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Les révélations de Montana Kamenga

Kinshasa, 22/05/2008 / Musique
J’aimerais réaffirmer que j’apprécie beaucoup Koffi Olomide et le travail qu’il fait. Seulement, il y a eu une incompréhension. Qu’en est-il à ce jour de la carrière de Montana Kamenga au sein du groupe Quartier Latin ? « Sommet des Sommets », a-­t-il claqué la porte ? Est-il simplement en grève ? S’est-il mis sur les traces de Fally Ipupa ?

Le chanteur a jusqu’ici laissé enfler la rumeur, entretenant un mutisme complet. Pour ses chers lecteurs, Visa est allé à la rencontre de « Sommet des Sommets », qui n’a pas fait de la résistance. Il s’est confié sans retenue à notre journal. Comme nageant encore deux eaux, Kamenga n’a ni confirmé ni démenti explicitement son départ de Quartier Latin. Mais, peut-on vraiment s’y tromper ?

Visa : Montana, comment vous portez-­vous, physiquement et sur le plan moral ?

Montana Kamenga : Je vais très bien, le moral est au beau fixe.

Pouvez-vous fixer l’opinion quant à votre situation avec Quartier Latin ?

Disons que je suis chez moi à la maison en train de réfléchir.

Vous êtes connu pour être un musicien exemplaire, sans histoires. Koffi Olomide lui-même a eu à le reconnaître plus d’une fois. Comment est-il arrivé que vous décidiez de rester à la maison ?

Avant de répondre à cette question, j’aimerais réaffirmer que j’apprécie beaucoup Koffi Olomide et le travail qu’il fait. Seulement, il y a eu une incompréhension. C’est ce qui m’a amené à l’option que j’ai prise, celle de me retirer pour réfléchir.

Ne pourriez-vous pas être plus explicite ? On ne croit plus à la poursuite de votre carrière au sein de Quartier Latin.

Dieu seul sait ce qu’Il nous réserve pour demain. Parce que Dieu n’abandonne jamais ses enfants.

Visa : Tout indiquait que vous étiez parti pour une longue et paisible carrière au sein de Quartier Latin.

C’est ce que je me disais ; j’étais là pour aujourd’hui, pour demain, pour toujours.

Vous attendiez-­vous à ce qui vient de vous arriver aux côtés de Koffi Olomide ou les choses se sont-elles plutôt précipitées ?

Je ne pensais pas qu’on pouvait en arriver là. Mais, comme on dit, l’homme propose, Dieu dispose.

Il n’y a pas très longtemps, vous étiez promu vice-président de Quartier Latin La confiance s’est-elle si vite effritée ?

C’est une très bonne question mais, qu’il faudra poser à Koffi Olomide. Ce qui est arrivé aujourd’hui n’est pas de mon fait. Ce sont eux qui m’ont touché.

Bénéficiez-vous de la considération et des égards dus a votre rang de vice-président de Quartier Latin ?

Pour les musiciens, il n’y avait aucun problème; le respect était du reste mutuel. Les séances de répétition se déroulaient sans problème, dans un bon climat. Moi, je suis autoritaire.

Les nouveaux venus au sein de l’orchestre n’étaient-ils pas mieux considérés que vous par Koffi Olomide ?

Non, cela ne m’est pas arrivé. Vous savez, j’aime tellement Koffi Olomide que je ne peux m’autoriser de dire du mal de lui publiquement. On ne dit pas du mal de quelqu’un qu’on aime.

Il apparaît néanmoins qu’on vous a poussé vers la porte de sortie de Quartier Latin. Et si l’on pense à Pépé Kallé, qui avait commencé à se démarquer de l’Empire Bakuba au profit de ses jeunes de Delta Force, à Nyoka Longo avec son « attaque- laser », à Papa Wemba avec ses Bana Malongi, à Koffi Olomide et ses « Mineurs », on se dit que les patrons des grands groupes de Kinshasa veulent se défaire des chanteurs de votre génération au profit de plus jeunes quoique moins expérimentés. Quelle est votre analyse à ce propos ?

C’est peut-être une question de stratégie de la part de ces leaders-là mais, ce serait mieux de leur poser la question.

Moi, j’avais été président de l’orchestre K.V Musica ; puis de Big Star du Général Defao. Dans Quartier Latin, il avait des musiciens arrivés dans le groupe avant moi, d’autres, après. Mais, mon patron me mettait à la place qui me revenait.
 
Si on vous mettait tant à la place qui vous revient, vous n’auriez pas décidé de rester à la maison...

Vous savez, moi, je suis quelqu’un qui tient à sa dignité, qui n’aime pas l’humiliation. Dès lors qu’on s’emploie à toucher à ma dignité à m’humilier, je me mets en colère. Notez que je n’ai pas l’habitude de me fâcher avec véhémence. Je me fâche une fois tous les dix ans.

J’ai constaté au sein de Quartier Latin quelques mesquineries à mon endroit. Voilà pourquoi j’ai décidé de rester chez moi.

Combien d’années de Quartier Latin avez­-vous ?

Huit ans, soit de février 2000 à février 2008.

Pour en revenir à la préférence des leaders d’orchestres pour les jeunes par rapport aux chanteurs de votre génération, cela ne serait-il pas dû au fait que, financièrement, vous seriez plus coûteux et les jeunes, moins exigeants ?

En ce qui me concerne, vous pourrez poser la question au Général Defao, à Koffi Olomide: Je ne suis pas trop attaché à l’argent.

