Une année bientôt après la disparition du « Grand Ninja », les mélomanes continuent  à attendre le single « Hommage à Madilu». A l’instar des enfants qui sont divisés suite à la dispute de l’héritage de leurs défunts parents, cette œuvre, et non Madilu lui-même, est désormais la pomme de discorde entre deux opérateurs musicaux : un arrangeur et un producteur. L’arrangeur est celui que l’on appelle à Digitalcongo « Le Maestro » pour avoir réalisé des œuvres de haute facture avec plusieurs artistes dont Reddy Amissi, Fally Ipupa. Le producteur n’est autre que Jossart Balezi. Pour avoir produit « Le Tenant du titre» de Madilu et aussi « Mot de passe » de Guy Moeller, ce jeune homme qui a encore plusieurs autres projets a déjà inscrit son nom dans les annales de la musique congolaise.

Les deux avaient des affinités avec Madilu puisqu’on les a vu à Kinshasa lors des obsèques de cet artiste. Et leur rencontre dans la capitale congolaise leur a permis de mettre en place le projet sus évoqué. L’idée était applaudie par les amoureux de la musique congolaise, notamment de celle du patron de OK Système. Mais ce projet est resté lettre morte. Ils ont désabusé des mélomanes, estiment d’aucuns.

Mais que s’est-il passé ? Digitalcongo.net a voulu en savoir plus mais, il n’a pu entrer en contact à temps avec ces deux personnalités. Il pu seulement mettre la main sur Didier Makoso, le représentant à Paris de la maison Ktc de Jossart Balezi Nyamugusha. Mais joint en dernière minute, de l'Etat de Maryland à Baltimore aux Usa où il se trouve, celui-ci nous a promis de s’exprimer dans le cadre d’une interview.

En ce qui concerne Maïka Munan, nous n’avons pas encore pu l’avoir. Mais il ne manquera pas lui aussi de donner sa version des faits. Entre temps Didier Makoso est formel : c’est Maïka Munan qui constitue l’obstacle à la matérialisation de « Hommage à Madilu ». Voici encore un dossier brûlant de la musique congolaise dont nous vous invitons à suivre les contours.

Début de la correspondance de Makoso  « Voici l'histoire de l'escroquerie de Maïka Munan qui veut enterrer pour la deuxième fois Madilu System.

En effet, la première fois que Jossart l’a rencontré, c'était grâce au bras droit de Madilu en la personne de Diasse Nsona qui le lui avait présenté.

Au moment où il préparait le studio pour la réalisation de l'album "Le Tenant du titre", Nyboma étant absent de Paris à l'époque, son choix fut porté sur Maïka Munan,  sur proposition du même Diasse et ce, contre la volonté de Madilu qui trouvait en Maïka un homme arrogant et prétentieux.

Il s'en est suivi lors des obsèques de Madilu, où il l'a rencontré. Maika Munan par hasard sur le plateau de télévision au cours d'une émission sur la chaîne l'antenne A à Kinshasa. L'idée fut venue du journaliste Thierry Diawa qui leur proposera de faire une chanson en hommage au disparu qui fut l’artiste préféré de Jossart.

Ce dernier rétorquera en disant que cela pouvait être possible que si et seulement si le réalisateur et les autres participants ne lui coûtaient pas cher, étant donné que les bénéfices de la vente seront versés à la famille du défunt après avoir bien sûr récupéré mes frais.

Finalement ils se sont entendus avec Maïka qui a accepté de composer la musique de la chanson à condition qu’on lui donne le montant qui a été fixé par lui-même et les frais du studio.

De même il lui avait demandé d'acheter les autres matériels qui manquaient dans le studio Meko à Limete où devait être faits les premiers enregistrements, studio  qu'il a qualifié d’archaïque afin qu'il puisse démarrer le boulot.

Il lui a donc payé tout ce qu'il lui avait exigé par le canal de Louis Onema qui est le patron de ce même studio et qui est en même temps son témoin dans cette afaire avec son ingénieur de son, John Muzito en exigeant toutefois une facture remise au propriétaire de notre maison avec les numéros de tous les billets de banque qu’il garde jalousement comme preuve.

Par la suite, le travail traînait au studio puisque les musiciens arrivaient à compte goutte et  c’est notre maison qui supportait leur collation en plus de celle de Maïka au quotidien sans oublier malgré qu’on lui avait donné l'argent pour son transport, c'est encore Jossart Balezi qui le prenait le matin chez lui pour le ramener à la maison, en payant aussi la consommation pour ses visiteurs au lieu d'enregistrement.

