Des leaders politiques du Katanga se réclamant du groupe Lwanzo Lwa Mikuba revendiquent dans le cadre du découpage territorial dont la Constitution a prévu 26 provinces dans la nouvelle configuration administrative de la RDC l’érection de Kolwezi en 27ème province congolaise, entreprise contre laquelle s’en prennent les jeunes de Lualaba qui y dénoncent un torpillage malvenu et précoce de la Constitution.

Déferlement à Kinshasa la capitale de l’agitation d’un certain groupe de leaders katangais réclamant l’érection de leur patelin du district urbano-rurale de Kolwezi en province pourtant non prévue dans le cadre du découpage territorial fixé par la nouvelle Constitution. La chaude polémique autour de la question ne s’est plus limitée, en effet, au champ de la province cuprifère, mais vient de se reporter à Kinshasa où les partisans de la nouvelle entité battent campagne tous azimuts dans les médias avec attaques non voilées contre les tenants de la légitimité constitutionnelle qui considèrent que les prétentions des premiers cités représentent une dangereuse inclinaison des velléités tribalo-ethniques à même de porter discrédit sur l’image politique de la province.
Il n’en a pas fallu plus pour que les jeunes originaires de Lualaba, entité prévue pour l’érection de la province suivant le découpage territorial de la Constitution, montent au créneau pour dénoncer les prétentions controversées des adeptes de la province de Kolwezi. On retrouve dans ce comité des jeunes de Lualaba les ci-devant Alain MUKAZ (président du groupe), Jean Claude Musal, Esaie Ipanga, Benoit Mujinga, Tshindji Mafunga David, William KAYOMBO NDONDJI, Mulang Ntalaj Hubert, Musans POL Popaul, Guy MBAL. Ce groupe représentant les jeunes de Lualaba ont, pour leur part, fait une déclaration soutenant le découpage territorial prévu par la Constitution en prenant parti pour le défenseur avéré de cette légalité constitutionnelle parmi les leaders en lice au Katanga, en l’occurrence le député national Richard Muyej Mangeze Mans.
Il y a comme une guéguerre entre la minorité qui se livre à la pernicieuse attaque et au sabordage de la Constitution et les partisans de ce qui a été proclamé de découpage territorial et non découpage des peuples. A la tête des légalistes se remarque le député national Muyej qui milite avec ferveur pour la cause légale et qui est déjà soutenu par des notabilités locales dans une première prise de position. Le député national est salué comme un leader politique responsable et soucieux de prévenir les dérapages compromettants. La déclaration des jeunes de Lualaba confirme donc la position légaliste défendue par la grande majorité des ressortissants du district concerné. Voici, ci-après, l’édifiante et très tranchante déclaration lue vendredi par le président du groupe Alain Mukaj à la réunion des jeunes de Lualaba dans le cadre de l’Hôtel Invest à Kinshasa.
Déclaration et prise de position des Jeunes du Lualaba autour de la confusion délibérément entretenue par le LUANZO LWA MIKUBA au sujet de la future province du Lualaba
Nous les jeunes du Lualaba ayant suivi les différentes déclarations du groupe Lwanzo Lwa Mikuba autour de la question du découpage territorial dans notre province du Katanga, sommes indignés de constater que quelques animateurs des institutions se plaisent à fausser les réalités pourtant établies dans la Constitution de la République qu’ils sont sensés défendre.
Cette situation nous amène à rappeler à l’opinion les évidences suivantes :
1. De la décentralisation
La volonté de notre peuple s’est clairement définie à travers l’option levée lors du vote référendaire ; la décentralisation a été préférée pour rompre avec les causes qui ont conduit l’ancien système à son déclin : la centralisation à outrance et la dictature.
La décentralisation comme support pour la gestion de la nouvelle République, dans le contexte de la démocratie naissante, est appelée à marquer la rupture avec les velléités de la deuxième République que sont le tribalisme, le clientélisme et le trafic d’influence.
Ce mode de gestion est basé sur le transfert des compétences du sommet à la base ; il permet de rapprocher l’administration de l’administré et stimule l’implication de la communauté locale au programme du développement de son entité.
