Le désengorgement longtemps réclamée des ports maritimes congolais est en train de s’effectuer grâce aux efforts que déploie la Direction des ports maritimes de l’Onatra avec les évacuations des encombrants containers et la suppression des vérifications au débarquement tel que décidé et convenu entre l’Ofida et Bivac.

La situation longtemps dénoncée de l’engorgement des ports maritimes congolais par des encombrants containers, situation qui était devenue particulièrement cruciale au port de Matadi, se décante petit à petit et progressivement. Il est constaté, par exemple, que le nombre de containers en attente de sortie est passé de 8.500 à 6.411. Le chiffre devrait fondre encore plus rapidement grâce aux évacuations d’office et à la suppression des vérifications au débarquement. 128 containers ont déjà été évacués à cet effet la première semaine pour un objectif de 1.000 par mois. La communauté portuaire de la ville chef-lieu de province du Bas-Congo n’a donc pas tardé d’accueilli avec espoir et soulagement les dernières décisions prises par l’OFIDA et BIVAC au sein du comité mixte institué par le Gouvernement, afin de lutter contre le phénomène devenu récurrent de cet engorgement des ports en fait régulièrement asphyxiés par un afflux de containers du fait du dépassement de leur capacité d’accueil.
La première de ces mesures consacrée par une convention signée le 28 Avril entre l’OFIDA et un groupe de transporteurs routiers institue un mécanisme d’évacuation d’office des containers, du Port de Matadi vers les entrepôts du Terminal Containers de Kinshasa (TCK) et du Terminal containers du Port de Kinshasa (TCPK) ou de tout autre entrepôt qui pourrait être désigné par l’OFIDA, l’Office des Douanes et Accises, institué comme maître d’œuvre de toute l’opération.
La deuxième décision intervenue 2 semaines plus tard concerne la fin des vérifications des marchandises au débarquement. BIVAC, le bureau international de vérification Suisse qui avait mis en place ces procédures en vertu d’un contrat passé entre lui et 1’Office Congolais de Contrôle sur demande du Gouvernement afin de juguler la fraude sur la valeur des marchandises déclarées en Douane a été invité à se concentrer sur les contrôles avant embarquement, conformément aux termes de son contrat.
Soulagement et espoir
La satisfaction, l’espoir et le soulagement exprimés par les responsables du département des Ports Maritimes de l’ONATRA, en charge de la gestion de ces installations et l’ensemble des professionnels autour du Port s’expliquent par le fait que, pour peut-être la première fois, l’analyse du Gouvernement quant aux causes de ce phénomène rejoint parfaitement leurs propres analyses.
Les Ports Maritimes sont ankylosés pour plusieurs raisons, admet-on. Pour les responsables de l’ONATRA, actuellement, les causes externes dépassent de loin les causes internes que sont, comme tout le monde le sait, l’insuffisance de l’espace et du matériel de manutention, qu’il s’agisse des grues destinées à sortir les envois des navires, des autogrues ou élévateurs utilisés pour déplacer les envois sur les aires de parking ou encore des entrepôts.
Concernant cette manutention, on sait que la plupart des navires qui fréquentent les Ports Maritimes de la RDC sont équipés de leurs moyens propres moyens de levage et cela permet de compenser largement les déficiences de l’ONATRA.
Une fois sur le quai, les containers et les autres envois sont pris en charge par des engins appartenant aux Agences Maritimes ou aux importateurs. Le département des Ports a aussi fait un gros effort d’investissement en autogrues et élévateurs. Il faut ajouter à ces efforts la rationalisation de l’utilisation des espaces grâce notamment à certains transferts d’activités, l’assainissement des mœurs administratives et du cadre du travail comme en témoigne la réfection en cours des magasins faisant face aux tiers 8, 9 et 10 du Port de Matadi laissés à l’abandon de puis l’indépendance.
De l’avis de nombreux observateurs, cela va mieux. Le Port de Matadi se présente manifestement sous un meilleur jour avec des espaces de circulation bien aérés et des containers judicieusement rangés selon leur destination import ou export – et selon leur contenu.
Or malgré tout cela, il reste toujours que l’engorgement demeure dans ce sens qu’il y a toujours au port de Matadi un solde de containers plus important que ce qui est prévu en terme de capacité d’accueil.
Selon le décompte journalier fait il y a une semaine comme chaque jour, il y avait au total 6.011 T.E.U. containers au Port de Matadi. Soit près du double de sa capacité qui se situe à 3.500 T.E.U. comme on sait. Quand on sait qu’on était arrivé à 8.500 T.E.U ou plus lors de la surchauffe de cette année, on ne peut pas ne pas apprécier le travail abattu par les responsables du département des Ports Maritimes de l’Office National des Transports qui ont dû se contenter des moyens de bord, sans aucun apport de l’extérieur cette année, l’aide promise par le Gouvernement par exemple n’ayant jamais été débloquée.
On tourne en rond
Certains parmi les partenaires de l’ONATRA autour du Port de Matadi préféraient ignorer les efforts décrits ci-haut pour se cantonner à une culpabilisation permanente du DPM/ONATRA qui devait être tenu, selon eux, seul responsable, de tous les maux dont contenue à souffrir la structure portuaire. Grâce à cette position, ils ont réussi à geler ou même à annihiler tous les traitements proposés en commission mixte depuis la réapparition de la crise au début de cette année.
