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Bonjour | 07/10/2008 4:16 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le groupe parlementaire de l’Alliance de la Majorité présidentielle (AMP) embarrassé par la tournure que peut prendre le débat sur le dossier des députés séquestrés du fait du cas invoqué de parapluie d’un nanti qui aurait couvert le séquestreur libanais en cause C’est dans la plus grande anxiété que les membres de l’Alliance de la Ma­jorité Présidentielle (AMP) attendent le rapport de la commission Lumbala sur l’affaire des dé­putés séquestrés lundi dernier par un sujet libanais à Kinshasa.

En prin­cipe l’Assemblée Nationale, acquise à l’option de l’affirma­tion de l’autorité de l’Etat sur l’ensem­ble du territoire de la république, de­vrait proposer des sanctions exemplai­res contre l’homme d’affaires qui a humilié des élus du peuple, avec la complicité de ses parrains politiques.

La matière sous exa­men, écrivions-nous dans notre édition d’hier, ne pour­rait souffrir de vide juridique. En effet, la jurisprudence rappelle qu’en 1962, Albert Kalonji Ditunga  “ Mulopwe ” (Empereur), ancien Chef de l’Etat sécessionniste du Sud-Kasaï, avait écopé d’une lourde condamnation judiciaire et expédié à la prison de Luzumu, dans le Bas-Congo, pour avoir pris en otage le député Lufulwa­bo.

Cet élément juridique apporte de l’eau au moulin des députés nationaux par­tisans de la ligne dure,  qui estiment que pour donner un signal fort de l’existence de l’Etat de droit en République Démocratique du Congo, le sujet Libanais auteur du dé­lit d’atteinte à la dignité des représentants du peuple et l’ironie du sort à voulu que deux des victi­mes du Libanais Ghassan, à savoir Francis Kalombo et Gérard Mulumba, soient des membres du PPRD, parti membre de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP). De l’autre côté, de la même plate-forme politique sont ci­tés comme parrains du sujet asiatique mis en cause.

Ainsi, l’Assemblée Nationale, se trouve en face d’un dossier où les plaignants comme les ac­cusés sont du même bord politique. La situation est d’autant embarrassante que c’est l’AMP, détentrice de la majorité numérique dans l’hémicycle de Lingwala, qui devrait soit redonner ses lettres de noblesse à la puissance publique, soit la saborder.

On apprend, dans les coulisses de l’Assemblée Nationale, que la langue de bois serait de mise dans les rangs de l’AMP, où la con­signe de groupe serait à la modération, de manière à ne pas trop charger les pro­tecteurs du Libanais. Ainsi, pour éviter la foudre de la “ hiérarchie ”, des témoigna­ges à charge seraient diffi­ciles à ficeler.

Mais l’AMP va-t-elle commettre la ma­ladresse de saborder l’Etat de droit au profit des individus qui se caractérisent par la confiscation du pouvoir d’Etat, antivaleur unanime­ment condamnée par notre peuple en pleine phase de changement des mentalités ? De quelle légitimité pour­rait se réclamer demain la famille politique du Chef de l’Etat si ses députés se montrent aujourd’hui incapables de défendre leur pro­pre immunité ? Un aveu de faiblesse ne risque-t-il pas de vider de leur contenu les prérogatives reconnues aux ministres, députés na­tionaux, sénateurs, députés provinciaux, gouverneurs de provinces, administrateurs des territoires, bourgmes­tres, officiers de l’armée et de la police, responsables des services de renseigne­ments?

Le patriarche Ka­lonji Ditunga, encore vivant, et des millions de compa­triotes, témoins de son in­fortune en 1962, attendent impatiemment une réponse claire quant à la fracture ou non de la société congo­laise entre d’une part des “ citoyens sans droits ” et d’autre part, ceux ayant le droit de vie ou de mort sur les autres.

(Ern.)

Kimp./Le Phare

Last edited: 12/06/2008 17:45:57

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