La décentralisation consacre l’autonomie des Provinces. Et la répartition des compétences entre les pouvoirs central et provincial est clairement définie dans la constitution.
2. Du découpage territorial
Quant au découpage, il s’agit d’une disposition constitutionnelle qui vient renforcer la décentralisation comme technique de développement. De 11 à 26 provinces, y compris la ville de Kinshasa, le découpage réduit les entités pour rendre efficace la gestion décentralisée de la nouvelle République.
Les limités des nouvelles provinces sont bel et bien connues ; et notre peuple y a librement adhéré lors du vote référendaire. Les esprits lucides se rappelleront que ces nouvelles entités ont même servi de support à l’élection sénatoriale. Si l’article 2 de la Constitution de la République Démocratique du Congo énumère les 25 provinces qui composent la RDC ainsi que la ville province de Kinshasa qui en est la capitale et le siège des institutions nationales, l’article 128 de la loi électorale n° 06/006 du 9 mars 2006 précise que la circonscription électorale pour l’élection des sénateurs est : 1. la province ; 2. La ville de Kinshasa. Même si, à l’article 2, il est stipulé que les limites des provinces et celles de la ville de Kinshasa seront fixées par une loi organique, cela ne change en rien la logique constitutionnelle actuelle, étant donné que les entités composant les futures provinces sont toutes identifiées dans différentes dispositions découlant de l’article 128 et 129 de la Constitution de la 3ème République.
3. Cas de la Future Province du Lualaba
Pour ne prendre que le cas de la future Province du Lualaba au Katanga, ce sont les territoires de Dilolo, Kapanga, Lubudi, Mutshatsha, Sandoa et la ville de Kolwezi qui la composent. Les résultats de l’élection sénatoriale ont confirmé cette évidence constitutionnelle. Comme pour les 24 autres futures provinces, la province du Lualaba est représentée par 4 sénateurs : les Honorables Flungu MUSENDU, KAHILU, Patrick KAKWATA et le Grand Chef Mwami MUNONGO M’siri, Chef des Bayeke, qui a sa cour à Bunkeya, Collectivité du Territoire de Lubudi, qui est donc bel et bien un territoire de la future province du Lualaba.
Devant ce tableau si clair, nous les jeunes du Lualaba nous interrogeons sur la véritable motivation des agitations de plus en plus tribalisées sur la question liée à la décentralisation et au découpage des provinces. Débattre du découpage dans le découpage, avant même la mise en place des entités telles que définies dans la Constitution, nous parait inopportun, à moins que l’agenda caché des manipulateurs soit de multiplier des foyers des tensions pour gêner l’autorité et l’amener à prendre précocement l’initiative de la révision constitutionnelle concernant le découpage des Provinces. Ces manipulateurs jouent donc leur carte d’anti-découpage, et cela est un grave complot contre notre peuple.
Nous devons, à notre humble avis, nous disposer à l’exercice du respect de nos textes pendant cette première législature de manière à en faire une culture pour la stabilité de notre jeune République. Toutes ces démarches, fortement médiatisées, visant le rapprochement des tribus ou le regroupement des villages, devraient être découragées et relayées par une véritable campagne d’information sur les notions de décentralisation et de découpage des provinces.
Nous ne nous expliquons donc pas l’acharnement sur la personne de l’Honorable MUYEJ, alors que le souci qui ressort de l’interview que ce dernier a récemment accordée à la RTNC, chaine de radiotélévision nationale, était de prévenir le dérapage : “ Aucun ouvrage moderne, disait – il, ne définissait la décentralisation comme un regroupement des villages ”. D’où vient que cela ne choque qu’un seul groupe ?
Non... Non… et non, nous demandons aux tireurs des ficèles qui sont du reste bien identifiés d’arrêter ce jeu qui fragilise dangereusement l’élan de la solidarité nationale. Nous pensons par cette mise au point mettre un terme à cette polémique stérile qui ne distille que le venin de l’intox dans l’opinion.
Fait à Kinshasa, le 6 juin 2008.
Pour les Jeunes du Lualaba, Alain Mukaj.
Texte présenté par Daniel Nzuzi/MMC
Last edited: 07/06/2008 16:35:23