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Bonjour | 29/08/2008 20:48 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les pro-Bemba ont fait monter la tension lundi en manifestant tant à Kinshasa qu’à l’Equateur. La Belgique indexée, guette avec circonspection, la suite des événements redoutant des velléités xénophobes contre ses ressortissants. Entre-temps, cinq autres personnalités risquent de suivre Jean-Pierre Bemba. Si l’arrestation, le week-end dernier à Bruxelles, de Jean Pierre Bemba a eu l’effet d’un séisme au sein de la classe politique congolaise. Au MIc, aussitôt les premiè­res émotions passées, la résis­tance s’organise et on est loin de s’avouer vaincu. Les cadres de ce parti tentent outre la voie judiciaire, d’user de tous les voies et moyens pour tirer leur mentor des griffes de la justice belge dans lequel il se trouve actuellement. Une requête a été déposée lundi  au bureau des deux chambres du Par­lement censés prendre langue avec les milieux politiques et judiciai­res belges en vue d’obtenir la liberté provisoire du leader du Mlc. En fait, bien que les chances de voir une telle manœuvre réussir paraissent bien minces, les té­nors du Mlc ne veulent négliger aucune piste en faisant feu de tout bois. Et le temps presse.

C’est pourquoi une délégation des mem­bres du Comité exécutif du Mlc est en passe d’effectuer un voyage en Belgique pour tenter d’infléchir si pas la justice belge, peut être les milieux politiques belges ? Mais, à quelle fin ? Car la séparation des pouvoirs n’étant pas un vain mot en Belgique, il est fort peu proba­ble qu’une intervention politique vienne désormais enrayer la mar­che inexorable et indépendante de la machine judiciaire internatio­nale, déjà lancée et qui risque fort s’emballer.

Sur le plan judiciaire, les cho­ses ne traînent pas non plus, en effet, l’avocat du prévenu, un té­nor du barreau bruxellois, le bâ­tonnier Jean Legros, a introduit une demande de liberté provisoire et espère voir son client recouvrer l’air libre afin de vaquer à ses ac­tivités politiques tout en garantis­sant sa représentation chaque fois que sa présence sera requise dans le cabinet du procureur Luis Moreno Ocampo.

En fait, cette décision de mise en détention de JP Bemba en vue de son transfèrement vers la OPI sera donc débattue devant la chambre de Conseil de Bruxel­les, ce jeudi 29 mai.
 
Il ne s’agit pas ici d’une extradition, comme une certaine opinion veut le faire croire, mais bien de mise à dispo­sition d’une juridiction supranatio­nale. La chambre du conseil, tout comme le juge d’instruction, ne devront pas évaluer la pertinence des charges pesant sur JP Bemba; mais se limiter, en vertu de la  particulière applicable aux requêtes émanant des Cours et tribunaux internationaux, à cons­tater la validité technique du mandat délivré. La chambre du Conseil décidera si JP Bemba peut, ou non, être extradé vers les Pays-Bas, comme le souhaite la CPI qui siège et dispose d’une pri­son à la Haye. Des possibilités d’appel existent, selon la justice belge. La procédure pourrait donc prendre  « un à deux mois ».

En outre, le mandat qui prive JP Bemba de liberté a un caractère « provisoire ». La CPI devra délivrer, endéans un délai de trois mois, un mandat définitif dont la validité, et elle aussi, devra être appréciée par la chambre du Conseil et, sur appel éventuel, par la cham­bre de mise en accusation ; la décision de cette dernière pouvant être contestée sur la forme devant la cour de cassation. Le ministre des Affaires étrangères n’a aucun avis à donner, pas plus que de pouvoir sur la procédure initiée par la CPI.

Manipulation sur fond d’intox...

Notons que toute cette acro­batie juridique est loin d’être à la portée du commun des Congolais qui ne maîtrisent pas les contours de la CPI, faute d’information. Ce déficit d’information est dans le chef de la population congolaise sur les activités de la CPI et la portée de ses actions est capitalisée aux fins de manipulation et d’intoxication. D’où des allégations reposant no­tamment sur l’immunité de JP Bemba, la politisation de « l’affaire », la trahison de la Belgique ou encore, sur la politique de deux poids deux mesures appliquée par la CPI instrumentalisée à souhait etc. Là-dessus, Kengo wa Dondo a remis les pendules à l’heure en précisant la portée limite de l’im­munité du sénateur JP Bemba qui n’a d’effet que sur l’espace natio­nal.

