Dieudonné Maninga fait un témoignage sur Charles Mombaya l’ancien président de l’Association des musiciens chrétiens du Congo qui est mort le 20 mai 2007.

Le Maestro Charles Mombaya est mort il y a un an. C’est le dimanche 20 mai que ce talentueux artiste est retourné vers le Père après L’avoir servi toute sa vie dans le chant. Dieudonné Maninga est avec lui et autres, l’un des pionniers de la musique orchestre chrétienne congolaise. Il est connu à cause de son répertoire qui est assez éloquent. Certains de ses cantiques ont laissé des traces. On peut évoquer par exemple « Papa ya bana ebele », « Mpeve ya Longo », « Tala tala », « Nzela Mokristu ». Père de 8 enfants, il est donc un responsable. Responsable non seulement d’une grande famille mais aussi dans une société de la place.
Cet ingénieur de travaux statistiques doublé d’une formation de gestionnaire d’entreprise est un ancien de la Communauté francophone du Congo Ouest (Cbco) est actuellement diacre dans l’église La Louange du docteur révérend Ngalasi. Là il a la charge de la Coordination musique qui a organisé brillamment dernièrement un concours de musique au niveau de cette assemblée chrétienne. C’est aussi cette même coordination qui aura la charge de la commission musique d’un grand événement au niveau international en gestation qui se déroulera à Kinshasa (Nous en parlerons avec forces détails prochainement). Mais dans les lignes qui suivent, évoquons la mémoire de Charles Mombaya, dont il témoigne l’oeuvre.
Multi Média Congo (MMC) : En ce jour, on compte une année depuis que Charles Mombaya est décédé. Que représentait pour vous cet artiste ?
Dieudonné Maninga (DM) : Charles Mombaya est un personnage qui avait marqué la musique chrétienne, un artiste complet qui avait d’abord un talent innée. Pour la petite histoire, la chanson, il l’ avait hérité de son père qui était chanteur. Je le sais parce que j’ai eu la chance de rencontrer son père biologique qui m’a dit que lui aussi chantait. En plus, il aimait tellement la musique qu’il ne s’est pas arrêté là. Il est allé faire l’Institut national des arts (Ina). Dans l’entre-temps, il avait marqué son passage dans tous les groupes dans lesquels il est passé. La communauté baptiste du Fleuve Congo (Cbfc) où il priait l’avait adopté dès le bas âge.
Jeune, il a eu à chanter à la Cité Béthel à ses débuts. C’est là qu’on l’a surnommé « Mille voix ». Jeune qu’il était au Groupe vocal protestant, il a évolué à côté de nos aînés comme Papa Fimpa, Papa Landu qui excellaient dans le lead. Quand Charles est arrivé, il y avait un nouveau souffle. Il a eu à monter le groupe « Les Messagers » avec les Tony, Nama…Dans leur communauté, il a beaucoup évolué comme responsable de la jeunesse. A l’Ecole de Dimanche « Ecodim » surtout, dans la paroisse où il était, il avait formé des chorales.
C’est le cas des « Ambassadeurs du Christ » ou des « Les Moissonneurs » . Ce qui l’a fait remarquer au niveau de l’Eglise du Christ au Congo (Ecc) et qui lui a élevé jusqu’au rang de responsable de la communication de l’Eglise où il s’occupait des émissions.
A ce titre, il a eu à développer le studio de l’Ecc. Et c’est grâce à l’émission religieuse protestante que le contact avec la Radio télévision nationale (Rtnc) « Ex la Voix du Zaïre » fera qu’il soit recyclé dans la prise de son et la prise de vue. Comme il assistait beaucoup aux montages, il a pris goût. Lileka, le technicien de la Rtnc, comme formateur a été de beaucoup pour sa formation.
Doublé de son intelligence et de sa connaissance de la musique, ce qui lui a permis de vite maîtriser ce qu’il faisait. C’est comme cela comme musiciens chrétiens de la première heure, nous n’avions pas assez de créneaux pour pouvoir diffuser nos œuvres. D’obédience chrétienne protestante, il n’y avait que l’émission religieuse protestante diffusée à la Rtnc qui constituait pour nous une occasion pour nous faire connaître. Outre cette émission, il y avait les émissions catholique, kimbanguiste, et musulmane. Comme l’Ecc venait de monter son studio, on se rencontrait tout le monde là bas : Buloba, Menthe, Kabashi et Kanguma. Ces 2 derniers étaient des condisciples de Charles à l’Ina.
La fréquenté entre nous a plus que doublé. A cela, il y a des enregistrements dans le cadre de grands événements liturgiques comme Pâques, Noël … Au sujet des concerts, je me rappelle encore que nous nous sommes produits dans la salle Cultrana, ou dans la salle du Zoo. A l’époque c’était des chorales vocales. Il était toujours présent. On s’estimait par la qualité du travail. L’œuvre de Mombaya m’attirait. Chaque fois qu’il y avait un qui excellait on s’appréciait. Il est allé plus loin dans ses études. D’ailleurs, comme il ne cessait de le dire lui-même, grâce à l’église les horizons se sont ouverts à lui pour qu’il aille étudier à la Sorbonne.
Vous êtes avec le frère Mombaya l’un des co fondateurs de l’Association des musiciens chrétiens du Congo (Amcc). Comment se porte cette association actuellement.
Je ne sais pas trop bien. Mais nous avons amandé les textes régissant cette organisation pour prendre les avis et considérations des uns et des autres. Puisqu’il l y a de gens qui boudaient l’Amcc. On a estimé que ceux qui étaient avec lui (le frère Charles) dans le comité directeur devaient convoquer l’Assemblée générale et mettre en place un comité de crise pour préparer, convoquer l’assemblée générale et monter un comité de crise avec comme mandat : préparer les textes de base, faciliter l’unification des textes structurels et /ou organiques et préparer les élections. Maintenant que les textes ont été rédigés, nous avons apporté notre petite pierre de construction dans l’édifice. Nous avons en tant qu’aîné ce devoir de soutenir les cadets, de demander pardon. Peut être que certains membres des jeunes, ont été frustrés par nous. Parce que Celui que nous servons nous appelle à l’humilité. Mais en réalité il n’y a aucun problème. Ils nous contactent pour certaines réunions. Mais il y a des rencontres qui se tiennent sans nous contacter alors que chacun de nous devait apporter sa contribution.
A quand alors les élections ?
Les élections ? Je ne sais pas exactement. Mais nous sommes quand même parmi les fondateurs de cette association. Nous avons eu la grâce de commencer cette histoire. Moi j’étais à l’époque chargé de convaincre Kanguma. Il était réticent. Teka Kudima était réticent. Pour qu’ils viennent intégrer l’association.
Est-ce le frère Maninga est candidat à la présidence de l’Amcc ?
DM : Je peux l’être. L’association a besoin de quelqu’un qui doit le redynamiser et lui donner une nouvelle impulsion. Il faut quelqu’un ayant l’Esprit du Seigneur qui aidera les autres à être ensemble, un rassembleur. Mais ne faut pas quelqu’un qui a la maîtrise, la maturité, quelqu’un qui a la crainte de Dieu. Il faudra quelqu’un qui se dépense pour le groupe et, quelqu’un qui vient avec des agendas cachés, qui vient chercher de l’argent mais qui contribue quand l’association a des problèmes. Et aussi, il faudra un secrétaire général fort à qui il faudra donner beaucoup de pouvoir. Il faudra d’éviter des structures trop lourdes.
(Frère Maninga :
dmaninga@yahoo.fr, 0815000541, 0999945023).
Boni Tsala/MMC
Last edited: 21/05/2008 09:08:33