Dénonciation à l’Assemblée nationale d’une séquestration de trois députés national et provinciaux de la ville de Kinshasa par un sujet libanais, un scandale pour lequel la Chambre basse du Parlement a ordonné une rapide enquête pour des sanctions exemplaires

La plénière de l’Assemblée nationale, dirigée lundi par le président de cette institution législative, Vital Kamerhe, a décidé de diligenter dès mardi une enquête parlementaire en vue d’élucider les mobiles de la séquestration, le week-end, par un sujet libanais du député national Francis Kalombo, du président de l’Assemblée provinciale Roger Nsingi Mbemba et du député provincial Gérard Mulumba.
La décision a été adoptée à l’issue d’un bref débat sur la motion d’information du député Roger Lumbala, dénonçant ce fait en plénière. Selon le motionnaire, les trois élus ont été séquestrés à l’ex-RENAPI (Régie nationale de papeterie et des imprimeries) par un certain Zaïdan, de nationalité libanaise, qui exploite une usine jugée polluante.
Muni d’un ordre de mission, Gérard Mulumba, alias Gekoko devait y mener une enquête lorsqu’il a été séquestré. Il fera appel au député national Francis Kalombo qui subira le même sort. Il en sera de même du président de l’Assemblée provinciale.
Alerté, le ministre provincial n’a pas pu accéder à l’usine. Les éléments de la Police d’intervention rapide (PIR) qu’il a fait venir n’ont pu y accéder qu’en escaladant le mur. Emmené de force au poste de la PIR, le sujet libanais a été arraché des instructeurs du dossier par un certain Alain Ilunga, conseiller d’un autre député national influent qui aurait ordonné sa relaxation.
Le Libanais devait être arrêté immédiatement, selon Joseph Nsinga Udjuu
“ La situation est très grave. Il faut réagir immédiatement ”, a déclaré le député Joseph Nsinga Udjuu, qui a déploré l’absence du pouvoir d’Etat. Il a expliqué que l’Etat se compose de trois éléments qui sont le territoire, la population le pouvoir, faisant remarquer que ce dernier n’est pas ressenti. Il a plaidé pour que le sujet libanais soit mis en détention.

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Antipas Mbusa Nyamwisi, n’a pas été auditionné lundi à l’Assemblée nationale comme prévu, l’auteur de la question orale avec débat lui adressée n’étant pas sur place.
Il sera entendu au cours d’une prochaine plénière, notamment sur plusieurs questions d’actualité, parmi lesquelles les relations belgo-congolaises, l’a situation des FDLR et celle ces Congolais d’Afrique du sud. Par contre, le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Léonard Masuga, qui devait également être entendu sur la grève des professeurs de l’UNIKIN, a vu cette audition annulée, son questionneur, le député Denis Kambayi l’ayant jugé sans objet.
Par ailleurs, la plénière, présidée par vital Kamerhe, a entendu plusieurs motions relatives à des situations prévalant dans le pays. Dans ce cadre, les députés ont approuvé la motion du député Jean-Claude Vuemba recommandant au gouvernement d’enquêter sur un important tonnage de riz importé stocké au port de Boma et qui serait impropre à la consommation.
(Milor)Acp
Last edited: 10/06/2008 16:47:30