La détention préventive du sénateur Jean-Pierre Bemba à la prison Saint Gilles, à Bruxelles, a été confirmée mercredi par la « Chambre du Conseil », lors d’une audience qui s’est déroulée à huis clos. Selon l’un de ses avocats, le Congolais Aimé Kilolo Musamba, sa demande de libération pure et simple a été rejetée.

Le maintien du président du Mouvement de Libération du Congo est interprété par les observateurs comme une attitude de fermeté de la justice belge, visiblement acquise à l’option, de l’impunité « zéro » face aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité, adoptée par la Cour Pénale Internationale, depuis son institution en juillet 2002. Les magistrats belges avaient déjà annoncé les couleurs le samedi, en exécutant sans faille le mandat d’arrêt provisoire émis par le Procureur Moreno depuis le 16 mai 2008 et garde sous- scellé jusqu’au 23 mai 2008.
Jusque-là, ils suivent à la lettre la procédure édictée par la CPI, en commençant par confirmer, le dimanche 25 mai, la détention de Jean-Pierre à la prison de Saint Gilles et en décidant mercredi la prorogation de cette situation dans le délai, c’est-à-dire la veille de l’échéance des 5 jours francs requis à cette fin. Ainsi, on peut penser qu’aux yeux des magistrats belges, il n’y a pas vice de procédure contrairement aux avocats de Bemba, qui soutiennent que leur client a été interrogé par le juge d’instruction en leur absence.
A l’allure où la machine judiciaire belge copie la cadence de celle de la CPI, il y a très peu de chance que l’ancien vice-président de la République Démocratique du Congo obtienne une mise en liberté provisoire. Auquel cas, les portes de la prison de La Haye pourraient s’ouvrir grandement devant lui, dans deux ou trois mois. Et ici, il aurait comme compagnons d’infortune trois de ses compatriotes Thomas Lubanga (2006), Germain Katanga (2007) et Ngodjulu (février 2008).
Le MLC annonce une marche pour samedi
A en croire François Mwamba, Secrétaire général du Mouvement de Libération du Congo, annonce ne marche de protestation des cadres et militants de son parti le samedi 31 mai à Kinshasa. Ce sera en guise de protestation contre l’arrestation de son leader à Bruxelles, sur requête du Procureur près la Cour Pénale Internationale. En apprenant hier le maintien en prison de son leader décidé par la Chambre du Conseil de Bruxelles, il a fait savoir que « nous continuons à demander sa libération provisoire. Il faut comprendre que Jean-Pierre Bemba n’est pas un bandit de grand chemin. Le détenir au motif qu’il pourrait fuir n’a pas de sens. Il a une maison à Bruxelles, des enfants qui sont scolarisés en Belgique ».
Signalons que mardi dernier, des partisans du MLC ont, au terme d’une marche initiée par la Fédération de Kinshasa, tenue par le député national Adam Bombole et à laquelle ont participé plusieurs cadres du parti, remis un mémorandum aux présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Dans ce document, ils demandaient aux responsables de ces deux institutions de s’impliquer dans les actions visant la libération « immédiate » du sénateur Bemba. Le lundi 26 mai à Mbandaka, une marche pacifique des militants du MLC avaient paralysé les activités administratives, commerciales et scolaires.
Kimp./Le Phare
Last edited: 29/05/2008 15:49:07