Le nombre de combattants rapatriés au Rwanda sur base volontaire est en hausse, tel est le constat fait lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Mission de l’organisation des Nations Unies au Congo (Monuc) de ce mercredi 28 mai 2008.

La Monuc s’est dit satisfaite pour le fait que Faustin Sebuhura, qui était capitaine de la Gendarmerie nationale rwandaise dans la préfecture de Gikongoro, au sud du Rwanda, en 1994, ait choisi de déposer les armes pacifiquement et de rentrer volontairement dans son pays d’origine, grâce aux bons offices de la Mission et ce, en dépit des graves accusations qui pèsent contre lui. C’est ce qu’a déclaré Kemal Saïki, porte-parole de la Monuc.
Selon Kemal, la Monuc espère que la décision de cet important officier de la branche armée des FDLR, active sur le sol congolais, de déposer volontairement les armes et de rentrer au Rwanda, servira d’exemple et entraînera le désarmement et le retour volontaire rapide de nombreux autres combattants.
Il est donc constaté que depuis le lancement de la mise en œuvre du Plan d’action de Nairobi au début de l’an 2008, les équipes de Désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinsertion (DDRRR) ont redoublé d’efforts. Cela, conjointement avec les autorités congolaises, pour sensibiliser les groupes armés étrangers des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et factions dissidentes à l’Est du pays, y compris dans les zones les plus reculées des deux Kivu, les combattants des Forces combattantes Abacunguzi (FOCA), branche armée des FDLR et ses factions dissidentes sur le processus DDRRR.
Toutefois, le but poursuivi par cette campagne de sensibilisation des combattants est de tenir informer les combattants des FDLR et factions dissidentes que le Communiqué de Nairobi du 9 novembre 2007, la Résolution 1794 du Conseil de Sécurité du 27 décembre 2007 et les Actes d’Engagement de Goma du 23 janvier 2008 stipulent clairement que la présence des combattants FDLR sur le territoire de la RDC ainsi que leurs activités illégales ne sont plus tolérées.
«En conséquence, s’ils veulent éviter un désarmement et un rapatriement forcés, ils doivent sans plus attendre déposer les armes pacifiquement et rejoindre le processus DDRRR de la Monuc, afin d’être rapatriés de manière volontaire et dans la dignité dans leur pays d’origine, le Rwanda, a indiqué le Porte-parole de la mission.
Par ailleurs, la Monuc a également fait savoir que la campagne de sensibilisation s’est particulièrement concentrée ces derniers mois, sur «les opportunités sociales et économiques réelles qui sont offertes aux combattants qui déposent les armes et choisissent le rapatriement volontaire et, une fois au Rwanda, bénéficient du Programme national de démobilisation et de réintégration, soutenu par la Monuc et les partenaires du Programme multi-pays de démobilisation et de réintégration (MDRP) de la Banque mondiale».
Somme toute, le nombre de combattants rapatriés sur base volontaire via le processus DDRRR de la Monuc entre janvier et mi-mai 2008 est en hausse de 25% par rapport au nombre de combattants ayant rejoint ce processus au cours de la même période en 2007, a déclaré M. Saïki.
Cette augmentation est «en grande partie attribuable à la nouvelle approche globale envisagée par le Plan d’action de Nairobi». Il s’agit d’ «une combinaison d’efforts de sensibilisation accrue des combattants par des actions conjointes des équipes DDRRR de la Monuc et des autorités congolaises (visant essentiellement à contrer les manipulations et les pressions que les leaders tenants de la ligne dure exercent sur la masse des combattants), d’efforts politiques et diplomatiques renforcés et de collaboration accrue entre le gouvernement congolais et le gouvernement rwandais, avec l’appui de la communauté internationale dans la mise en œuvre du plan, ainsi que des mesures militaires».
Quant à ce qui concerne ces mesures militaires, M. Saïki a informé que des bataillons intégrés des Fardc ayant reçu une formation complémentaire par la Force de la Monuc à Nyaleke, dans le Grand Nord et à Luberizi, au Sud Kivu, viennent d’être redéployés dans les deux Kivu, en particulier dans les zones sous influence des combattants rwandais FDLR et d’autres factions dissidentes. «Ils ont pour mission d’y restaurer progressivement l’autorité de l’État, appuyés logistiquement et tactiquement par les Casques bleus de la MONUC et ce, tout en assurant la protection des populations civiles, victimes des harcèlements, exactions et des activités économiques illicites des combattants FDLR ou de factions dissidentes», a-t-il dit.
Le Porte-parole de la mission a, en outre, déclaré que depuis le lancement du programme DDRRR de la Monuc, en 2002, quelque 6.000 combattants rwandais ont déposé les armes et été rapatriés dans leur pays d’origine sur base volontaire par le programme DDRRR de la Monuc, avec des milliers de dépendants.
«On estime le nombre de combattants hutu rwandais des FDLR ou groupes dissidents encore présents à l’est de la RDC à environ 6.000. Depuis le début 2008, près de 300 combattants ont été rapatriés au Rwanda », a-t-il renchéri.
Notons que le Colonel Faustin sebuhura alias « Minani » dont le rapatriement en date du 21 mai dernier par la section DDRRR de la Monuc a facilité le rapatriement volontaire au Rwanda du Colonel Faustin Sebuhura était le tenant de la ligne dure de la branche armée des FDLR et conseiller politique de Sylvestre Mudacumura, chef des Forces combattantes Abacunguzi (FOCA).
La Monuc accepte de poursuivre son élan de faciliter la tâche à ceux de militaires qui accepteraient de rendre volontairement.
Célestin Lutete/MMC
Last edited: 31/05/2008 13:38:21