L’arrestation du sénateur Jean-Pierre Bemba, note M. Koyagyalo, ne fait nullement de l’affaire de l’Amp, contrairement à une opinion qui pense que sa plate-forme voit ainsi écarté un opposant de taille, bien au contraire.

Secrétaire exécutif adjoint de l’Alliance pour la majorité présidentielle (Amp), M. Louis Alphonse Koyagialo Ngbase te Gerengbo était l’invité en fin de la semaine dernière de Hope Tv dans le cadre de l’émission “ Retro – Actu ”. L’occasion lui était donnée à cette tribune pour passer en revue l’actualité, laquelle est notamment marquée par l’arrestation du sénateur Jean-Pierre Bemba à Bruxelles. L’arrestation du sénateur Jean-Pierre Bemba, note M. Koyagialo, ne fait nullement de l’affaire de l’Amp, contrairement à une opinion qui pense que sa plate-forme voit ainsi écarté un opposant de taille. Bien au contraire.
Elle ne peut se réjouir du fait qu’un compatriote soit dans le pétrin même si au demeurant elle voit à travers l’opposition une structure qui contient autant d’hommes valables que le sénateur Bemba plutôt qu’une organisation personnalisée.
A ce stade de ce qu’il faut appeler “ Affaire Bemba ”, le secrétaire exécutif adjoint de l’Amp laisse entendre qu’ils n’ont pas suffisamment d’éléments pour émettre un avis, même s’ils les auraient, ils n’ont aucune marge de manœuvre pour influer sur une décision d’une instance judiciaire internationale. D’autant que les faits pour lesquels le sénateur Bemba est poursuivi n’ont pas été commis sur le territoire national et que son arrestation a eu lieu en dehors de celui-ci.
Pour Koyagialo, en effet, le président national du Mlc bénéficie de la présomption d’innocence et ses avocats s’activent pour obtenir sa mise en liberté provisoire. Il n’y a pas de condamnation pour l’instant. Au bout du compte il y aura un procès, fait-il savoir, avant de noter qu’il faut laisser la justice faire son travail.
Et d’ajouter : “ C’est peut-être une occasion pour lui d’expliquer à l’opinion tant nationale qu’internationale ce qui s’est passé exactement. Jusqu’à ce jour, ce sont les accusations des Ong des Droits de l’homme centrafricaines et celles de la Cour suprême centrafricaine qui ont parlé. Et ce dans le même sens. Il faut qu’on lui donne les moyens de se défendre ”.
L’ancien gouverneur du Katanga n’exclut pas l’éventualité que le sénateur Bemba soit blanchi au terme de la procédure. Raison pour laquelle il souligne qu’il n’entre nullement dans l’intention de son consortium politique de se réjouir de l’arrestation d’un compatriote.
Ce n’est pas finalement une boîte à pandore qui vient d’être ouverte. Etant donné que certains hommes au pouvoir actuellement peuvent, à tout moment, tomber dans les filets de la Cpi ? Evoquant l’article 28 des Statuts de Rome instituant la Cpi, M. Koyagialo laisse entendre que les mécanismes de poursuite devant celle-ci méconnaissent la qualité de la personne incriminée. Ce que l’Amp constate aujourd’hui c’est le fait que des Congolais sont arrêtés et d’autres devront l’être encore s’ils sont soupçonnés ou coupables d’infractions relevant de la compétence de cette Cour, à savoir les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Nulle disposition, soit elle, l’amnistie ou telle autre mesure de grâce, prise au plan interne à l’effet de ne pas mettre en péril le processus de Sun City ou la réconciliation nationale ne peut éponger ces infractions, fait remarquer le n° 2 de l’Amp, faisant allusion sans doute à la déclaration du général dissident Nkunda demandant purement et simplement la relaxe du leader du Mlc.
A l’en croire, dès que la Cpi aura réuni les éléments sur l’un ou l’autre personne, soit elle membre du gouvernement ou d’une autre institution de la République, en rapport avec les crimes précités, il n’y aura pas d’autre choix que la poursuite devant elle.
Inculpation de J.P Bemba : l’ONU se déclare incompétente et refuse d’interférer dans le cours de la justice
Selon Jean Maurice Ripert, chef de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Conseil n’a pas compétence, et n’a aucune intention, d’interférer dans le travail de la cour pénale internationale. Cela pour autant que la CPI est une instance internationale indépendante et que le procureur est responsable de ce qu’il fait, a-t-il ajouté. Pour le Conseil de sécurité, tant que les droits de la défense seront évidemment respectés, il ne sera pas question que l’Onu intervienne.
“ Je crois qu’en revanche, nous sommes tombés d’accord avec le Président Kabila pour dire que la justice et la réconciliation nationale ne s’excluent pas. Et, vous savez, le Conseil de sécurité a pris très clairement position en faveur de la politique de la lutte contre l’impunité en Rdc, comme ailleurs ”, a dit en substance Jean Maurice Ripert.
Notons que ces déclarations ont été émises au cours de la conférence de presse qu’a animée la délégation à Goma, à l’issue de l’audience que lui a accordée le Chef de l’Etat Joseph Kabila.
Célestin Lutete/MMC/LP
Last edited: 09/06/2008 17:30:28