Un débat à Radio Okapi a permis à un directeur et expert financier de LAC, la société nationale d’aviation de la RDC, de signaler que la relance de cette entreprise est simplement bloquée par manque de volonté politique de la part du gouvernement de la République.

Le gouvernement est à la base des “ difficultés ” auxquelles sont confrontées les Lignes aériennes congolaises (LAC). Non seulement il refuse d’honorer les factures de 26 moins de dollars américains impayées depuis près de dix ans, il a aussi pris la responsabilité d’autoriser la vente en 2003 de leurs sept avions (1 Dc10-30, 2 Dc 8-63F, 2 Boeing 737-200 et 2 Fokker 27).
Les LAC sont aujourd’hui à la recherche d’un matelas financier de 12 à 15 millions de dollars américains pour leur remise à flot. “ Il suffit de 12 à 15 millions UDS pour relancer les LAC ”, ont indiqué mardi des invités de Radio Okapi. “ Mais, l’absence de volonté politique qui n’est pas visible , bloque leur relance ” ont-ils déploré.
A ce jour, la situation financière des LAC est catastrophique. Elles doivent cent (100) millions de dollars américains à des partenaires extérieurs, 50 millions USD au personnel qui totalise 170 mois d’arriérés de salaires. Elles n’ont, en guise de flotte aérienne, qu’un avion exploité en partenariat avec Air zimbabwe depuis le mois de mai dernier. Elles peuvent cependant se consoler de posséder, sur papier, 80 millions USD à récupérer auprès de leurs créanciers, dont l’Etat congolais qui leur doit 26 millions USD.
“ Avec deux à trois avions modernes, que devrait nous avancer l’Etat, les lignes aériennes congolais seront en mesure de relancer leurs activités ”, a expliqué un intervenant.
A ce propos, un directeur et expert financier de cette société publique a été plus explicite. Il a d’abord indiqué que les LAC ont repris le trafic Kinshasa–Lubumbashi, et Kinshasa–Mbuji-Mayi grâce à un avion obtenu dans le cadre du partenariat commercial signé avec Air Zimbabwe. “ La vraie relance passe par une volonté politique du gouvernement et des gestionnaires des LAC ”, a affirmé M. Camille boshiri sur Radio Okapi.
“ On repart avec ce contrat-là. C’est pour que les six prochains mois, les agents puissent prendre le métier. Les escales extérieures sauront que nous vivons. Et dans les 6 prochains mois au plus tard, nous devons avoir nos propres avions qui peuvent desservir l’ensemble des escales intérieures et extérieures ”, a-t-il soutenu. Pour l’invité de Radio Okapi, “ il faut qu’il y ait ce programme qu’on a déposé au parlement pour faire en sorte que dans les 3, 4, 5, 6 prochains mois, au-delà des petits contrats avec les zimbabwéens qui ont des problèmes sérieux sur le plan politique chez eux, la mise en place de l’avion pose problème ”.
Camille Boshiri pense que la rentabilité et les chiffres démontrent que le partenariat avec Air Zimbabwe ne pourrait même pas aider les LAC à payer les salaires. “ Je dis seulement que ce qui existe, a déjà existe. Cela n’a pas rapporté grand-chose si ce n’est les axes. Il faut maintenant aller vers l’Europe pour chercher les avisons. Je compte avec la volonté du comité de gestion actuel, la volonté du ministre des transport pour que ces contrats de courte durée puissent nous emmener rapidement à avoir des contrats de longue durée avec de l’argent qu’on a débloqué pour nous ”, a-t-il précisé.
(Milor) Angelo Mobateli/Le Potentiel
Last edited: 06/06/2008 18:20:03