Une singulière révélation de la journaliste belge Colette Braeckman étale la manœuvre de sape entreprise par une certaine Belgique contre les contrats conclus entre la Chine et la RDC engagés dans le programme de la reconstruction du nouveau Congo démocratique

Un pot aux roses venu pas de n’importe qui mais de l’une des plus expertes connaisseuses du dossier en cause en la personne de la journaliste belge Colette Braeckman est révélateur de l’enjeu en cause sur les contrats conclus entre la Chine et la RDC. Selon Colette Braeckam, en effet, l’homme d’Etat belge Karel De Gucht révélé pourfendeur du visage de marque de la RDC avait osé déclarer à dans certains milieux ce qui suit : “ Je vous le dis, les accords avec la Chine ne passeront pas le cap de l'Assemblée nationale ” ! La leçon à tirer de cette bravade est que l’Opposition congolaise a été bel et bien préparée par les puissances “ anti-contrats chinoises ” pour bloquer la Convention au niveau de l’Assemblée nationale…
Maintenant que les engins et équipements chinois commencent à arriver à Kinshasa et que l’opinion congolaise prend la mesure de la manipulation dont elle a été l’objet, il faut énormément de trésor d’ingéniosité à l’Opposition pour plaider encore pour Karel de Gucht et tout ce qu’il représente d’anti-Congo !
Le spectacle valait bien le déplacement. Car, de mémoire des Congolais, ou pour faire modeste des Kinois, jamais l’on a assisté à un arrivage de gros engins et gros équipements destinés à la construction des infrastructures de base que ceux aperçus dans la capitale les jeudi 5 et samedi 7 juin 2008. Mais alors jamais.
Normal que certains acteurs politiques, toujours prêts à semer le doute, les aient présentés plutôt en matériels d’exploitation minière, suggestionnant qu’ils ne sont qu’en transit ; la destination finale étant le … Katanga ! Kinshasa a assisté donc à cet impressionnant déploiement motorisé annonçant le démarrage effectif des 5 Chantiers.
Il ressort des informations livrées par le ministère des Itpr qu’un accostage est en cours au port maritime de Pointe-Noire avec bateau de gros tonnage transportant 10 fois plus de fret que celui livré jusque-là. Une navette est prévue pour une dizaine de rotations entre le port principal du Congo-Brazzaville et le port principal de la RDC. Ceci pour la partie Ouest comprenant le Bas-Congo, Kinshasa, le Bandundu et l’Equateur.
Pour la partie Est et Centre comprenant la Province Orientale , le Grand-Kivu, le Katanga et le Grand Kasaï, d’autres livraisons sont programmées à partir du port kenyan de Mombassa et du port tanzanien de Dodoma. Des indiscrétions laissent entendre qu’avec les festivités du 48ème anniversaire de l’Indépendance à Kananga, le go pourrait être donné pour que le Congo, dans tous ses coins et recoins, devienne une véritable ruche.
De Bemba à De Gucht
Dieu est finalement avec les Congolais, car ce déploiement aurait pu ne jamais avoir lieu pour deux raisons dont l’une subjective, l’autre objective. La raison subjective est le soupçon ayant pesé sur Jean-Pierre Bemba de revenir au pays par des voies détournées. Quand on lit certaines analyses livrées à la Presse , il est dit du leader du Mlc qu’il a été appréhendé juste au moment où les services de sécurité occidentaux n’ont plus été en mesure de savoir ce qu’il ferait dans les deux semaines à venir ! Parce que jusque-là, ils connaissaient avec une avance de deux semaines tous ses déplacements en Europe, en Amérique et en Afrique...
On imagine ce qui se serait produit si Chairman avait disparu de la circulation et, avec la rumeur aidant, il se serait fait signaler dans un coin ou un autre du Congo ! C’est sûr que l’insécurité ainsi promue, les bateaux chinois auraient fait demi tour… Adieu donc, veaux et vaches appelés 5 Chantiers ! La raison objective, on s’en doute, est la menace signée Karel de Gucht. Ministre belge des Affaires étrangères, cet homme d’Etat s’est signalé par plusieurs faits et gestes provocants ces temps derniers.
