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Bonjour | 07/10/2008 8:00 | English Make DC Home page | RSS feed

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Comme partout ailleurs à travers le monde, la République démocratique du Congo fait les frais de la grande flambée des cours du pétrole sur le marché mondial, combinée à la crise alimentaire, née de la hausse exponentielle des produits agricoles. Avec un baril à plus de 130 Usd, le gouvernement congolais a fini par se plier aux exigences des pétroliers distribu­teurs en revoyant à la hausse les prix du carburant à la pompe. Un litre d’essence à la pompe est désor­mais fixé à 790 Francs congolais. L’on ne peut que craindre les conséquences dramatiques sur l’ensem­ble de l’économie congolaise, encore fragile après des années de guerre. Elle est au bord de l’asphyxie.

C’est à un véritable exercice d’équilibre que se livre aujourd’hui le gouvernement pour que les déséquilibres pou­vant naître du renchérissement des prix de carburant ne se pro­pagent, de manière disproportion­née, dans d’autres secteurs de la vie nationale. A observer ces si­gnaux, l’économie congolaise est véritablement au bord de l’as­phyxie. Son salut réside inévita­blement dans la voie des réfor­mes que le gouvernement est obligé d’initier pour épargner la RDC d’une explosion sociale de forte magnitude.

Le monde est véritable­ment en ébullition. Les menaces ne viennent nullement d’un groupe terroriste. Mais des indi­cateurs économiques de grandes économies mondiales. L’on se rend bien compte de la forte ré­cession dans laquelle risquent de se plonger les grandes économies nationales.

Les causes premières de cette surchauffe économique sont à explorer sur les marchés des matières premières. Avec un baril de pétrole qui file à grande vitesse, se situant actuellement à plus de 130 Usd, avec cette pro­jection qu’il sera à 150 dollars le baril avant la fin de l’année, un renchérissement des produits de base à côté d’une forte embellie des cours des métaux, l’écono­mie mondiale est en passe de basculer dans une zone d’incer­titude. Les analystes se perdent en conjectures, sans trouver pourtant les moyens d’épargner économie mondiale d’une ré­cession généralisée.

Dans ce tableau sombre, c’est naturellement les économies pauvres du tiers-monde qui paient le plus lourd tribut. Désar­ticulées, désintégrées, monocul­tures et extraverties la plupart, elles doivent, subir les consé­quences d’une crise économique qui se profile au fur et à mesure que se consolide la hausse des prix des matières premières.

Effets d’entraîne­ment imprévisibles

En République démocrati­que du Congo, l’on ne mesure pas encore le drame qui risque de s’abattre sur l’économie congo­laise. C’est plus vers la réalisa­tion de « 5 chantiers » que se tourne le regard de la classe politique, faisant fi du danger qui guette toute l’économie nationale.

Preuve en a été donnée le week-end dernier avec la révi­sion à la hausse des prix du car­burant à la pompe. Malgré son intransigeance à protéger le mai­gre pouvoir d’achat du Congo­lais moyen, le ministère de l’Eco­nomie et Commerce a fini par se plier aux exigences irréfutables des pétroliers distributeurs.

Désormais, le litre du car­burant se négocie dans la partie Ouest de la RDC à 790 francs congolais pour l’essence, et à 785 Fc pour le gasoil. Des sour­ces proches du ministère de l’Economie renseignent que des négociations restent ouvertes pour un nouvel ajustement des prix du carburant à la pompe, te­nant compte de la forte mobilité des cours du brut sur le marché mondial.

Les cours du pétrole n’ont rarement été aussi élevées depuis le début de leur cotation, même lors des chocs pétroliers de 1973 et de 1979. Les acteurs écono­miques doivent s’adapter à la perspective d’une source d’éner­gie aux prix élevés. Alors que l’augmentation du prix du pétrole représente une chance unique pour bon nombre des pays pro­ducteurs du pétrole, y compris les pays africains, cette hausse ver­tigineuse constitue un véritable défi pour les importateurs nets du pétrole sur le continent, du fait que leurs récents progrès économiques et développement peu­vent être anéantis. Il en résultera de sérieuses contraintes financiè­res pour plusieurs pays pauvres très endettés importateurs.

Selon l’Agence internatio­nale de l’énergie, le surcoût de la facture pétrolière était en 2006 deux fois plus important que l’al­lègement de la dette des pays pauvres, voté en 2005 au som­met du G8..

En dehors du pétrole, la RDC doit également jouer avec la hausse vertigineuse des pro­duits agricoles. Même si aucune manifestation n’a été organisée jusque-là pour protester contre la hausse des produits alimentaires, la RDC, comme d’autres pays de son statut, n’est pas du tout épargnée du vent de panique, suscité par l’explosion des cours des produits alimentaires.

