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Bonjour | 04/12/2008 0:07 | English Make DC Home page | RSS feed

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Dans un communiqué rendu public et contresigné par plusieurs associations, la Société civile de la République démocratique du Congo demande à ce que soit renforcé les capacités de l’administration forestière au niveau central et provincial pour une gouvernance forestière cohérente. La société civile congolaise affirme, sans risque de contredit, que depuis l’annonce de la revue légale, les forêts de la RDC sont coupées sauvagement et à une vitesse vertigineuse. Cette exploitation industrielle des forets prend des proportions inquiétantes si bien que la survie des communautés vivant dans et de la forêt et le maintien du climat global en pâtissent déjà considérablement.

Ci-après l’intégralité de ce communiqué.

Communiqué de presse de la Société civile congolaise à l’occasion de la visite du ministre français de l’Environnement en RDC

La Société Civile congolaise est intéressée par la visite de Jean-Louis Borloo, Ministre Français de l’Environnement en République Démocratique du Congo.

Nul n’ignore le rôle que jouent les forêts du Bassin du Congo pour le maintien du climat global : elles constituent la deuxième plus grande forêt tropicale humide au monde après l’Amazonie.

Nul n’ignore aussi le degré inquiétant de déforestation des forêts de la RDC depuis 2001 jusqu’aujourd’hui. Les exploitants forestiers se livrent à une course de taupe, profitant de la faiblesse de l’administration forestière congolaise, pour piller les forêts congolaises sans consentement préalable, libre et informé des communautés locales et des populations autochtones Pygmées et sans tenir compte des impératifs de développement de ces communautés qui vivent dans une pauvreté abjecte. Ils se soucient plus de la durabilité économique et très moins de la durabilité écologique et sociale sans lesquelles la gestion des forets ne serait durable.

La Société civile congolaise dénonce sans complaisance tous les membres des organisations internationales et du secteur privé qui s’évertuent à donner des informations fallacieuses et tronquées au Ministre Français, pour lui faire croire que l’exploitation industrielle des forêts congolaises se fait de manière durable et concilie les intérêts divergents de tous les utilisateurs.

La société civile congolaise affirme, sans risque de contredit, que depuis l’annonce de la revue légale, les forêts de la RDC sont coupées sauvagement et à une vitesse vertigineuse. Cette exploitation industrielle des forets prend des proportions inquiétantes si bien que la survie des communautés vivant dans et de la forêt et le maintien du climat global en pâtissent déjà considérablement. Le Moratoire sur l’allocation de nouvelles concessions forestières est quotidiennement violé, mettant la revue légale des concessions dans une pente glissante, avec le risque d’aboutir à un zonage forestier de facto malgré le lancement de l’atelier national sur la planification forestière du 8 au 10 mai 2008 dernier.

La Société civile congolaise dénonce les propos de certaines organisations internationales qui affirment à tort que tout va bien dans l’exploitation industrielle du bois en RDC et que les droits des communautés locales et autochtones Pygmées sont respectés.

La Société civile congolaise dénonce également avec verve toutes les manœuvres dilatoires tendant à occulter la réalité et à ignorer la souffrance de plusieurs millions de populations congolaises affectées par l’exploitation sauvage des forêts dont dépendent les communautés locales et les populations autochtones Pygmées qui ne cessent d’exiger des compensations.

La société civile congolaise dénonce les manœuvres de marginalisation dont elle a été victime lors de la rencontre du 23 mai 2008 avec le Ministre Français à Kinshasa: elle n’a eu qu’un seul représentant à cette rencontre alors que les Organisations internationales et le secteur privé y étaient grandement représentés.
 
Fort de cette situation, la société civile congolaise demande au gouvernement français :
• d’insister sur le respect du Moratoire sur l’allocation de nouvelles concessions forestières pour éviter qu’on aboutisse à un zonage de facto;
• d’accompagner la revue légale des titres forestiers pour qu’elle aboutisse à la prise en compte effective des droits des communautés riveraines des forêts;
• d’accompagner le processus de planification des terres en RDC lance par l’atelier national organisé du 8 au 10 mai dernier à Kinshasa;

• de renforcer les capacités de l’administration forestière au niveau central et provincial pour une gouvernance forestière cohérente;

• de renforcer les capacités de la société civile et des communautés locales et autochtones;
• de permettre aux Ong nationales d’accéder au financement de l’Union Européenne et cela dans la perspective de la présidence Française de l’Union Européenne;
• de promouvoir les alternatives à l’exploitation industrielle du bois en tenant compte des spécificités de la RDC et en contribuant aux mécanismes de financement novateurs.

Fait à Kinshasa, le 24 mai 2008.

Pour la Société civile congolaise,
1. Réseau Ressources Naturelles (RRN)
2. Coalition des Réseaux des ONGs de l’Environnement (CRON)
3. Organisation Concertée des Ecologistes et Amis de la Nature (OCEAN)
4. Ligue Nationale des Associations Autochtones Pygmées au Congo (LINAPYCO)
5. Centre International pour la Défense des Droits des Peuples de la Forêt Batswa (CIDB)
6. Maniema Libertés (MALI)
7. Réseau des Associations Autochtones Pygmées (RAPY)
8. Dynamique des Groupes Autochtones en RDC (DGA)
9. Dignité Pygmée (DIPY)
10. Organisation d’Accompagnement et d’Appui aux Pygmées (OSAPY)
11. Great Apes of Congo Center (GACC)

C.L./MMC

Last edited: 26/05/2008 17:01:53

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