue. Ceux qui l’accusaient de cannibalisme ou encore de crimes contre l’humanité voient à travers cette arrestation une justification de leurs propos.
Cependant ni dans l’opposition, ni au Mlc, ni dans l’opposition en général personne n’est la cause des malheurs du leader du Mlc. Cela n’empêche qu’il y ait des Congolais de tout bord politique pour tirer le dividende de cette situation.
(Milor)Joachim Diana G./L’Avenir
Last edited: 12/06/2008 17:54:46