Les ténors de la société civile à Kinshasa ont décidé de réagir face aux méthodes fortes et humiliantes d’expulsion des Congolais de l’Angola en secouant les autorités à Kinshasa pour qu’elles réagissent et interviennent dans le sens d’une meilleure considération par les Angolais des ressortissants de la RDC

La Société civile congolaise refuse de rester indifférente au calvaire des populations congolaises expulsées des zones minières d’Angola. Elle s’est réunie à Kinshasa le samedi 3l mai au siège de Cenadep et publié un mémorandum qui est parvenu au Phare mardi.
Le mémo recommande au gouvernement de créer un organe interdisciplinaire composé des représentants des ministères de l’Intérieur et Décentralisation, des Affaires Sociales et Humanitaires, de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme, de la Justice et Droits Humains, du vice-ministère en charge des Congolais de l’Etranger, des organisations de la société civile les plus représentatives opérant légalement sur le sol congolais, du Comité International de la Croix Rouge, du Haut Commissariat des Nations Unies aux Affaires Humanitaires, des Médecins Sans Frontières et Médecins du Monde, de la Banque Mondiale, ainsi que des services spéciaux tels que la Direction Générale des Migrations, l’Agence Nationale de Renseignements, la police des frontières.
La société civile donne un certain nombre de misions à cette structure. En premier lieu, elle doit créer des conditions nécessaires au retour et à la réintégration des ressortissants congolais dans leurs communautés et ainsi anticiper l’afflux des refoulés. Ensuite, elle devra garantir le retour digne de tous les ressortissants congolais dans le strict respect des droits humains et du droit international humanitaire et s’assurer que les communautés frontalières accueillent nos compatriotes dans la dignité et le respect de la vie humaine.
La structure devra user des mécanismes bilatéraux et multilatéraux existants pour obtenir les statistiques des populations visées par les mesures d’expulsion constituées avec l’Angola une commission mixte en vue de négocier et instaurer une stratégie commune de rapatriement des populations étrangères vivant dans les zones d’exploitation du diamant.
Une dizaine d’organisations de la société civile est signataire de ce mémo. Nous pouvons citer Woppa, Asadho Cenadep, Cafco, Proddes... Plusieurs considérations ont poussé ces organisations à plaider pour la mise sur pied de cette structure. Elles ont considéré les vagues successives d’expulsion entre 2003 et 2007 de plus de 200.000 Congolais des zones d’exploitation de diamants en Angola et se sont déclarées préoccupées par les conditions précaires des camps des déplacés après les mouvements antérieurs d’expulsion marqués par des cas de brutalité et de violations des droits humains.
Cette structure constitue l’une des mesures proactives et immédiates recommandées par la société civile aux autorités congolaises pour éviter ce qui est arrivé dans le passé. Elle a recommandé aussi le renforcement des mécanismes de collaboration entre les services d’ordre chargés de la sécurité des personnes et de leurs biens pour assurer un meilleur contrôle et une sécurité nécessaire aux populations rapatriées et le soutien, en collaboration avec la société civile congolaise, à une campagne de sensibilisation des populations sur l’illégalité de l’exploitation du diamant en territoire angolais et sur les conséquences de telles activités; la mobilisation de la Communauté internationale afin qu’elle appuie un programme d’assistance aux populations congolaises refoulées ainsi que leur réinsertion au sein de la société.
(Milor)Jean René Bompolonga/Le Phare
Last edited: 11/06/2008 15:56:54