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La perspective d’éclatement de la province du Katanga dans le cadre du découpage territorial prévu par la Constitution fait entrevoir une dangereuse explosion des rivalités entre les nouvelles entités provinciales du fait d’un émiettement qui risque de privilégier certains au détriment des autres. Trois députés provinciaux du Katanga séjournent à Kinshasa dans le cadre d’une mission de lobbying destinée à convaincre l’Assemblée nationale et le Sénat de la nécessité de respecter les dispositions constitutionnelles en matière de découpage territorial.

Dans un Katanga « éclaté » conformément à la Constitution, il y aura les provinces du Haut-Lomami, Haut-Katanga. Lomami et du Tangananyika.

« Nous devons resserrer nos rangs entre nos communautés pour que, dans une mise en commun de. nos efforts, Kolwezi, Lubudi, Mutshatsha, Sando il a, Kapanga et Dilolo demeurent a jamais parties intégrantes de la prochaine province de Lualaba telle que prescrite par les lois de la république pour lesquelles nous devons être tous respectueux », ont-ils déclaré dimanche à l’Invest au cours d’un point de presse, rappelant qu’ « en 1963, le Lualaba avait eu pour chef-lieu la ville de Kolwezi ».

« Dans la perspective de la création de nouvelles provinces telles que prescrites dans la Constitution de la République ainsi que la promulgation par le chef de l’Etat de la loi attendue sur la décentralisation qui va régir ces nouvelles entités administratives et décentralisées, certains compatriotes, mènent actuellement au Katanga une campagne de manipulation politicienne et d’intoxication », déplorent les députés provinciaux Clément Mufundji (élu de Kolwezi), Daniel Kapend (Kolwezi) et Prosper Kabuika (Lubudi).

Ils dénoncent une tentative de «  détacher quelques territoires de Lualaba, notamment Mutshatsha et Lubudi, pour les rattacher à la province du Elaur-Katanga ». Pour eux, ladite campagne « risque de raviver des sentiments de xénophobie du genre de ce qu’on a vécu récemment dans le Bas-Congo avec le phénomène bundu dia Kongo ».

S’en tenir aux dispositions constitutionnelles

Outre la ville cuprifère de Kolwezi, le territoire de Lubudi -dont le sous-sol est constitué du plus important gisement mondial le cobalt- est le principal objet de convoitise. « Il abrite deux importantes entreprises minières, en l’occurrence Boss Mining et Teke Fungurume », ont-ils précisé. « Evitons à notre entité décentralisée un éventuel bain de sang, nos pro-, génitures nous en saurons gré », ont-ils exhorté.

Aux termes de l’article 2 de la Constitution, la République démocratique du Congo est composée de la ville de Kinshasa et de 25 provinces dotées de la personnalité juridique.

Ces dispositions « entreront en vigueur endéans trente-six mois qui suivront l’installation effective des institutions politiques » prévues par la Constitution du 18 février 2006.

En attendant l’adoption au Parlement et la promulgation de la loi organique fixant les limites des provinces et celles de Kinshasa ayant le statut de province - celles-ci étant par ailleurs les circonscriptions électorales des sénateurs (art. 227) -, des « craintes » Se font entendre au sein de la classe politique.

Il faudra y aller « petit à petit, donner à chaque district le temps nécessaire pour se détacher de l’ancienne province, parce qu’il faudra que ces nouvelles provinces soient viables » , recommande une forte personnalité politique.

« Je ne présage rien de grave, mais je pense que les 26 provinces créées ne vont pas résoudre les problèmes du Congo, parce qu’elles n’auront pas les moyens de leur politique », s’est inquiété Raymond Mokeni, président de la FEC/province Orientale, dans un entretien  avec la presse

Plusieurs acteurs politiques pensent que, sans moyens financiers conséquents, les nouvelles provinces ne pourront pas réhabiliter et construire des infrastructures routières, des écoles, des hôpitaux, des centres de santé des bâtiments devant abriter les bureaux ou les logements des cadres et de leurs collaborateurs. La bataille autour de la rétrocession aux provinces par le pouvoir central des 40% de recettes fiscales et parafiscales générées dans leurs entités est encore loin de trouver un dénouement.

Même si, à ce sujet, les idées semblent loin de s’accorder entre le gouvernement national et les exécutifs provinciaux, il y a de plus en plus des provinces qui se lancent, depuis quelque temps, à explorer des pistes autonomes de développement.

Le tout dernier cas en date, sur cette voie, est la province du Kasaï Oriental qui vient de se doter d’un programme triennal de développement. L’idéal, commente-t-on, est de donner à la province une feuille de route pour la mise en oeuvre, au nomment opportun, d’une série d’actions cibles, dans la ligne des axes prioritaires retenus, au niveau national, dans le Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP).

L’échec de divers programmes de développement pendant la Deuxième République a démontré les limites d’une définition unilatérale, au départ de Kinshasa, de toute action de développement économique à étendre sur l’ensemble du territoire national. Aujourd’hui, avec un peu de recul, l’on doit reconnaître qu’il est temps de changer le fusil d’épaule en inaugurant non seulement une nouvelle forme de développement, mais surtout d’explorer de nouvelles stratégies de développement.

Le fait pour les provinces de s’investir déjà dans l’élaboration des programmes internes de développement à moyen terme témoigne sûrement de la volonté des autorités provinciales de rompre avec certaines veilles habitudes qui ont éloquemment étalé leurs insuffisances.

Le Bas-Congo l’a fait tout en fixant, à travers son programme quinquennal, les deux priorités pour la province, c’est-à-dire l’agriculture et le développement du secteur minier. La province du Kasaï Oriental vient d’emboîter le pas en se dotant d’un programme triennal. De telles initiatives devraient être encouragées et étendues dans d’autres provinces du pays.

Cette démarche ne remet pas en cause le programme du gouvernement central ni le DSCRP ou les « cinq chantiers » du chef de l’Etat. Bien au contraire, elle les appuie. Tout ce qui est important est de s’insérer dans le contexte global de l’effort national de développement. La finalité est de parvenir à doter le pays d’un  vrai programme national de développement ».

Les exemples du Bas-Congo et du Kasaï Oriental devraient servir des cas d’école dans cet élan de reconstruction nationale en s’appuyant sur cette politique de « développement auto-centre ». Pour quitter les vieux sentiers battus.

(Milor)

Angelo Mobateli/Le Potentiel

Last edited: 04/06/2008 11:34:50

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