A l’exception du chef de l’Etat, du Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères qui bénéfi­cient du principe de l’extraterrito­rialité, a déclaré le président du sénat, tous les autres animateurs des Institutions de la République justifient des immunités limitées et circonscrites dans l’espace na­tional. En outre, la même opinion, fantasmant à souhait, n’hésite pas à avancer la thèse selon la­quelle, les belges auraient sacri­fié Bemba en le livrant à la CPI pour se réconcilier avec Kinshasa dont les relations sont plus que tendues à l’heure actuelle. Cette rumeur répandue follement dans certains quartiers de la capitale peut- si on n’y prend garde - passer pour parole d’évangile. Tant la propen­sion des Kinois à croire en la ru­meur et aux extrapolations et quasi légendaire.

Ainsi à Lisala ou encore à Kinshasa où des par­tisans de JP Bemba ont manifesté contre l’arrestation de leur leader, la Belgique a été stigmatisée comme complice et des menaces contre ses intérêts en RD Congo si jamais leurs revendications n’étaient pas prises en compte ont été proférées. C’est à juste ti­tre d’ailleurs que les périmètres de l’ambassade Belge à Kinshasa ont été sécurisé hier par les forces de police, question de dissuader toute velléité destructrice pouvant émaner des fanatiques zélés. Tou­tefois, il y a eu plus de peur que de mal.

Est-il que cette coïncidence troublante entre l’arrestation de JP Bemba à Bruxelles et la bourde de Karel de Gucht à la base de la nouvelle crise diplomatique entre la RD Congo et la Belgique est interprétée à sens divers, selon qu’on est pro ou anti Bemba. Au -­delà des commentaires, la vérité est que la CPI est restée dans les limites de son action. Notons que l’opération qui a conduit à l’arres­tation de JP Bemba résulte d’un mandat d’arrêt délivré par la troi­sième chambre de la CPI, saisie le 12 mai dernier d’une demande d’interpellation introduite par le Procureur de la cour internatio­nale, fondée sur les abus commis par ses troupes en Centrafrique à Bossangoa et Moungoumba et dénoncés le 21 décembre 2004.

A qui le prochain tour ?

En fait, les choses sont allées très vite dès lors que la crainte d’une probable fuite du concerné vers une destination inconnue de­venait de plus en plus manifeste. D’où, la présence du leader du Mlc à Bruxelles était considérée comme une aubaine pour le procureur de la CPI, Luis Moreno­ Ocampo, facilité dans son opéra­tion par la Belgique en tant que signataire des statuts de Rome créant la CPI. Pour tout dire, cette juridiction internationale a agit en toute souveraineté, loin de toute influence extérieure, de quelque nature que ce soit. Le drame dans cette affaire, c’est de présenter JP Bemba comme un condamné alors qu’il jouit encore à ce stade d’une présomption d’innocence, quitte à présenter ses moyens de défense le moment opportun. L’ex vice-pré­sident est sans doute le premier «gros Poisson » arrêté dans le pro­cessus d’enquête sur les événe­ments tragiques survenus à Bangui entre 2002 et 2003, mais il est fort probable que son arrestation ouvre la voie à une série d’autres, vue les complexités et les interac­tions militaires ayant caractérisé à l’époque la politique centrafri­caine.

Déjà, en avril 2006, la Cour de cassation centrafricaine avait renvoyé devant la CPI, les cinq personnes estimées être les prin­cipales responsables de la répre­ssion d’octobre 2002 Ange Patassé, actuellement en exil au Togo; Jean-Pierre Bemba; le capi­taine Paul Barril, ex-gendarme français de l’Elysée (qui aurait été, selon « Africa Confidential » du 10 octobre 1997, officier de liaison d’ex-génocidaires hutu rwandais reconvertis dans la garde préto­rienne du président Ange Patassé); et deux collaborateurs centrafricains de ce dernier.  Seul Jean-Pierre Bemba a été arrêté jusqu’ici.
Selon le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, l’ampleur des viols commis « est une carac­téristique particulière de cette af­faire ». Une ONG centrafricaine a recensé 1.045 victimes, dont 480 viols. Comme quoi, ce n’est que le début du commencement...

(Milor)

AD/Uhuru

Last edited: 29/05/2008 10:22:02

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