Il fallait arrêter le studio puisque on ne pouvait pas attendre éternellement les autres musiciens qui ne se présentaient pas et le séjour à Kinshasa de Jossart Balezi était bientôt à terme. Alors Maïka lui proposera de partir, et comme si lui resterait encore à Kinshasa et donc donner la chance aux musiciens restant espérant les enregistrer à son absence et lui rejoindre dans deux semaines à Paris comme convenus avec le disque dur dans le but de compléter le boulot en incorporant les voix de quelques figures connues de notre musique en séjour Paris à l’époque».

Chose curieuse, durant l'enregistrement Maïka ne voulait pas sentir certaines têtes notamment celle de Savanet Depitcho quand il s'était présenté pour chanter. Sous prétexte que le petit lui avait manqué du respect dans une affaire de sous qui n'avait pas rien à avoir avec la chanson « Hommage à Madilu ».

Ainsi il a fallu l’intervention de Balezi et de Louis Onema, après une réunion de deux heures pour faire comprendre à notre ami que cette chanson était une œuvre collective de tous musiciens, d'autant plus qu’il est intervenu à la télé pour inviter tout le monde. La pilule était donc amère à avaler pour Maïka qui a finalement accepté.

Un autre cas c’est celui de Ferre. En effet,  Maïka s'était opposé farouchement à ce que ce jeune puisse chanter. Il ne voulait pas aussi non plus quand il avait entendu parlé de lui mais Balezi finira par le persuader. Mais c'est du côté de Maïka que les choses se sont gâtées et laissez-moi dire que notre producteur déçu, vu son âge et son comportement vis-à-vis d'un Ferre qui n’a presque l'âge de sa fille aînée.

Mais à la veille du départ de Jossart,  il lui demandera de lui signer un document parce que selon lui il comptait organiser une conférence de presse pour dissiper tout malentendu au cas où un musicien se permettrait de dire qu'il avait droit sur la chanson.

Jossart Balezi lui avait répondu en lui disant qu'il est un simple arrangeur et c'est le producteur qui devait faire la conférence de presse à la sortie de l'album.

De toutes les  façons, lui expliquera-t-il, ce qu’ils faisaient est prévu par la loi c'est-à-dire le Code de la propriété intellectuelle de notre pays qui prévoit une disposition sur l'oeuvre collective et que tout accord contraire à cette loi s'avérerait illégale et par contre ne tiendra pas lieu de loi aux signataires.

Jossart se rappelle qu’il lui a dit que cela n'est pas opposable entre lui et l’arrangeur Maika et c'est dans le but de le protéger au cas où il y aurait des suspicions étant donné que dans le monde musical congolais adore les racontars.

Alors dans cet accord, il était prévu de rappeler à chacun son rôle. Mais ce qui a fait rigoler Jossart ce sont les titres qu'il s'était arrogé dans cet accord en se présentant comme le réalisateur, arrangeur, producteur. Pourtant il n'a jamais produit une oeuvre durant toute son existence.

Jossart va quitter  Kinshasa vers mi-octobre 2007 et a attend durant deux mois Maïka en Amérique et chaque fois qu’il l'appelait au téléphone c’était un problème... avec des propos du genre (en lingala) : « oh bino boza na mbongo, boyebi te ndenge nini nga na vivraka.Nakoya soki nasilisi makambo nazo sala... (Vous vous avez de l’argent. Vous ne savez pas comment je vis. Je ne viendrai que dès lors que j’aurai fini de faire ce que je suis en train de faire) et entre- temps le temps passait et il ne faisait rien d'extraordinaire à Kinshasa.

Il a fallu que Jossart l’informe qu’en décembre qu’il était invité par le gouvernement congolais pour participer à la conférence de Goma pour qu'il  lui rétorque en lui disant aussi qu’il devait se rendre à Paris pour passer seulement deux semaines et retourner à Kinshasa comme si sa résidence habituelle se trouvait dans cette dernière ville.
 
Et quand Maïka l’avait informé qu'il se rendait à Paris le 23 décembre pour revenir à Kinshasa le 7 janvier, il lui avait dit qu'il n y avait pas de problème. Car il devait changer de programme en supprimant la participation des musiciens séjournant à Paris et tout finaliser à Kinshasa, étant donné qu'à cette période il devait être à la conférence de Goma et qu’après il devait le retrouver à Kinshasa pour finaliser le travail.

