De quoi s’agit-il ? Selon le juge belge, de l’argent appartenant à la Miba, aurait été utilisé à partir du compte de cette entreprise à la Belgolaise.

L’affaire remonte en janvier 2003. La CTIFI (Cellule de traitement des informations financières), aurait constaté des transactions anormales sur un compte en banque ouvert auprès de la banque belge Belgolaise. Après 18 mas d’enquête et la surveillance d’un demi million de communications téléphoniques, il aurait apparu que la Miba (Minière de Bakwanga), aurait subi un préjudice de l’ordre de 80 millions de dollars dont vingt millions auraient été utilisés pour acheter des armes en Tchéquie et en Ukraine. C’est peut-être le hic de cette affaire. Si l’argent d’une société d’Etat aurait été utilisé pour l’achat d’armes, au moment où le pays était en guerre et soumis à un embargo, alors que ses agresseurs pouvaient s’armer à loisir, on peut appeler cela « blanchiment », mais aucun Congolais ne regretterait le fait.
La Belgique qui veut en faire ses choux gras doit non seulement dire pourquoi et en donner des preuves. Jusque-là, il n’y a qu’un saupoudrage pour le besoin de la cause. Le confrère belge qui rapporte les faits est bien inspiré pour faire remarquer que « Rappelons qu’alors le Congo se trouvait toujours placé sous un embargo onusien lui interdisant d’acquérir de l’armement (Ce qui n’était pas le cas de ses voisins, le Rwanda et l’Ouganda, accusés à l’époque de financer et d’armer des milices rebelles dans le Kivu et dans l’Ituri ….) »
Pour les observateurs, la démarche consistait d’abord à punir la Belgolaise pour avoir permis à la Rdc d’acheter des armes avec le produit de la vente des diamants gardé dans cette banque. « La banque Belgolaise fut alors accusée d’avoir favorisé une transaction illégale sur le produit des ventes de la Miba, sans en avoir averti la SIBEKA, une autre société belge actionnaire de la Miba à hauteur de 20% ) ».
Une étonnante exhumation
C’est ainsi que le magistrat bruxellois avait poursuivi quatre dirigeants de la Belgolaise, dont son directeur Marc Blancain. Curieusement, l’affaire n’a pas été conclue jusqu’à ce qu’elle soit exhumée pour servir une autre cause. Au lieu de preuves à fournir à l’opinion, ce sont encore une fois des supputations, Pourquoi maintenant ? « Cette fois, il apparaît qu’à la filière utilisée pour « blanchir » les millions de la Miba n’est pas passée par la seule Belgolaise, mais a également utilisé les canaux de la Banque centrale congolaise ».
S’il existait une autre possibilité de mettre en accusation une autre personne morale que la Bcc, le juge belge n’hésiterait pas. Ce serait plus évident et plus facile dans la mesure où l’accusation contre la Banque centrale congolaise ne passe pas. Car, reconnaît-on, le délit de blanchiment d’argent serait surprenant C’est l’avis de Noël Tshiani, économiste et haut fonctionnaire international, pour qui, il est très inhabituel et rare qu’une banque centrale soit mêlée dans des affaires de blanchissement d’argent. Généralement, une banque centrale incarne l’intégrité et la crédibilité.
(Milor)
L’Avenir
Last edited: 22/05/2008 15:59:29