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Bonjour | 03/12/2008 22:39 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le ministre congolais de l’Environnement réitère, en marge de la visite du responsable n°1 des questions écologiques en France, la proclamation de la RDC dans la protection de sa biodiversité, notamment les forêts congolaises représentant un intérêt stratégique pour toute l’humanité. La République démocratique du Congo (RDC) se dit détermi­née à « sauver » sa forêt, deuxième poumon de la planète après l’Amazonie, mais prévient que la conservation faite au dé­triment des impératifs économi­ques du pays devra être compen­sée par les bailleurs internatio­naux.

Quelques heures avant la visite du ministre français de l’Ecologie Jean-Louis Borloo axée sur la préservation de la biodiversité, son homologue con­golais, José Endundo, a présenté sa position. « Nous sommes tous d’accord pour dire que ce réser­voir unique de biodiversité (10% de la forêt mondiale) est un en­jeu majeur de la lutte contre la production de gaz à effet de serre, mais vous ne pouvez pas continuer à polluer sans contre­partie ».

« Cela veut dire que la communauté internationale, les pays riches, doivent faire en sorte de contribuer », dit-il, avant de donner son prix: « Aujourd’hui, la forêt congolaise vaut au moins 3 milliards de dollars par an ». Il voudrait voir cette aide se traduire en appui budgétaire et en un sou­tien plus massif aux réformes ins­titutionnelles et aux besoins de formation.

De son côté, il s’engage à étendre les surfaces des aires protégées et à mener à bien la lente réforme du secteur fores­tier, entamée en 2002 avec la publication d’un code forestier et d’un moratoire sur l’attribution de titres d’exploitation.
Une commission intermi­nistérielle, à laquelle participent des représentants d’ONG, des communautés locales et un ex­pert indépendant, entamera fin juin l’examen des 156 titres existants, couvrant plus de 20 millions d’hectares, soit le tiers de la surface exploitable de RDC.

Ces titres seront soit vali­dés et convertis en concession forestière, soit annulés s’ils sont jugés illégaux. L’organisation écologique Greenpeace de­mande que « tous les titres oc­troyés, échangés ou renouvelés en violation du moratoire de 2002 soient annulés » et plaide pour une prolongation du moratoire jus­qu’à ce qu’un « plan de zonage complet et participatif ait été éta­bli ».

Mais pour un expert du secteur ayant requis l’anonymat, « le plan de zonage va prendre au moins 10 ans. En attendant, même si la RDC reversait 10 millions d’hectares dans le domaine public, cela ne règlerait pas la question de leur préservation, l’Etat étant dans l’incapacité de l’assurer faute de moyens, du fait de la corruption de ses fonction­naires et de la pression démogra­phique ».

De son côté, José Endundo refuse d’anticiper sur les résultats de la commission, mais se dit déterminé à assainir le secteur.

« Nous exportons environ 200.000 m3 de bois, essentielle­ment brut, par an, qui rapportent 49 millions de dollars. L’Etat ne perçoit en tout et pour tout que 1,8 million de dollars de taxes et impôts, ce qui est totale­ment ridicule », explique-t-il. « Nous devons arriver à produire et exporter du bois transformé, ce qui créera plus de richesses et de l’emploi, dit-il. Mais nous devons d’abord faire appliquer la loi », en imposant des normes (plan d’aménagement, respect des cahiers des charges) aux in­dustriels, qui dénoncent « avec raison parfois » des défaillances de l’Etat.

Or, pour Greenpeace, (« La légalité n’est pas définie », car il y a eu très peu de décrets d’ap­plication du code forestier, pas de normes nationales d’aménagement, aucun respect ni contrôle des plans de coupe annuels. Et si la forêt est en partie protégée par son enclavement, la produc­tion de bois pourrait rapidement décupler si le pays développait ses infrastructures.
Pour un autre expert, la sanctuarisation de la forêt con­golaise est tout aussi improbable qu’un « chèque en blanc » des bailleurs à la RDC sans garan­ties de gouvernance. A défaut, il faudrait mettre en place des nor­mes et un système d’appel d’of­fre transparent, tout en cherchant des solutions alternatives à tra­vers la gestion des forêts commu­nautaires ou la création des puits de carbone.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 24/05/2008 14:53:32

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