Cette rumba dont la rythmique langoureuse est très prisée par les musiciens congolais, a résisté au temps et à l’usure.

La musique congolaise moderne a besoin d’une cure de redynamisation pour sortir de la longue léthargie dans laquelle elle se feutre depuis des lustres. Depuis l’indépendance à ce jour, cette musique tangue dans sa rumba traditionnelle qui a mis du temps, pour prendre la véritable coloration africaine. Car, à l’origine, elle est une danse cubaine exécutée en couple aux pas chaloupés et qui étendit ses tentacules jusqu’en Afrique. Il a fallu toute l’ingéniosité de Grand Kallé pour opérer la mixture parfaite qui donna à la rumba congolaise toute sa sève vivifiante.
Cette rumba dont la rythmique langoureuse est très prisée par les musiciens congolais, a résisté au temps et à l’usure. Plus d’un siècle après, elle continue à meubler en inspiration la musique congolaise moderne. Moulée dans l’emprise afro-cubaine au départ. La rumba congolaise naquit grâce à cette volonté affichée des artistes congolais d’avoir une identité musicale propre. A la suite de Kallé Jeef, les Bombenga, Tabu Ley , Kwamy, Franco, Dr Nico et tant d’autres auront été les précurseurs de ces sonorités dans lesquelles continuent de s’abreuver les nouvelles générations. Cet attachement à la rumba peut être symbolisé à travers des superlatifs qu’ils s’affublent: « Le roi de la rumba, le prince de la rumba , le roi du Tshatsho , etc.
Mais n’existe-t-il pas d’autres champs d’exploration à cette forme de musique menacée par l’usure ?, s’interrogent les analystes avertis. L’ennui c’est que la rumba a une portée musicale limitée réduisant ses irréductibles défenseurs dans les périmètres du marché local. En outre, les chansons rendues en lingala dans un univers musical porte vers le brassage des cultures cloisonne cette musique. De sorte qu’aujourd’hui la tendance est à l’affirmation à l’échelle internationale de la musique congolaise.
(Milor)
Alain Diasso/Uhuru
Last edited: 09/06/2008 16:50:26