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Bonjour | 07/09/2008 6:33 | English Make DC Home page | RSS feed

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L’absentéisme aux séances des l’Assemblée nationale a dû être dénoncé même par le maître attitré des céans, ci-devant le président de la Chambre basse du Parlement en personne, les cas de récidivisme n’en diminuent pas moins, ce qui risque de faire passer à la vitesse supérieure de pure exclusion des concernés Simplement dégoûtante la scène qui s’est déroulée lundi à la chambre basse du Parlement. La plénière n’a hélas pu auditionner le ministre des Affaires étrangères interpellé à la faveur d’une ques­tion orale. Celle-ci valait bien la chandelle au regard de son objet, à savoir, l’aliénation d’un immeu­ble de l’ambassade de la RD Congo au Burundi. Le ministre Mbusa Nyamwisi qui avait pris le temps de préparer son intervention pour éclairer la lanterne des dépu­tés sur le sujet, et fidèle à ses habitudes, s’était présenté de bonne heure à l’Hémicycle. Déjà le jeudi dernier, il avait été audi­tionné sur une autre question au niveau de la commission défense et relations extérieures démon­trant par là sa disponibilité à ré­pondre à toutes les sollicitations parlementaires.

Et lorsque le président Vital Kamerhe demanda à l’auteur de la motion de gagner la tribune pour donner l’économie de son interpel­lation, c’était pour constater l’ab­sence de ce dernier. Le fameux député n’a été aperçu ni dans la salle, ni dans ses environs, encore moins dans les vastes couloirs du Palais du peuple. Il était simple­ment absent au grand dam du pré­sident de l’Assemblée nationale qui s’est retrouvé devant une situation difficile à gérer. D’autant plus qu’aucune disposition du rè­glement d’ordre intérieur ne prévoit une telle éventualité. Que fallait-il faire dans ce cas ? s’est interrogé Vital Kamerhe qui s’est remis à la sagesse de quelques députés qui ont proposé certaines voies de sortie dont le report pur et sim­ple de la séance.

Cette situation, pour le moins insolite, remet sur le tapis la sem­piternelle question de conscience parlementaire qui tend, de plus en plus, à se diluer dans les méan­dres d’un absentéisme éhonté. Outre absence du fameux inter­pellateur, force a été de constater que la salle n’affichait guère l’af­fluence de grand jour. Que des sièges vides ! Dans la foulée, Vital Kamerhe a révélé - séance tenante que près de 117 députés sont en instance de quitter l’Hémicycle pour avoir cumulé plusieurs absences au-delà des limites réglementaires requises. L’article 110 de la constitution est on ne peut plus clair à ce sujet en stigmatisant comme condition à la fin du mandat d’un député national et d’un sénateur, l’absence non justifiée et non autorisée à plus d’un quart des séances d’une session. Les dé­putés concernés sont aussi bien de la majorité que de l’opposition et peuvent, à tout moment, voir leur mandat être retiré si la rigueur du règlement d’ordre intérieur leur était appliquée.

Des récidivistes impénitents

Ce n’est pas la première fois que Vital Kamerhe agite le spec­tre de la sanction à l’endroit des absentéistes qui continuent à se complaire dans la politique de la chaise vide.

Nonobstant les inces­sants rappels à l’ordre, on est sur­pris du récidivisme affiché par les concernés qui offrent là le gage d’une irresponsabilité politique toute crachée. Ces hommes et ces femmes n’ont pas franchi le seuil du Parlement par leur propre vou­loir, mais par le biais du suffrage populaire. La population qui les a investi et de qu’ils tirent leur mandat actuel risque fort de cesser de croire en leur capacité à changer ses conditions sociales au travers des plaidoiries devenues routinières et sans aucun effet salvateur. Le cordon a été rompu entre les élus d’hier et leurs électeurs. Le cas de l’interpellation manquée d’hier ne fait qu’accentuer le cli­vage entre la majorité des dépu­tés et leurs bases respectives qui continuent d’attendre désespéré­ment un hypothétique retour de l’ascenseur.

Toujours entre deux avions ou en vacances prolongées , ces dé­putés préfèrent s’occuper des “ deals privés ” qui leur rapportent gros sur le coup prenant ainsi leur distance par rapport à leurs fief électoraux respectifs. Lors des vacances parlementaires, c’est peine qu’ils descendent dans leur circonscriptions électorales pour prendre la température du milieu. Les plus consciencieux et ils ne sont pas nombreux  reviennent avec des rapports riches en ensei­gnements au moment où le reste se la coule douce. Tout se passe comme si les députés ne partici­pent aux séances plénières que lorsque la matière inscrite à l’or­dre du jour en vaut le coup. Cette façon sélective de négocier les pré­sences par rapport a l’ordre du jour est affectionnée par nombre des députés. Ils sont très assidus dans les plénières ou le gouvernement est mis en cause et où est agité le spectre de la défiance, et se montrent indiffé­rents lorsqu’il s’agit d’aborder des questions de fond touchant à la vie nationale.

Lors de l’examen de certains projets de loi requerrant un éclai­rage technique, l’ambiance à l’Hé­micycle est plutôt morose, seule une poignée des députés tentent de sauver les meubles en se ris­quant à la tribune. Ces hommes et ces femmes qui se sont forgés l’image de donneurs de leçon, viennent là de manquer le coche en marchant sur le respect des institutions, ce principe régulateur du fonctionnement politique. Et si c’était un membre du gouverne­ment qui avait brillé par son ab­sence hier, qu’aurait été la réac­tion des députés? Qu’à cela ne tienne. Avec une bagatelle de 6500 dollars le mois, sans compter d’autres avantages matériels, on attend des députés et sénateurs un peu plus d’assiduité au travail. Qui dit mieux ?

(Milor)

AD/Uhuru

Last edited: 11/06/2008 15:37:49

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