Celui-ci était hésitant au téléphone en lui disant : « c'est dommage de ne pas avoir les musiciens de Paris dans cette chanson, il lui a signifié que c'est sa faute puisqu'il n'est pas disponible et veut que tout le monde puisse fonctionner par rapport à son programme.

Par après, il commencera à  harceler Jossart pour qu’il lui envoie de l'argent afin qu'il puisse animer une conférence de presse à Kinshasa . Prudent, Jossart lui a répondu qu'il voulait se faire de la publicité avec l'argent d'autrui et que cela ne se fait pas car c'est le producteur qui met son argent en jeu et c'est aussi lui qui était habileté à faire ce genre de choses ».

Finalement après la conférence de Goma, Jossart est rentré à Kinshasa et n’a pas rencontré Maïka qui lui a parlé de son retour à Kinshasa. Au téléphone, il lui dira qu'il est toujours à Paris et qu'il l'attendait là- bas afin qu’il le rejoigne pour la finalisation du travail. Jossart lui a dit qu’il avait un mois pour aller rejoindre sa famille aux Etats-unis, se reposer et constituer les fonds avant de le rejoindre à Paris. Maïka lui dira qu’il n’y avait pas de problème et qu’il était en train de l'attendre.

Comme promis le producteur Jossart est allé le rejoindre vers le début du mois d'Avril à Paris où il l'a accueilli en lui disant qu'il leur fallait trouver un studio.

Et Jossart de lui dire qu’il n y a pas de problème, à condition qu’il ne coûte pas cher car il n y a pas de bénéfice dans ce projet étant donné que les fruits de la vente étaient destinés à la famille du défunt.

Affaire de commission

La première chose qui a surpris Jossart, c’est le fait que Maika avait commencé à lui poser des questions au sujet de l’hôtel où il était logé et dans quelle  voiture il roulait. Finalement, il ne voulait plus d’un petit studio et lui avait imposé le studio du Palais du congrès qui coûte excessivement cher en lui disant qu'il ne va pas faire beaucoup de jours.

C'est par après que Jossart va comprendre qu'il avait une commission par rapport à ce studio. Il lui a demandé alors de négocier le prix et le nombre de jours et de lui faire le rapport  tout en lui signifiant qu'il doit faire vite car chaque jour qu’il passait  à Paris, c'est de l'argent dépensé car il devait se nourrir, payer l'hôtel, payer la voiture et d’autres frais accessoires. Il était d'accord et le lendemain il lui communiquera  le prix sans pourtant lui fixer le jour du démarrage de travail et il a fallu qu’il insiste pour finalement il lui dise qu’ils allaient démarrer les travaux dans une semaine et pourtant il y avait le studio Harryson qui était disponible et libre.

Deux jours après, il l’appellera au téléphone pour lui dire qu'il se rendait à Bruxelles en Belgique pour 48 heures afin d’assister à un deuil et qu'il va revenir le week-end.

Trois jours après, il a tenté de le contacter au téléphone, il était fermé et  il a pris la précaution de lui laisser un message. Le lendemain, il a laissé un autre message et  à la veille du démarrage du studio. Maïka ne faisait toujours pas signe de vie. Ce n'est que très tard le soir qu'il l'a appelé pour  lui dire qu'il rentre le lendemain dans la journée pour démarrer le studio.

Alors que lui de son côté, il avait déjà mobilisé les Nyboma, Josky Kiambukuta, Delvis, Tripason et même Wazekwa qui était en séjour à Paris. Tous attendaient qu’il leur fasse signe pour qu'ils viennent chanter au studio. Le lendemain c’est-à- dire le jour prévu pour le démarrage du studio, Maïka n'était pas au rendez-vous et quand Jossart a tenté de le joindre au téléphone, c'était toujours le répondeur.

Finalement il a décidé de se rendre au studio espérant peut-être le retrouver en train de préparer les machines et à sa grande surprise, il va y trouver Fally avec ses musiciens en train d'enregistrer leur nouvel album et c'est le même Fally qui a signifié à Jossart qu'au moment où il lui parlait Maïka se trouvait à Kinshasa.

Jossart  n'a pas voulu croire Fally car pour lui, il était impensable qu'un mec comme Maïka qui se vante tous les temps d’avoir fait l'université puisse lui jouer un tel coup.

Il est donc resté une semaine à l'hôtel sans réaction en attendant qu'il l’appelle pour s’expliquer lui parler sur son absence. Et après il est allé rencontrer les fidèles de Madilu et leur dire ce que Maïka vient de lui faire. Puisque d'après tout c'est grâce à eux qu’il avait connu Maika. Riva qui est le président du fan club  Madilu à Paris a tenté de téléphoner Maïka à Kinshasa et lui demander pourquoi ce comportement.

