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Bonjour | 03/12/2008 22:27 | English Make DC Home page | RSS feed

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La motion “ incidentielle ” du député Roger Lumbala à la plénière de l’Assemblée nationale autour de l’affaire de séquestration des élus de Kinshasa a soulevé un court et vif débat sur le respect de l’immunité et même de la sécurité de mandataires du peuple, d’où la prise en délibéré du problème Une histoire rocambolesque. Le député national, Fran­çis Kalombo, le député provincial de la ville de Kins­hasa, Gérard Mulumba, alias “ GEKOKO ” et le prési­dent de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa, Nsinga, ont été séquestrés par un sujet libanais, ré­pondant au nom de Zaïdan, dans l’enceinte des instal­lations de la Régie nationale presse et imprimerie ( Renapi). Appréhendé à son tour par les éléments de la Police, le Libanais a été aussitôt relâché sur simple coup de téléphone. Incroyable, mais vrai. Tout Kins­hasa est tétanisé. Qui est derrière ce coup indigeste digne de la Camorra et qui porte atteinte à la crédibi­lité de toutes les institutions nationales ?

Saisi par la population qui se plaint de la pollution de l’environ­nement à la suite de l’implanta­tion d’une usine dans les installa­tions de la Régie nationale de presse et imprimerie (RENAPI), ex-Ma­gasins généraux, le député pro­vincial, Gérard Mulumba, alias “ GEKOKO ”. s’est rendu sur les lieux pour s’enquérir de la situa­tion. C’était jeudi de la semaine passée. Arrivé sur place, il a été aussitôt séquestré dans l’enceinte de cet établissement public sur ordre du propriétaire déclaré des lieux. C’est un sujet libanais du nom de Zaïdan, responsable de l’entreprise incriminée.

Le député pris en otage tente alors d’alerter un de ses amis, le député national Francis Kalombo, élu de la capitale dans la circonscription de la Lukunga. Dès que ce dernier se pointe sur les lieux, il subit le même sort. Il en sera de même du président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa, l’honorable Nsingi, venu à la rescousse de ses collè­gues. Et lorsque le ministre pro­vincial de l’Intérieur de la ville de Kinshasa a osé se manifester, l’accès lui a été tout simplement interdit. Mis devant l’aggravation de la situation, ce denier fera ap­pel aux éléments de la Police d’in­tervention rapide (PIR). L’accès des installations leur sera égale­ment interdit.

Agents de l’ordre, ils ont forcé l’entrée en escala­dant le mur pour libérer les in­fortunés. Ouf de soulagement de la part des “ prisonniers ” car, leur bourreau est aussitôt appré­hendé et amené au cachot de l’Etat-major de la PIR dans la commune de Kasa-Vubu. Mais, joie de courte durée. La PIR n’a pas été en mesure de garder longtemps dans ses geôles le tout puissant Libanais. L’homme a été aussitôt libéré sur un simple coup de téléphone. L’ordre serait venu, comme toujours, d’“en haut ”. Sic

Scandale. Voilà le mot qui peut décrire cette affaire. Il n’en fallait pas plus pour que le dé­puté national Roger Lumbala in­troduise une motion auprès du Bureau de l’Assemblée natio­nale. Un premier débat a eu lieu hier lundi en plénière.

L’état défié

Comme il fallait s’y atten­dre, tout Kinshasa est tétanisé. Estomaqué de voir ceux qui in­carnent l’Etat être traités de la manière la plus vulgaire, la plus invraisemblable par un sujet étranger qui n’a eu aucune con­sidération envers eux.
Libanais séquestreur, a défié l’Etat. Il a ignoré superbe­ment les institutions de la République et foulé aux pieds l’hospitalité dont il bénéfice du peuple souverain. C’est grave. Car, l’homme d’affaire libanais semble jouir d’une im­munité aux contours non définis.

Plus grave encore, et hu­miliant pour notre pays, c’est qu’il y a eu de hautes person­nalités congolaises pour protéger ce paria qui a osé commettre un crime de lèse-majesté à l’endroit des élus du peuple congolais. C’est à se demander qui détient le vrai pouvoir dans ce pays.

Plaider en faveur d’un tel étranger ou le protéger aux dé­pens des Congolais, dépasse tout entendement. Incroyable, mais vrai. Une histoire rocamboles­que digne de la Camorra ita­lienne. La maffia avait élu do­micile à Palerme jusqu’à oppo­ser deux clans, La Cosa Nostra et la Cosa Nueva lesquelles avaient fini par avoir le contrôle des autorités politiques et judiciai­res de la ville. Et le clou de cette rivalité a été sans conteste l’as­sassinat en 1992 du juge Giovani Falcone. Serait-ce vers là que tend la République démocratique du Congo ?

Il revient au gouvernement, aux Cours et Tribunaux de répondre à cette interrogation. Pas plus tard que l’année dernière, un ancien ministre a été ridiculisé par un autre sujet liba­nais. C’est toujours un coup de fil, venu d’un galonné, qui força le pauvre membre du gouverne­ment libérer une concession publique illégalement occupée et qu’il cherchait à protéger.
L’Assemblée nationale a été saisie de cette affaire avant de décider de l’expulsion de cet étranger. Il nous revient que jusqu’ à ce jour, cette décision de déclarer ce sujet libanais persona non grata en RDC n’a pas encore été exécutée. Pourquoi ?

Par ailleurs, que dire de ces jeunes libanais qui, chaque week-end et tard la nuit, trans­forment le Boulevard du 30juin en une sorte de “ formula 1 ”, leurs cylindrées propageant des décibels à casser les tympans. Dans l’ignorance totale d’autres usagers de cette artère qui fait la fierté de Kinshasa.

Si la communauté liba­naise peut encore compter des personnes respectables et qui considèrent ce pays comme leur seconde patrie, il est temps de rappeler tous les marginaux à l’ordre et faire respecter les ins­titutions nationales en s’appuyant sur la rigueur de la loi. Ils se comportent comme en territoire con­quis. Ou alors, ces sujets qui, n’écoutent que la voix de leur argent veulent ramener la RDC 40 ans en arrière et refaire le boulot de Léopold II.

Abus de pouvoir

Les étrangers ne doivent pas, seuls, subir la rigueur de la loi. Toutes les personnalités con­golaises, quel que soit leur rang social ou politique, voire militaire, et qui ont trempé dans cette his­toire rocambolesque qui porte atteinte à la crédibilité des insti­tutions nationales, doivent être démasquées et traduites devant les instances judiciaires. Il y a là abus du pouvoir qui aliène l’autorité de l’Etat.

Ce genre de comporte­ment d’un autre âge ne peut res­ter impuni au risque de créer une caste des intouchables prêts à instituer un régime de banditisme et de terreur. En fait, la RENAPI est une institution publique. Son patrimoine appartient à l’Etat. Qui l’a spolié ? Les institutions compétentes doivent répondre à cette deuxième interrogation.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 10/06/2008 16:53:34

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