Les ministres respectivement des Affaires étrangères et des Congolais de l’étranger sont réclamés à l’Assemblée nationale pour expliquer la situation des compatriotes vivant en Afrique du Sud en rapport avec la flambée xénophobe qui enrage actuellement ce pays.

En marge de la plénière de jeudi, essentiellement consacrée au vote de la loi sur le financement public des partis politiques et campagnes électorales, le député Kasongo Numbi a pris la parole par motion pour stigmatiser le calvaire qu’endurent actuellement nos compatriotes qui ont choisi la République Sud-africaine comme deuxième patrie.
L’intervenant a proposé que le gouvernement, à travers le ministre des Affaires Etrangères, puisse interpeller l’ambassadeur de ce pays en poste à Kinshasa pour qu’il s’explique sur les cas de xénophobie envers les « étrangers » dont se rendent coupables certains de ses compatriotes. Il devrait notamment fixer les autorités congolaises sur la situation sécuritaire de plus de 80.000 Congolais que l’on estime en danger.
Pour ce faire, Kasongo Numbi a recommandé au Bureau de son institution d’interpeller l’organisation sous-régionale, la SADC, dont la Rdc est membre. Selon cet élu du peuple, ce qui se passe en RSA est contraire au principe de « la libre circulation des personnes et de leurs biens dans tous les pays membres », un des fondements mêmes de cette institution.
Nombre d’analystes pensent que la diaspora congolaise présente dans les pays périphériques tels que l’Angola, le Malawi, le Botswana, le Kenya, le Rsa, le Zimbabwe, la Tanzanie, la Zambie et le Mozambique est souvent bousculée pour l’une ou l’autre raison. Bien plus, les visas d’entrée sont toujours en vigueur au sein de l’espace SADC alors que les officiels clament sur tous les toits que l’heure de la libre circulation des biens et des personnes a sonné.
Pourtant sous d’autres cieux, tel que l’Espace Schengen, le visa n’est plus exigé aux citoyens des Etats membres.
Collette Tshomba réclamée au Palais du Peuple
Réagissant à la motion, le 1er vice-président de l’Assemblée Nationale, qui dirigeant la plénière, a suggéré qu’on passe par le canal de la Vice-ministre en charge des Congolais de l’Etranger. pour avoir l’information complète au sujet des événements de Johannesbourg, Pretoria, Durban... Un intervenant a recommandé à la plénière d’exercer de fortes pressions sur le gouvernement congolais pour qu’il garantisse la sécurité de nos compatriotes résidant en Afrique du Sud.

Conclusion, le Bureau va saisir le gouvernement pour qu’il prenne des mesures en vue de protéger nos compatriotes vivant en Afrique du Sud. La commission des Relations extérieures est chargée, à cet effet, d’entendre le ministre des Affaires étrangères à ce sujet.
Une autre motion est celle du député Yves Kaumba qui a informé la plénière de la situation qui prévaut actuellement dans sa province du Kasaï Occidental. En date du 9 avril passé, a-t-il révélé, des pluies diluviennes se sont abattues sur le territoire de Luiza, causant des dégâts matériels très important, notamment la destruction de 48 maisons.
Ce qui augmente davantage la misère de la population qui venait de subir des dégâts similaires avec 150 maisons emportées, laissant de nombreux foyers sans abris. Trois écoles secondaires, deux primaires et deux églises avaient fait les frais des intempéries à cette même occasion.
Adoption de la loi sur le financement des partis
275 voix pour, 54 contre et 4 abstentions sur un total de 333 votants c’est le résultat du vote qui a sanctionné l’adoption globale, hier jeudi, de la proposition de loi portant financement public des partis politiques et campagnes électorales en République Démocratique du Congo. Il importe de rappeler que ce vote définitif devait intervenir la veille, n’eût été le manque de quorum qui a motivé son renvoi au lendemain.
Initié par l’ancien député national Adolphe Lumanu Mulenda, actuellement ministre des Relations avec le Parlement, ce texte avait déjà été examiné et adopté par la « chambre basse » du Parlement, avant d’être envoyé au Sénat pour une deuxième lecture. Ayant été adopté en de termes différents au niveau de la « chambre haute », il a fallu constituer une commission paritaire mixte pour harmoniser les vues.
Les divergences ayant été vidées, l’Assemblée Nationale a accompli jeudi une simple formalité.
Une précision : c’est à partir de la prochaine législature, celle de 2011 à 2016, que cette loi entrera en application. La plénière de ce vendredi examinera les rapports des commissions d’enquête, dont celle portant sur la pollution de la cote congolaise à Moanda.
(Milor)Dom & Chico Kalunga/Le Phare
Last edited: 24/05/2008 14:49:49