C'était la langue de bois avec des réponses du genre : « on m'a appelle d'urgence... Nga pe naza na makambo na nga...atika kaka mbongo nasala mixage …» (Moi aussi j’ai mes occupations)... Pourquoi il doit être là...A la question de savoir pourquoi il n'avait pas laissé le disque dur entre les mains du producteur afin qu’il puisse travailler avec un autre technicien, Maïka ne voulait même pas en entendre parler.

Escroquerie ?

A la question de savoir pourquoi il n'avait pas prévenu le producteur de son voyage à Kinshasa, la réponse fut...est-ce que ye pe heure akendeki na conférence de Goma...nalobaki eloko moko te...(Lorsque lui est parti à la conférence de Goma moi je n’en ai pas fait un problème). Pour finir il dira à Riva d’informer Balezi qu'il en a seulement pour quatre jours à Kinshasa et qu'il reviendrait bientôt.

Cependant les quatre jours sont devenus une éternité car jusqu'aujourd'hui Maïka traîne au Congo et  nous venons d'apprendre par le biais de Louis Onema qu'il séjourne à Lubumbashi. Finalement Jossart a compris qu'il s'agit non seulement d'une escroquerie mais aussi de «  makambo ya motema  mabe ». (Mauvais cœur ou jalousie).

Maïka est un vieux aigri qui a du mal à supporter la réussite des jeunes, les quatre jours dont il parlait c'était pour lui laisser dépenser davantage de l'argent inutilement et l'empêcher de le suivre à Kinshasa; ce qui a fait qu’il passe un mois à Paris sans rien faire seulement en train de l'attendre, lui qui n'a jamais fait signe de vie.

Par ailleurs, avant de porter plainte pour escroquerie contre Maika, le producteur Balezi se prépare à aller voir Papa Wemba en tant que président de l'Association des musiciens du Congo, (Amc) Verckys en tant président de l'Union des musiciens du Congo (Umuco)  qui séjourne actuellement en Belgique pour raison de santé, Tabu ley en tant que président intérimaire de l'Umuco et Papa Lutumba en tant que sage. Tous ont participé à la réalisation de la chanson « Hommage à Madilu » et ont souhaité que cette chanson puisse sortir le plus vite possible.

Maïka écoute « Hommage à Madilu », dans sa chambre

Le vieux Maïka est vieillissant et les gens viennent de se rendre compte qu'il en veut à tout le monde. Il avait fait le même coup à Ferre avec son album . Heureusement que le petit a eu le courage d'aller lui faire la pression afin de récupérer le disque dur et quand son album est sorti, Maika était le premier a se précipiter à la télé pour le critiquer dans le but de saper sa promotion. Il venait de faire la même chose avec Lacoste qu’il avait laissé au studio en disparaissant sans faire aucun signe de vie. Et pourtant le jeune homme comptait beaucoup sur son savoir-faire. Finalement c'est un autre arrangeur qui avait finalisé le boulot.  N’oubliez aussi que la chanson « Hommage à Pepe Kalle » est restée lettre morte dans le tiroir de Maïka. Donc les gens ont comme l’impression qu'il veut vendre ou garder la chanson « Hommage à Madilu ».

Apparemment cette chanson est devenue la musique qu'il écoute dans sa chambre. Donc c'est un monsieur qui a de problèmes avec tout le monde et nous regrettons de l'avoir choisi car la plupart des musiciens qui ont refusé de chanter, c'est parce qu'ils ont vu d'une part l’implication de Maïka dans cette affaire alors qu’ils ne l'apprécient pas.

N'oublies aussi pas que Maïka a déjà travaillé avec Werra, Koffi, Papa Wemba, Madilu et plus personne parmi eux ne fait encore appel à lui. Sauf Fally est resté avec lui mais les gens se demandent pour combien de temps, connaissant bien son sale caractère. Donc Jossart Balezi n’est pas le seul à être sa victime mais là où le bas blesse, c’est lorsqu’il s'agit d'une chanson de matanga (deuil) de son confrère Madilu où tout le monde veut chanter gratuitement en espérant un jour que les gens feront pareil à leur tour. On s’attendait à ce qu'il se gène en pensant en faisant déplacer des personnes comme Tabu Ley, Lutumba ou Papa Wemba au studio.

BT /MMC