L’Office des Douanes et Accises par exemple a préféré concentrer les opérations de dédouanement à Matadi alors que le Guichet Unique qu’il gère et qui ne tournait pas déjà à satisfaction en temps normal s’était littéralement asphyxié sous l’accumulation des arrivages de fin d’année. Pourtant, dans une telle situation, il aurait dû procéder à des transferts des containers sur une plate-forme moins encombrée, procédure tout à fait prévue dans ses règlements. Les transporteurs routiers qui contrôlent 95 % du trafic entre le Port et l’intérieur du Pays se sont montrés pour leur part peu ouverts à l’offre leur faite par le Gouvernement pour participer à des convois d’évacuation.
L’OFIDA avait peur de perdre la trace de quelques boîtes. Quant aux transporteurs, ils n’avaient pas confiance dans le Gouvernement qui avait promis de prendre à charge les frais relatifs à ces transferts. Les décisions prises par BIVAC – vérifications au débarquement et pénalités – et l’OGEFREM avec les frais de FGRI appliqués rétrospectivement sont venus aggraver une situation déjà bloquée.

On aurait pu continuer à tourner en rond, avec d’une part, les services intervenants continuant à faire valoir leurs raisons, sans doutes valables pendant que l’ONATRA qui avait déjà sans doute donné le maximum ne pouvant aller plus loin, par insuffisance de moyens ! Le grand mérite des deux grandes décisions précitées est d’avoir compris que le seul moyen de sauver le Port était de briser ce cercle vicieux dans lequel s’étaient enfermés les Offices et les services travaillant au Port. Et d’aller droit au but en s’attaquant mécaniquement aux maux responsables des blocages, sans continuer de perdre son temps dans les combats idéologiques sans fin.
Ainsi, les vérifications de BIVAC au débarquement ou arrivage des envois ont – ils ont carrément été supprimés. Il est utile de préciser que cette procédure de vérification au débarquement avait pour désavantage de bloquer pendant au moins trois semaines les containers au Port en attendant la validation par BIVAC des listes de prix présentés par les agents en Douane. En l’absence de cette validation, toute la procédure était bloquée, ne pouvait pas avancer.
Sous la pression du Gouvernement, l’OFIDA a aussi accepté d’organiser le transfert des containers vers Kinshasa. Il faut souligner qu’il s’agit non de transferts demandés ou accordés mais des transferts d’office. C’est l’ONATRA qui a reçu la responsabilité de déterminer quels containers devaient être transférés. Ces containers devront être remis à l’OFIDA qui les confiera à son tour aux transporteurs agréés « TRD ». Selon la convention, 1.000 containers devraient être évacués par mois – Le Gouvernement a constitué un fond de garanti pour payer semaine après semaine les prestations des transporteurs. L’ONATRA, l’OCC, l’OGEFREM récupèreront ce qui leur est dû à travers le Guichet Unique de Kinshasa-Est qui travaillera en tandem avec celui de Matadi à qui est apporté un précieux coup de main pour le décongestionner.
Plus vite et mieux !
La suppression des vérifications à l’arrivée aura pour conséquence d’accélérer le rythme de traitement des dossiers à travers le Guichet Unique. Il fallait par conséquence renforcer aussi les capacités d’évacuation. Les containers non instructionnés, c’est-à-dire pratiquement abandonnés, ont aussi été inclus dans les évacuations d’office afin de soulager le Port. Les responsables du département des Ports Maritimes de l’ONATRA sont donc convaincus que la combinaison de ces deux mesures aura pour conséquence de fluidifier le mouvement des containers au Port de Matadi et de mieux rentabiliser ou mettre en valeur les efforts qu’ils déploient depuis quelques mois.
Une semaine après le démarrage de ce nouveau programme d’évacuation d’office, 128 containers avaient été sortis du Port pour Kinshasa. Un bon début pour commencer. Il faudra cependant atteindre une moyenne de 250 par semaine pour espérer atteindre les 1.000 containers prévus par le protocole du 28 Avril entre l’OFIDA et les transporteurs routiers. Un objectif désormais à porté de main et dont l’accomplissement ne pourra pas passer dont l’accomplissement ne pourra pas passer inaperçu. Car mille containers qui sortent du Port, cela se sent et cela laisse de l’air – Et si on n’est plus forcé d’atteindre plus de 3 semaines une validation de BIVAC, cela ne fera qu’accélérer d’avantage le désengorgement des ports.
C’est qui ne peut faire que plaisir à tous ceux qui au sein du DPM/ONATRA continuent à croire que ce phénomène d’engorgement n’est pas une fatalité. Pour eux, l’analyse des dernières mesures montre que l’ONATRA a cessé d’être considéré comme le responsable numéro 1 de la crise. Au contraire, les efforts déployés jusqu’à présent sont pleinement reconnus puisque même les containers à évacuer et qui auraient pu encombrer les quais auront été déjà traités par le DPM/ONATRA. Les b1ocages viennent souvent après la sortie du bateau et c’est ce que le Gouvernement a finalement compris – Et c’est pourquoi, le DPM/ONATRA et la communauté portuaire ont accueilli avec espoir et soulagement ces mesures.
MMC
Last edited: 02/06/2008 16:17:49