Je ne mets pas l’argent en première position parce que je sais que des richissimes personnages ont quitté ce monde sans parvenir à amener leur fortune dans l’au-delà.

Dieu m’a fait une grâce : je suis à l’abri du besoin avec mon épouse et les 5 enfants qu’elle m’a donnés et qui vivent tous ils mon toit. Vous n’entendrez pas quelqu’un me citer parmi les musiciens qui font les « matolo » c’est-à-dire, qui écument les bureaux ou les résidences d’hommes riches pour demander de l’argent. Je vis bien.

Je viens, je fais mon travail et j’attends mon salaire. A part ce salaire, je ne rentre point auprès du patron pour poser des problèmes d’argent.

En ce moment où vous êtes à la maison pour méditer, quels sont les meilleurs souvenirs et les mauvais, dans Quartier Latin, qui vous reviennent à l’esprit ?

Les meilleurs souvenirs, il y en a plein, plein, plein. Les mauvais, je n’aimerais pas les révéler parce que, comme je l’avais dit avant, Mopao est quelqu’un que j’aime beaucoup. On ne dit pas du mal de quelqu’un que l’on aime. Les défauts de Mopao, je les cache comme le chat le fait pour ses excréments.

Le fait que vous vous êtes décidé de rester à la maison ne fait­ il pas déjà partie de ces mauvais souvenirs ?

C’est ce que j’ai dit: on ne dit pas du mal de quelqu’un qu’on aime. Ma vie continue. Dans un match de football, même s’il peut y avoir des sifflets dans le public, le coup de sifflet qui compte est celui de l’arbitre. Il en est de même pour la vie d’un homme: c’est le coup de sifflet de Dieu qui tranche. L’arbitre dans ma vie, c’est Jésus. Tant que Dieu n’a pas encore mis un point final à ma vie, eh bien, je suis là.

Qu’envisagez ­vous maintenant de faire ?

Je suis et je reste musicien. Je ne vais pas changer de métier.

En d’autres termes, après votre Quartier Latin, vous n’avez pas encore un programme de tracé ?

Je suis à la maison. Je préfère prendre d’abord des vacances.

Un peu comme Fally Ipupa qui avait eu, lui, une «  mise en disponibilité » ?

(Rires) J’ai pris simplement quelques moments de vacances. C’est aussi l’occasion d’aller à l’école des enfants, de signer les bulletins, leurs cahiers de communication

Visa: Avez-vous un message, d’abord pour les fans de Quartier Latin, ensuite pour les mélomanes en général ?

Un grand nombre de fans de Quartier Latin sont venus me voir à la maison pour me prodiguer des conseils. J’avais entendu parler d’une mesure de suspension à mon endroit. Après, on a rectifié pour dire que la suspension ne portait que sur ma fonction de vice-président. Par la suite, on a parlé de révocation. Mais, je n’ai jamais reçu un écrit à ce propos.

Quartier Latin, c’est quand même un grand orchestre. Les grandes décisions ne peuvent se prendre de manière verbale. Les fans de cet orchestre m’avaient donné des conseils. J’avais promis de ne pas les décevoir. Mais, si les choses en sont là aujourd’hui, ce n’est pas de ma faute. Je me dois de préserver ma personnalité, ma dignité. Un homme ne peut laisser offenser sa dignité et les choses en rester là. Je n’oublierai jamais le public de Quartier Latin. D’ailleurs, je n’ai jamais déclaré avoir quitté cet orchestre. Le moment venu, j’informerai les mélomanes par voie de presse. Mais, on n’en est pas encore là. Pour le moment, je prends des vacances. Pour les mélomanes en général, je prends l’engagement de toujours leur faire plaisir en tant que musicien.

A propos de votre départ ou non de Quartier Latin, on sait que de nos jours, les départs se confirment au fil des jours...

Pour l’instant, je prends mes vacances. Le moment venu, je vous dirai quoi. De toute façon, vous savez que depuis un bon bout de temps, je ne fréquente plus Quartier Latin.

N’avez-vous pas eu l’occasion de vous expliquer ou d’échanger avec Koffi Olomide, même au téléphone ?

Non ; je n’étais pas dans la ville il y a quelques jours. J’étais à Paris.

Vous auriez ôté pour le système  pas de contact « ?

Vous savez, Koffi Olomide, c’est un des grands de notre pays. J’ai beaucoup de respect et de considération pour lui. Moi, je ne représente qu’un centième de Koffi Olomide. Par rapport à lui, je suis encore en-deçà de zéro. Je ne peux lui dire ou dire de lui n’importe quoi. Koffi, corn me Defao, est une des personnes que je garde en bonne place dans mon cœur. Je ne peux pas déconner au sujet de Koffi Olomide.

Peut-être que de sa part et de celle de Quartier Latin, il y a eu une petite erreur, notamment au niveau de l’administration. Vous savez, après le président, c’est le vice­-président. Mais, à mon insu, vous voyez quelqu’un surgir pour faire des déclarations à la télé.

Cela fait désordre. S’ils m’ont fait du tort, je leur ai déjà pardonné. Qu’ils me pardonnent aussi si j’ai eu à les offenser.

Votre mot de la fin ?

Je rends grâce à Dieu, qui me préserve jusqu’à ce jour et fait que je demeure Montana. Nous sommes de ceux qui ont été, qui sont et qui seront demain. (Rire)

(Milor)

Propos recueillis par Kale Ntondo/Visa

Last edited: 22/05/2008 16:02:39

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