Ainsi, la veille de la plénière consacrée à la chambre basse aux contrats chinois, il a osé la déclaration suivante : “ Je vous le dis, les accords avec la Chine ne passeront pas le cap de l'Assemblée nationale ” ! C’est Colette Braeckman qui le relève dans son papier publié le 26 mai 2008 alors qu’elle était en reportage à Kisangani. Certes, Karel a tenu d’autres propos, rapportés également par la consoeur du journal “ Le Soir ”. Par exemple : “ Vous devez remanier votre gouvernement et m'en tenir informé ”. Ou encore, s’agissant de l’aide belge à la RDC : “ Les 200 millions de dollars que nous vous donnons au titre de l'aide nous donnent un “droit de regard moral” sur votre politique ”.

Si les deux derniers peuvent être minimisés, les premiers sont d’une extrême gravité. C’est, en effet, le cœur même de l’ordre institutionnel congolais qui est mis à l’œuvre. La Représentation nationale réunit les 500 députés nationaux élus au suffrage universel direct et secret. C’est finalement le choix électoral et électif du peuple congolais qu’il a tourné en dérision. Et cela, aucun Congolais – politique ou apolitique, gouvernant ou opposant – ne peut le tolérer, surtout quand on se prévaut de la qualité de patriote. Car, ici, le problème n’est le point de vue que l’on peut avoir sur Joseph Kabila. Pour la bonne et simple raison que Kabila, bien qu’élu au suffrage universel direct et secret, n’est pas membre de la Représentation nationale !
Autre fait à ne pas banaliser dans le chef de l’homme d’Etat belge : son récent séjour en Chine dans le cadre de l’aide humanitaire apportée par son gouvernement au lendemain du tremblement de terre survenu dans ce pays. Certains échos ont laissé entendre qu’il a cherché à y rencontrer toutes les parties chinoises concernées par la Convention de collaboration signée entre la RDC et la Chine le 22 mars 2008.
L’arroseur arrosé
En fait, Karel de Gutch a étalé toute son ignorance des règles parlementaires. Il n’a, vraisemblablement, jamais su que cette Convention était soumise à l’exigence de l’article 213 alinéa 2 in fine de la Constitution et non, comme il l’aura cru, de l’article 214. Le premier dispose que “ le Gouvernement conclut les accords internationaux non soumis à la ratification après délibération en Conseil des Ministres. Il en informe l’Assemblée Nationale et le Sénat ”. Le second que “ Les traités de paix, les traités de commerce, les traités et accords relatifs aux organisations internationales et au règlement des conflits internationaux, ceux qui engagent les finances publiques, ceux qui modifient les dispositions législatives, ceux qui sont relatifs à l’état des personnes, ceux qui comportent échange et adjonction de territoire ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu’en vertu d’une loi ”.
Comme l’arroseur arrosé, Karel de Gucht – qui voulait interpréter pour les Congolais la Constitution de la République Démocratique du Congo – a étalé toute son ignorance de la loi fondamentale congolaise. C’est, encore-là, la énième bavure de l’expertise congolaise de la diplomatie belge. Bientôt, le Gouvernement va devoir faire le même exercice à l’attention de la Chambre haute, et on peut s’en assurer déjà : l’homme d’Etat belge ne va pas persister et signer en déclarant, comme pour l’Assemblée nationale, que “ les accords avec la Chine ne passeront pas le cap du Sénat ”.
Opposition et opinion manipulées
La leçon à tirer maintenant de la provocation de Karel de Gucht est que l’Opposition congolaise a été préparée manifestement par les puissances “ anti-contrats chinoises ” pour bloquer la Convention au niveau de la Chambre basse. Ce qui revient à dire que tout le spectacle vécu les vendredi 9 et lundi 12 mai 2008 avec, notamment, les prestations des honorables François Muamba, Delly Sessanga, Jean-Pierre Lisanga Bonganga et Gilbert Kiakwama, mais surtout le boycott de la plénière au cours de laquelle le ministre Pierre Lumbi devait répondre aux députés nationaux, auront été télécommandées…
Ainsi, avec l’arrivage en territoire congolais des engins et équipements chinois, l’opinion nationale prend la mesure de la manipulation dont elle a été l’objet. Il faut dès lors énormément de trésor d’ingéniosité dans le chef de l’Opposition pour plaider encore pour Karel de Gucht et tout ce qu’il représente d’anti-Congo ! Les Chinois, eux, ont fait le choix de se passer de l’homme d’Etat belge.
Omer Nsongo die Lema
Last edited: 10/06/2008 16:35:22