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Bonjour | 03/12/2008 21:34 | English Make DC Home page | RSS feed

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« Notre musique a cessé d’être éducative et elle a été profanée par les artistes, les médias (la radio et la télévision), les shégués « enfants de rue »… C’est depuis 2003 que je mène ce combat ». C’est à la veille d’un voyage pour Nairobi au Kenya, où il va participer au mixage de l’album de Général Defao que Lofombo nous a reçu. Occasion pour revenir sur son groupe Delta Force avec Bendele ya Congo comme on l’appelle. Un groupe qu’il se senti obligé de liquider, « essoufflé par l’amateurisme du producteur et la mollesse de la promotion de l’album « Transition ». Avec 25 musiciens à sa charge, le fardeau était devenu trop lourd pour Lofombo. Mais face à « la pression du public », il vient de monter un groupe de jeunes talents actuellement en formation avec un album « Contre-attaque » en perspective. Mais quand on sollicite son avis sur la musique congolaise, Lofombo est sans concession : « L’obscénité consacre le succès des albums actuels ». Bien plus, le guitariste cite nommément certains de ses collègues.

AFRIQU’ECHOS MAGAZINE (AEM) : Pourquoi as-tu opté pour la renaissance de ton orchestre après l’avoir dissous ?

LOFOMBO (LOF) :
J’ai cédé aux pressions de notre public. J’étais chaque fois interpellé. Le cri d’alarme de deux filles cambistes et l’impulsion donnée par le Colonel Kingudi sont autant d’éléments qui ont milité en faveur de la renaissance de l’orchestre Delta Force.

AEM :
Auparavant, tu avais sans doute de bonnes raisons pour le dissoudre ?

LOF :
J’ai été mal conseillé. J’étais essoufflé après avoir réalisé l’album « Transition », une oeuvre de très bonne qualité artistique mais handicapée par la faiblesse de la promotion. J’ai côtoyé certaines personnes pendant cette période des vaches maigres et certains m’ont conseillé d’abandonner la musique.

AEM :
Maintenant que tu as replongé, je suppose que tu as forcément un album en vue ?

LOF :
Effectivement, je prépare un album intitulé « Contre-attaque ». Il aura 11 titres comme « Fidélité » et « Chalamama » que je dédie à ma femme.

AEM :
Comment vas-tu réaliser cet album sans l’ossature de base de Delta Force ?

LOF :
Tous les instrumentistes sont là : Laurent Kadogo, Nsiama et moi-même ainsi que nos animateurs traditionnels. Je peux aussi compter sur le concours d’Alpachino (ancien de Viva la Musica), Ceden Play (ancien pilier de Wazekwa), Nacha (chanteur chez Mbilia Bel), Willy (petit frère de Suzuki et chanteur de Wazekwa). Defao pourra aussi intervenir et je compte justement mettre à profit mon séjour au Kenya pour cela.

AEM :
Quelle sera l’originalité de cet album ?

LOF :
Je réserve mes commentaires, mais sache que j’entends restituer, dans une chanson, la rumba pure, différente de celle que nous connaissons actuellement, genre African Fiesta.

AEM :
Quand est-ce qu’il sera sur le marché ?

LOF :
Je ne sais pas encore mais je verrai plus clair à mon retour de Nairobi.

AEM :
Justement, quel est l’objet de ton voyage à Nairobi ?

LOF :
Je prends mon avion demain pour participer au mixage de l’album de Defao.

AEM :
Un mot sur la musique congolaise actuelle ?

LOF :
Je salue l’initiative de l’actuel ministre de la culture qui est déterminé à combattre les artistes qui profanent la musique. En ce moment, toutes les œuvres à succès sont maquillées d’obscénités. Les artistes musiciens tirent les dividendes de succès basés sur des bêtises. Par exemple, l’animation « Mwana asubeli courant » est une œuvre d’un animateur de Delta Force que j’avais rejetée, mais elle a été reprise par Wenge Musica Maison Mère et a connu du succès. « Kotazo », les chansons à succès de Ferré ou Fally Ipupa, en les analysant de près, vous confirmerez mes affirmations. Notre musique a cessé d’être éducative et elle a été profanée par les artistes, les médias (la radio et la télévision), les shégués « enfants de rue »… C’est depuis 2003 que je mène ce combat. Il faut vraiment des actions d’envergure pour relever la primauté de l’art.

Paul Kabeya Kapo/AEM

Last edited: 09/06/2008 16:35:51

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