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Des analystes commentant le mandat sous scellés de la CPI lancé contre Jean-Pierre Bemba avec demande de son arrestation immédiate par les autorités belges été requise croient déceler dans le contenu gardé secret dudit mandat d’autres mandats contre les leaders centrafricains Patassé et Bozizé La Cour pénale in­ternationale (CPI) a émis un mandat d’arrêt provisoire con­tre Jean-Pierre Bemba, arrêté à Bruxelles le 24 mai 2008 et poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis entre le 25 oc­tobre et le 15 mars 2003, sur le territoire de la Ré­publique centrafricaine. Le gouvernement centra­fricain avait saisi la CPI en décembre 2004.

En dépit du forcing exercé par ses avocats de­vant la justice belge, l’ex-­chef rebelle congolais et ancien vice-président de la République démocrati­que du Congo (2003-2006) reste en prison. Il reste en détention et la CPI pourra, dans l’hypothèse du rejet de la liberté, émettre un mandat d’arrêt définitif.

La chambre du conseil belge a reconnu la con­formité de la procédure de l’arrestation du suspect, après que la chambre de mise en accusation ait re­jeté la demande de mise en liberté provisoire sous cau­tion sollicitée par son Con­seil. Détenu en Belgique comme Etat d’extradition; les règles de la CPI dispo­sent dans ce cas, que l’ac­cusé doit être déféré sans délai à l’autorité judiciaire compétente de l’Etat dans lequel il a été arrêté, laquel­le doit vérifier que ses droits ont été respectés. Les avo­cats du prévenu ont saisi à cet effet la chambre de cassation pour obtenir sa liberté provisoire.

A l’analyse du mandat

Dans le mandat d’ar­rêt émis par la CPI contre Bemba, la chambre consi­dère qu’il existe des mo­tifs raisonnables de croire que M. Jean-Pierre Bemba a mis à exécution sa décision de retrait des troupes du MLC (NdIr: Mouvement de libération du Congo, ré­bellion qu’il dirigeait) ; ce retrait a marqué la fin des actes criminels sur les ci­vils par les troupes du MLC ainsi que celle du maintien au pouvoir de M. Ange Félix Patassé. La même ins­tance de la CPI estime, par ailleurs, que pour les rai­sons susmentionnées, il y a des motifs raisonnables de croire que “ M. Jean-Pierre Bemba est réellement res­ponsable, conjointement avec une autre personne ou par intermédiaire d’autres personnes ”, se fondant ainsi sur une disposition des régies de la CPI.

Pour des juristes congolais interrogés, cette précision don­ne clairement à penser que la CPI devrait avoir lancé, sous scellés, d’autres man­dats d’arrêt, notamment contre l’ancien président centrafricain, Patassé en se fondant sur le point 17 du mandat. Le point 17 af­firme que “ la chambre es­time qu’il existe des motifs raisonnables de croire qu’il existait un plan commun en­tre M. Jean-Pierre Bemba et M. Ange-Félix Patassé et que ce plan reposait sur l’engagement mutuel pour Ange Patassé, de bénéfi­cier de l’assistance militaire de M. Jean-Pierre Bemba afin d’assurer son maintien au pouvoir (...)

Des responsables des Ong de défense des droits de l’homme ainsi que des juristes affirment que la responsabilité du président François Bozize, an­cien chef d’Etat-major des forces armées de la RCA et ancien chef rebelle au même titre que Bemba, est totalement engagée. La CPI affirme que Patassé s’était confronté à un mouvement de rébellion mené par Bo­zize. Quand bien même le mandat d’arrêt reconnaît que d’autres forces armées étrangères auraient pris part au conflit, en citant, notamment la Brigade anti-za­raguina menée par Apoulaye Miskine, des analystes es­timent qu’autant Patassé est impliqué, le président Bozize, arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat, est explici­tement co-respon­sables des crimes imputés à Bemba. Les archives rap­pellent que Pa­tassé avait appelé en renfort des for­ces alliées venues de la RD.Congo avec Jean-Pierre Bemba, du Tchad avec Miskine et de Libye pour contrer les rebelles de Bozize. L’actuel président centrafricain n’est pas cou­vert par les immunités liées à ses fonctions. La Cour n’exclut pas la responsabi­lité pénale d’un suspect du fait de sa fonction officielle, en vertu de l’article 27 des règles qui commandent le fonctionnement de la CPI.

Dès lors, des ana­lystes notent que la CPI, en levant les scellés dans l’affaire Bemba, devrait logi­quement cheminer dans la voie de la mise en accusa­tion de François Bozize.

(Ern.)

Désiré-Israël Kazadi/Le Phare

Last edited: 11/06/2008 15:33:38

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