Les prix intérieurs repartent à la hausse

Le gouvernement peut beau se féliciter de la stabilité relative du cadre macro-écono­mique, avec un taux de change qui s’est stabilité autour de 560 Fc pour le dollar, c’est de l’exté­rieur que vient le danger. Car, la RDC doit aujourd’hui se faire avec une inflation importée, con­séquence de forte dépendance envers l’extérieur et de la très grande fragilité de son économie.

Aujourd’hui, le pays doit payer les erreurs des décisions économiques, parfois irréfléchies et à contre-courant de la dyna­mique mondiale, prises il y a quel­ques temps. En détruisant le tissu agricole, bien en place à l’acces­sion du pays à l’indépendance, le pays a été rendu vulnérable des chocs extérieurs sur le marché des produits agricoles. Passive, la RDC assiste les mains liées à une surchauffe, en douceur cer­tes, de son économie nationale.

Les signes de tensions apparaissent déjà du côté des prix intérieurs.

Pour ces cas précis, l’indice hebdomadaire des prix de détail établi par la Banque cen­trale du Congo renseigne que jus­qu’au 18 mai 2008 un taux d’in­flation annualisé de 22,70 % con­tre une prévision de taux d’infla­tion fin période, selon le cadrage macro-économique du budget 2008, de 8%. Rien ne prouve que cette tendance pourrait se renverser dans les jours à venir. Sur ce point, l’on court droit vers un mur de béton.

Scénario probable

Non seulement que la hausse des prix du pétrole et des produits agricoles ronge les mai­gres réserves internationales, ils risquent à terme de réduire la capacité d’intervention de la Banque centrale du Congo. Dans ces conditions, pour contenir - dans une certaine proportion les chocs extérieurs - la Banque centrale du Congo doit, pour sa part, réa­juster ses instruments de politi­que monétaire, une augmentation des prix de l’énergie pouvant provoquer une hausse générale des prix. Et, du fait du renchérisse­ment des prix intérieurs, les par­tenaires sociaux peuvent, quant à eux, réclamer une hausse des salaires qui provoquent des «  ef­fets de second tour » difficiles à maîtriser par la suite.

Voilà ce qui pourrait advenir à la RDC si le gouvernement tarde à prendre des mesures ap­propriées au niveau intérieur des pressions exercées par la forte hausse non seulement du pétrole, mais aussi des produits agrico­les. A la limite, c’est l’économie congolaise qui se trouve au bord d’une explosion, sans oublier l’effet de contagion qui pourrait s’étendre à d’autres secteurs sociaux.

Pour les cas des entrepri­ses congolaises, l’augmentation des prix du pétrole constitue éga­lement un véritable danger, étant donné que les entreprises inca­pables de faire face aux factu­res d’énergies astronomiques chercheront à réduire les coûts, et finiront par prendre des me­sures, dont le licenciement massif de travailleurs.

Les licenciements dans un secteur de l’économie pourraient avoir de lourdes conséquences sur l’économie entière et la RDC, déjà fragilisée par tant d’années de guerre, se retrouverait dans des situations politico-économi­ques encore plus complexes à gérer.

Des perspectives d’em­plois aléatoires et des taux d’in­flation élevés affecteront le pou­voir d’achat des populations dé­munies, et par ricochet, aura des effets multiplicateurs sur l’éco­nomie entière.

Le tableau est quelque peu apocalyptique. Mais, c’est le scénario qui pourrait subvenir du RDC si rien de concret n’est engagé, entre-temps, pour éviter le pire.

En pareilles circonstan­ces, la seule solution pour combiner le déficit financier et pour ne pas faire baisser la croissance est de maintenir le rythme de réfor­mes pour rendre le pays: moins dépendant de l’extérieur. Plus important encore, il va, falloir en­visager un plan de financement durable puisque tout porte à croire que les cours du pétrole se maintiendront à la hausse.

Cependant, c’est plus vers l’agriculture que devront se con­centrer les efforts du gouverne­ment. C’est donc tout un soutien à l’agriculture qu’il faut relancer et non pas poursuivre une politi­que de libéralisation accélérée de ce secteur, lui faisant subir les aléas des marchés internatio­naux. Le développement agricole doit donc devenir une priorité dans l’agenda national. L’agricul­ture vivrière commerciale, délais­sée depuis une vingtaine d’an­nées des priorités des politiques, revient donc sur le devant de la scène.

Le gouvernement est donc interpellé pour prendre tou­tes les dispositions pour mainte­nir les équilibres fondamentaux du cadre macro-économique. La récession qui s’annonce risque de tout emporter avec des consé­quences politiques imprévisibles.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 29/05/2008 10:00:29

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