Le gouvernement angolais entend mettre d’ici peu en œuvre la reforme de son secteur minier artisanal avec comme conséquence I’expulsion des creuseurs artisanaux étrangers dont ceux de la République démocratique du Congo.
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Plusieurs plates-formes et autres organisations de la société civile de la République démocratique du Congo se sont réunies le week-end dernier, au Centre national d’appui au développement et à la participation citoyenne (Cenadep), pour examiner l’éventuel retour forcé dans les prochains des Congolais vivant dans les zones minières angolaises. Se rappelant des vagues successives d’expulsion qui s’étaient déroulées entre 2003 et 2007, de plus de 200.000 Congolais de ces zones d’exploitation de diamants, la société civile de la Rdc met déjà en garde les autorités du pays, de manière à prendre des dispositions utiles favorables à un accueil sans incidents de ces exploitants miniers artisanaux congolais.
Pour ce faire, la société civile suggère aux autorités congolaises la création d’un organe interdisciplinaire composé des représentants des différentes instituions du pays, pour garantir un retour digne des ressortissants congolais.
Etant entendu que l’Angola et la Rdc sont toutes deux membres de la Sadc, la société civile estime qu’il va de soi que soit préservé l’esprit de collaboration qui a toujours caractérisé les autorités de deux pays.
Ci-après le mémorandum de la société civile y afférent.
MEMORANDUM DE LA SOCIETE CIVILE DE LA RDC SUR LES POPULATIONS CONGOLAISES VIVANT ILLEGALEMENT DANS LES ZONES D’EXPLOITATION DE DIAMANT EN ANGOLA
Nous, organisations de la Société civile de la RDC, réunies au CENADEP à Kinshasa ce samedi 31 mal 2008 pour examiner la situation prévalant dans la région,
• Ayant appris par les médias et les partenaires internationaux de la mise en oeuvre prochaine d’une reforme du secteur minier artisanal en République d’Angola qui impliquerait I’expulsion des creuseurs artisanaux étrangers;
• Sachant qu’un grand nombre des congolais vivent dans les provinces minières de l’Angola, parmi lesquels plusieurs se livreraient à des activités d’exploitation du diamant;
• Considérant les vagues successives d’expulsion entre 2003 et 2007 de plus de 200.000 congolais des zones d’exploitation de diamants en Angola;
• Considérant que la RDC et I’Angola sont tous deux membres de la SADC, du Processus de Kimberley, et de la Conférence internationale sur la Paix, la Sécurité, la Démocratie et le Développement dans la Région des Grands lacs, et qu’à ce titre, ils ont l’obligation de garantir la sécurité des populations de la région, de collaborer dans la gestion des mouvements frontaliers, et de promouvoir le développement économique.
• Considérant que la République Démocratique du Congo partage avec I’Angola une frontière longue de plus de 2000 kilomètres et que, de part et d’autre de celle-ci, vivent les mêmes communautés ethniques qui aspirent à échanger de manière fraternelle;
• Préoccupés par les conditions précaires des camps des déplacés après les mouvements antérieurs d’expulsion marqués par des cas de brutalités et de violations des droits humains;
Demandons aux autorités de la République démocratique du Congo de prendre des mesures proactives et immédiates afin d’éviter comme cela l’a été dans le passé le drame humanitaire découlant des mesures de rapatriements forcés que pourraient prendre la République d’Angola et plus concrètement nous demandons au Gouvernement de procéder à ce qui suit:
1. Créer un organe interdisciplinaire composé des représentants des Ministères de I’Intérieur et Décentralisation, des Affaires sociales et humanitaires, de I’Environnement conservation de la nature, eau et forêts, de la Justice et droits humains, du Ministère en charge des congolais de I’Etranger, des organisations de la société civile les plus représentatives opérant légalement sur le sol congolais, le Comité International de la croix rouge, le Haut Commissariat des Nations Unies aux affaires humanitaires, des organisations internationales comme Médecins sans frontières et Médecins du Monde, Ies Institutions Financières internationales comme la Banque Mondiale, ainsi que des services spéciaux tels que la Direction Générale de Migrations, l’Agence Nationale de renseignements, la police des frontières qu’il faut former et déployer;
2. Cet organe aurait pour mandat notamment de:
a) créer des conditions nécessaires au retour et à la réintégration des ressortissants congolais dans leurs communautés et ainsi anticiper I’afflux des refoulés;
b) garantir le retour digne de tous Ies ressortissants congolais, dans le strict respect des droits humains et droit international humanitaire et d’assurer que les communautés frontalières accueillent nos compatriotes dans la dignité et le respect de la vie humaine;
c) user des mécanismes bilatéraux et multilatéraux existants (tels les accords tripartites entre I’Angola, la RDC et la République du Congo ou tout autre instrument juridique et politique de l’Union Africaine, de la SADC et le Pacte de la Conférence Internationale sur la paix dans la Région des Grands Lacs pour :
*obtenir les statistiques des populations visées par les mesures d’expulsion;
*constituer avec l’Angola une commission mixte en vue de négocier et d’instaurer une stratégie commune de rapatriement des populations étrangères vivant dans les zones d’exploitation du diamant;
*assurer que les populations rapatriées sont traitées conformément aux droits humains et au droit international humanitaire tant par les autorités et les populations de part et d’autres des frontières communes;
d) proposer la révision des accords bilatéraux pertinents en vue d’intégrer la dimension du respect des droits humains fondamentaux et du droit international humanitaire aux dimensions techniques des accords;
3. Renforcer les mécanismes de collaboration entre les services de I’ordre charges de la sécurité des personnes et de leurs biens pour assurer un meilleur contrôle et une sécurité nécessaire aux populations rapatriées;
4. Mener et soutenir, en collaboration avec la société civile congolaise, une campagne de sensibilisation des populations sur I’illégalité de I’exploitation du diamant en territoire angolais et sur les conséquences de telles activités.
Mobiliser la Communauté Internationale afin qu’elle appuie un programme d’assistance aux populations congolaises refoulées ainsi que leur réinsertion au sein de la société.
Célestin Lutete/MMC
Last edited: 10/06/2008 17:15:08