Le Conseil de sécurité se déplace, une fois de plus, en Afrique. La mission des Nations unies visitera quatre pays, mais cinq villes africaines dont deux en République démocratique du Congo.

Il s’agit de la 7ème mission au Congo. Mais le contexte n’est plus le même. Il y a eu des élections en RDC, la mise en place des institutions nationales. Un autre contexte qui est caractérisé par la précarité de la situation au Nord-Kivu. Bien. entendu qu’il sera, une fois de plus, question du mandat de la Monuc.
Pour la septième fois consécutive, une mission du Conseil de sécurité des Nations unies séjournera en République démocratique du Congo. Elle est essentiellement composée d’ambassadeurs des pays membres permanents du Conseil de sécurité.
Elle est donc attendue dans quatre pays de l’Afrique, mais visitera cinq villes. Il s’agit de Djibouti, Khartoum, N’Djamena, Kinshasa, Goma et Abidjan. Le choix de ces villes s’explique de par des situations particulières dans certaines régions du continent et qui ont nécessité une intervention de l’Onu. La mission du Conseil de sécurité s’emploiera donc à une évaluation du travail accompli et évidemment proposer des pistes de solutions afin de renforcer les actions de paix et de sécurité à travers le monde et dans le cas d’espèce en Afrique.
Rdc : paix et développement
La mission du Conseil de sécurité est attendue à Kinshasa le 8 juin avant de se rendre à Goma. Cependant, cette tournée onusienne en Afrique débute ce 2 juin par Djibouti. Raison de cette première escale, s’enquérir de l’évolution politique en Somalie, un pays toujours confronté à de fortes violences malgré la présence des troupes éthiopiennes et une bonne partie de celles de l’Union africaine composée essentiellement des Ougandais. Ajouter à cela les actes de banditisme maritime caractérisés par la présence des pirates somaliens qui arraisonnent tous les bateaux à leur portée.
Après Djibouti, ce sera Khartoum avec le dossier du Darfour. On sait qu’il est question de déployer une force hybride, Onu-UA. Un déploiement confronté à des difficultés résultant de l’attitude des autorités soudanaises hostiles à la présence des troupes de l’Onu. Entre-temps, la situation empire chaque jour davantage qu’il est de plus en plus question de parler officiellement du « génocide » au Darfour.
A N’Djamena, il s’agira d’évaluer les efforts consentis pour gérer les réfugiés fuyant des combats au Darfour et au Tchad même. Mais la mission du Conseil de sécurité s’attardera plus sur le déploiement de l’Eufor dans ce pays. Il n’empêche qu’à Khartoum, tout comme à N’Djamena, la mission du Conseil de sécurité tente de rapprocher les dirigeants soudanais et tchadiens.
Le 8 juin, cette même délégation est attendue à Kinshasa. Contrairement aux missions précédentes, la mission du Conseil de sécurité consistera à apprécier le chemin parcouru par la RDC depuis l’organisation de dernières élections générales et la mise en place des institutions nationales. Ensuite, elle va rendre effectivement compte si le processus de démocratisation est sur les rails et que les conditions de sécurité sont de plus en plus rassurantes. Ce qui explique d’ailleurs la visite prévue à Goma au regard de la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays. Vraisemblablement que cette mission de l’Onu interprètera l’Acte d’engagement de Goma en vue de se rendre compte des efforts accomplis. Particulièrement au plan de la neutralisation des forces négatives.
L’Accord de Nairobi et dernièrement les résultats de la rencontre de Kisangani sur le retour des Interahamwe/FDLR au Rwanda serviront de documents de travail.
Mais, il est question pour la République démocratique du Congo d’amorcer le processus de reconstruction nationale. Sûr qui il sera examiné l’aspect lié au mandat de la Monuc. Comment cette présence des casques bleus pourrait-elle être utile, maintenant et vite, au renforcement de la paix et de la sécurité en vue de relancer le développement de la RDC. D’ores et déjà, il est acquis qu’il faut mettre fin à la présence de la Monuc au Congo. Les discussions à Kinshasa porteront sûrement sur l’évaluation des voies et moyens susceptibles de mettre définitivement un terme au mandat de la Monuc sans pour autant remettre en cause tout acte positif réalisé jusqu’ici. Ensuite, s’interroger sur la stratégie à adopter pour accompagner la RDC dans ses différentes réformes dont l’objectif est de « reconstruire l’Etat congolais ».
Au sens plein du terme. Enfin, la délégation de l’Onu se rendra à Abidjan pour une mission analogue avec la réunification de ce pays. Aujourd’hui, il est question d’organiser les élections en Côte d’Ivoire pour parachever ce qui a été décidé et contenu dans l’Accord de Ouagadougou.
Ceci dit, cette mission du Conseil de sécurité des Nations unies est la première depuis l’élection de l’actuel secrétaire général de l’Onu, Ban-Ki-moon. La question fondamentale est celle de savoir si ce sera toujours le même rituel de « veux pieux » auquel l’on a habitué les populations meurtries d’Afrique, particulièrement celles de la République démocratique du Congo.
(Milor)Freddy Monsa Iyaka Duku/Le Potentiel
Last edited: 31/05/2008 14:41:00