Au cours d’un entretien avec la presse, le gouverneur de la Banque centrale du Congo a éclairé la lanterne de l’opinion tant nationale qu’internationale au sujet de l’inculpation de l’institution monétaire précitée par un juge belge.

A travers un journal belge « La Libre Belgique », un juge belge du nom de Pierre Class a inculpé la Banque centrale du Congo (Bcc) pour blanchiment des capitaux. Ce fait grave a comme conséquence de ternir l’image de marque de la République démocratique du Congo. Et dans le commerce international, il sera difficile pour le Congo d’effectuer des paiements pour ses importations ou ses exportations. C’est ce qui a poussé le gouverneur de la banque centrale du Congo (Bcc), M. Jean-Claude Masangu, à l’issue d’un point de presse tenu dans son bureau de travail, de se demander pourquoi une telle justice un peu expéditive qui ne trouve que la presse comme voie d’expression ?
Et si c’était la justice congolaise qui inculpait quelqu’un sans qu’il ne soit entendu, on allait du coup dire que la justice congolaise est arbitraire.
Aussi, pourquoi cela n’intervient qu’à un moment où le climat politique est tendu entre la Belgique et la Rdc ? Est-ce un fait du hasard ou un fait voulu ? Pour le gouverneur, seul l’avenir pourra nous dire quoi.
Mais quelles sont les transactions en cause ?
Tout en n’ayant pas encore connaissance du dossier, la BCC pense que les transactions du dossier en cause datent de 1999. L’année au cours de laquelle la Rdc faisait face à une agression et à l’embargo sur les armes. Le gouvernement avait demandé à la Miba de faire un paiement son compte à travers leur partenaire la Belgolaise. Comme la Belgolaise s’était opposée estimant que le fournisseur auquel elle devait payer n’était répertorié sur la liste des clients de la Miba, le gouvernement demandera à la BCC de reprendre les fonds et d’effectuer la transaction à travers d’autres voies. Pourquoi alors accuser la BCC de détournement au moment où l’argent en cause appartient à l’Etat congolais, s’est demandé le gouverneur. De même, le gouverneur s’est posé la question de savoir si il y avait blanchiment d’argent ? A cette question, il a cité la loi qui définit le blanchiment des capitaux comme étant la conversion, le transfert ou la manipulation des biens dans le but de dissimiler l’origine illicite desdits biens; la dissimilation ou le déguisement de la nature, de l’origine, de l’emplacement, de la disposition, du mouvement ou de la propriété réels des biens et l’acquisition, la détention ou l’utilisation des biens par une personne qui sait, qui suspecte ou qui aurait dû savoir que lesdits biens constituent un produit d’une infraction.
En 1999, la Miba ne pouvait pas avoir la somme de 80 millions de dollars Us
Dans le même dossier, la presse a voulu savoir si l’actionnaire majoritaire qu’était la Sibeka, avait donné son avis favorable ? Le gouverneur a répondu que la Sibeka n’avait que 20% dans la Miba. A l’époque, c’était Jean-Charles Okoto qui était Pad, suivi de M. Pierre Maurice, directeur général de la Miba. Comme un tel fonds pouvait-il être décaissé sans que le directeur général ne soit informé, s’est demandé Jean-Claude Masangu. Il a aussi ajouté que le même journal parle de 80 millions de dollars dont 20 millions auraient été détournés. La BCC pense que cette somme est la plus importante pour que la Miba puisse l’avoir à cette époque. Aussi, ajoute-t-elle, la BCC dans le cadre de l’effort de guerre avait mis en place une stratégie pour soutenir cette décision du gouvernement. C’est ainsi que la BCC financera la Miba à concurrence de 35 millions de dollars Us à la Gécamines. Il s’agit des sommes dues à la BCC et qui ne comporteraient que le principal. Donc, la BCC ne pouvait pas détourner les fonds de la Miba, société qu’elle a elle-même financée.
Jean-Marie Nkambua/L’Avenir
Last edited: 31/05/2008 15:39:19