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Bonjour | 08/09/2008 13:37 | English Make DC Home page | RSS feed

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“ Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ”. Ce dicton du fabuliste peut caractériser l’éclairci dans la crise diplomatique belgo-congolaise avec des signes qui ne trompent plus sur l’issue d’accalmie déjà perceptible dans la tempérance qu’adoptent les parties. Après la tempête qui a agité les relations belgo-con­golaises, ces dernières semaines, Bruxelles et Kins­hasa tentent d’adopter une attitude plus conciliante. Les deux capitales multiplient des déclarations en vue de dépassionner le débat avec, en filigrane, la volonté de requalifier les rapports entre la RDC et la Belgi­que. Signe que, de part et d’autre, l’on a mieux perçu les nobles défis que doivent affronter les deux peu­ples. Dans leur intérêt réciproque.

Dans une déclaration à la presse, datée du 2 juin 2008, le Premier ministre belge, Yves Leterme, a déploré “ la décision des autorités de la République démocratique du Congo de procéder à la fermeture effective, le 3 juin, des Consulats généraux de Lubumbashi et de Bukavu, en dépit des propositions qu’il a transmises au nom du gouvernement à son homo­logue, le Premier ministre, M. Gizenga. Des propositions qui visent à parvenir à une norma­lisation des relations et qui demeurent jusqu'à  présent, sans réponse ”.

Reçu le jeudi 5 juin, à la Commission des relations extérieures de l’Assemblée nationale, le ministre congolais des Affai­res étrangères et de la Coopéra­tion internationale, Antipas Mbusa Nyamwisi, a rassuré les dépu­tés qu’ “ il n’y aura pas de rupture (diplomatique) entre les deux pays (mais qu’) on essaie de requalifier les rapports ”. Il a cependant souligné que la RDC “ a droit au respect et ne saurait aliéner sa souveraineté ”.

Faisant son mea culpa, l’homme au centre de la contro­verse, Karel De Gucht, ministre belge en charge des Affaires étrangères, a “ souhaité ardemment que l’on mette un terme, en Belgique comme au Congo, à un débat stérile sur le ton de mon message, sans quoi on sera tenté de croire que cette discussion en cache un autre, plus profond ”. C’était au cours d’une conférence diplomatique organisée le 2 juin en faveur des diplomates belges en poste à l’ étranger.

Rétablir des rela­tions privilégiées

A l’instar du Premier mi­nistre, Y. Leterme, qui s’est dé­claré “ ouvert à toute les discussions avec les autorités de la République démocratique du Congo ”, De Gucht, se conformant “ il la position du gouvernement (belge) ” a répété qu’il est “ partisan d’un dialogue constructif avec nos partenaires congolais ”.

Se voulant convaincant dans son communiqué de presse, Leterme a rappelé que “ le lien entre nos pays et nos populations est d’une telle nature qu’il n’y a pas d’autre voie que de rétablir des relations privilé­giées entre deux partenaires ”. Aussi a-t-il réitéré “ la volonté du gouvernement belge à relever conjointement avec ses partenaire congolais, les dé­fis auxquels font face les Congolais ”. Credo que reprend Karel De Gucht à son compte : “ il est urgent de mettre de côté ces mauvaises querelles pour s’attaquer ensemble aux véritables défis ”, a-t-il dit.

Pendant ce temps, à Kins­hasa, le temps est à l’observa­tion. Mbusa Nyamwisi avait fait part aux députés des contacts qui sont pris à un haut niveau, rap­pelant que la querelle entre Kins­hasa et Bruxelles a été amplifiée, même localement. Mais qu’en sa qualité de responsable des Affai­res étrangères, il devait se gar­der de verser dans la spéculation.

Donc, la prudence a prévalu en dépit de la tempête et de l’hystérie politicienne. Etait-ce donc pour “ faire respecter sa souveraineté ” que Kinshasa a, dans un mouvement d’humeur, décidé de rappeler son ambassadeur auprès du Royaume de Belgique, d’une part, et de fermer son pro­pre consulat à Anvers avant ceux de la Belgique à Bukavu et à Lubumbashi, d’autre part ? Cela est compréhensible.

De l’eau dans le vin

Il n’empêche que les pro­pos jugés de “ peu recommandables ” par les responsables con­golais, qu’assume le ministre belge des Affaires étrangères, sont à replacer dans leur con­texte. L’auteur lui-même n’en démord pas. Il l’a de nouveau démontré à la conférence diplo­matique. “ Je voudrais simplement dire que je trouve extrêmement dommage qu’une crise d’une telle ampleur ait pu naître de mes propos alors que personne ne conteste la justesse de mon analyse, ni du côte belge, ni du côte de la Communauté internationale, ni du côte de nos amis  congolais. Que la RDC soit confrontée à un énorme défi en matière de bonne gouvernance est une réalité reconnue par tous ”.

Karel De Gucht se dé­fend : “ Un partenariat équilibré, comme le souhaite le Congo, sous-entend que cha­que partie assume ses respon­sabilités. Ma seule motivation est que la population congolaise puisse un jour connaître un niveau de sécurité et de bien-être décent. Cela me tient particulièrement à cœur ”.

Maintenant que Kinshasa et Bruxelles ont mis de l’eau dans leur vin, et que les cumulus an­noncent le beau temps, la diplo­matie formelle doit prendre le relais. Il est d’ores et déjà en­courageant d’entendre la confes­sion des responsables politiques de deux pays.

D’un côté, le premier mi­nistre belge qui réclame une discussion “ susceptible de mener à un dialogue constructif et pour la normalisation des rela­tions ”. De l’autre, le numéro 1 congolais des Affaires étrangè­res qui affirme qu’il n’y aura “ pas de rupture diplomatique avec le Belgique ”. En avant, donc, pour la normalisation après, bien entendu, des explications et des réajustements. Pour un par­tenariat adulte.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 07/06/2008 14:55:00

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