A deux semaines de la clôture de la session ordinaire actuelle des deux chambres du Parlement, il est déploré le retard que prennent bon nombre des députés et sénateurs dans la transmission de leurs rapports des vacances plénières précédentes.

A moins de deux semaines de la clôture de la session ordinaire ouverte le 15 mars 2008, et au moment où les parlementaires s’apprêtent à aller en vacances le 15 juin, beaucoup de députés et sénateurs n’ont pas encore déposé, à leurs bureaux respectifs, les rapports des vacances parlementaires précédentes. Et pourtant, leurs règlements intérieurs les contraignent de rédiger dès le retour, un rapport des vacances. Cet exercice est-il un fait divers ou une obligation ?
Selon les us et coutumes parlementaires, chaque député ou Sénateur est obligé de déposer son rapport de vacances au bureau de l’Assemblée nationale ou du Sénat. Pour avoir vécu et entendu les doléances de leurs bases respectives, les élus du peuple ont un devoir à remplir : celui de canaliser les attentes de la population aux décideurs.
Un fait divers ou une obligation ?
En vertu des dispositions de l’article 115 de la Constitution, « l’Assemblée Nationale et le Sénat tiennent de plein droit, chaque année, deux sessions ordinaires : la première s’ouvre le 15 mars et se clôture le 15 juin ; la deuxième s’ouvre le 15 septembre et se clôture le 15 décembre (...) La durée de chaque session ordinaire ne peut excéder trois mois ».
Conformément à ces prescrits de la loi, les députés et sénateurs bénéficient chaque fois des vacances parlementaires, le temps pour chacun de descendre dans son fief électoral. Ainsi, à la clôture de la précédente session ordinaire le 15 décembre 2007 et à l’issue d’une session extraordinaire en janvier dernier, les locataires de l’hémicycle du Palais du peuple se sont rendus en vacances jusqu’au 15 mars 2008, date de l’ouverture de la session ordinaire en cours.
Seulement voilà : en allant à la rencontre de la base, les présidents de deux chambres du Parlement avaient rappelé aux « honorables » l’obligation de venir déposer, dès leur retour, les rapports écrits des vacances parlementaires auprès de leurs bureaux respectifs. Fait étonnant, le peuple vient d’entendre, à moins de 15 jours de prochaines vacances, le même appel demandant aux élus du peuple de déposer les rapports de leurs vacances d’il y a trois mois.
Une attitude irresponsable
Ce fait non divers mérite une réflexion profonde autant qu’il suscite des questions de fond. Certains élus du peuple seraient-ils incapables de produire un texte écrit des desiderata de leurs électorats ? Pourquoi dès lors cette négligence pour une matière consignée dans un règlement qu’ils ont adopté à l’unanimité ?
Il n’y a point de doute. La légèreté avec laquelle les parlementaires prennent cette exigence de présenter le rapport des vacances prouve à suffisance la même légèreté avec laquelle ils traitent les rapports des missions d’enquêtes parlementaires diligentées à l’issue de grandes catastrophes qui secouent la Nation.
Une autre question : les parlementaires avaient-ils réellement visité leurs circonscriptions électorales pendant les vacances parlementaires ? La réponse à cette question reste mitigée. On a vu certains députés et sénateurs qui, au lieu de se rendre à la base, avaient préféré aller visiter, en touriste, tel ou tel autre pays de l’Occident.
A leur retour deux ou trois jours avant la rentrée de la session, ils passent juste faire une visite-éclair ou y délèguent carrément leurs « petits de confiance » qui, malheureusement, dans la plupart des cas, sont incapables de rédiger une seule ligne en français.
Pour rappel, lors de la campagne électorale de 2006, des promesses de tout genre ont été faites par les candidats députés et sénateurs au souverain primaire.
En compensation, le peuple attendait d’eux, la réalisation de quelques projets d’intérêt communautaire. Quelles sont les promesses qui ont déjà été réalisées ? Que reste-t-il à faire ? Ces questions méritent d’être éclairées lors des vacances parlementaires pour ne pas laisser le peuple baigner dans une grosse illusion.
C’est en voyant un certain nombre de leurs problèmes résolus, que les électeurs peuvent renouveler, une fois de plus, leur confiance aux parlementaires à la prochaine législative.
Le Congo profond se meurt au quotidien si les élus se préoccupent de la « politique du ventre », en abandonnant le peuple à son triste sort, espérant le rouler de nouveau dans la farine lors de prochaines campagnes électorales.
(Ern.)Rich Ngapi/Le Potentiel
Last edited: 04/06/2008 17:59:46