Les difficultés de la circulation dans la capitale Kinshasa sont à nouveau exploitées par la pègre pour inquiéter les paisibles citadins avec le recours aux faux taxis pour opérer les braquages dont sont victimes de plus en plus de personnes se déplaçent le plus souvent la nuit.

On a cru qu’avec les taxis peints en bleu et jaune, roulant sur nos routes, les risques d’agression seraient évacués à Kinshasa. Que non ! Devenue une « cour de récréation des malfaiteurs », la capitale enregistre depuis trois mois le retour en force des braqueurs « motorisés ». Ils frappent hommes et femmes, et visent particulièrement ceux porteurs des sommes importantes d’argent et des bijoux de valeur.
On ne sait même pas comment ils parviennent à distinguer la nuit, la camelote et les parures en or. D’où certaines victimes parlent de fétiches pour détecter les biens précieux et pour les hypnotiser. Plusieurs plaintes tombent déjà sur la table des services de la police. Et pour accélérer les recherches, une dénonciation est réclamée aux citoyens qui connaissent les repaires de ces malfaiteurs et qui ont prélevé les plaques d’immatriculation de leurs véhicules.
Un taxi banalisé sur 30 juin
Après la pluie diluvienne de mardi soir, vers 22 heures, plusieurs personnes sont sorties de leurs abris pour tenter d’attraper des véhicules se rendant à Kintambo/Magasins. Devant l’immeuble du Centenaire, une foule immense attendait impatiemment. Un taxi peint en bleu jaune s’est pointé. C’était la bousculade. Un seul passager chargé des sacs et sachets contenant divers articles était embarqué, parce qu’à bord, trois autres s’étaient déjà installés.
La voiture a démarré en trombe, roulant à tombeau ouvert, malgré les cratères et nids de poule qui jonchent la chaussée. A la hauteur de l’Hôtel des Postes, les premiers passagers ont commencé à parler politique, à critiquer le gouvernement, a déplorer les abus des agents de l’ordre mal payés et le calvaire des fonctionnaires. Tout le tableau sombre de la situation sociale en RDC était à l’ordre du jour.
Silence total du dernier passager. Entre le rond-point Mandela et le Centre médical Karavela, la voiture s’est arrêtée. Les truands se sont alors présentés comme des agents de services aux trousses des « infiltrés » qui transporteraient les armes de guerre dans leurs bagages. Braquée, la victime a été dépouillée de tous ses biens et débarquée.
Le faux taxi a disparu à travers les rues de Kinshasa. Les plaques d’immatriculation étaient recouvertes de boues pour empêcher qu’on les identifie.
La semaine passée, Mme Getou Nsimba, femme commerçante, a été délestée de son sac à main et de ses bijoux, à bord d’un faux taxi, sur le boulevard Lumumba, à la hauteur de la 14ème rue Limete. Butin emporté : 57.000 dollars et 30.000 Fc.
Le 16 mai dernier, après minuit passée, une Toyota Corolla de couleur rouge avec à bord trois passagers, s’est immobilisée devant une terrasse sise avenue Centrale, quartier Kauka.
Trois brigands ont braqué les derniers clients qui sirotaient un verre. Tel est le cas de Mateya Buda, résidant sur l’avenue Inzia n° A/61, quartier Matonge. Leur coup réussi, ils ont pris une destination inconnue.
Un samedi soir, le théâtre d’extorsions a été le pont Matete, où une voiture était garée, sous prétexte d’une fausse panne de moteur. Deux bandits en tenue civile et armés de revolvers ont arraché des cartables et sacs à main aux clients d’une voiture taxi, avant de les débarquer.
Aujourd’hui, ce genre d’agressions se multiplient et l’on recommande aux passagers d’être vigilants, au moment de monter dans les taxis et même les véhicules privés.
(Yes)J.R.T./Le Phare
Last edited: 30/05/2008 15:58:16