Scandale et indignation des députés à l’Assemblée nationale : les cas révélés dans le rapport de la commission parlementaire d’enquête sur la spoliation des terrains et maisons de l’Etat mettent plus en cause des dignitaires et responsables publics à plusieurs niveaux.

L’annonce lundi par le Président du bureau de l’Assemblée Nationale, de l’opération de traque des spoliateurs des bâtiments publics, surtout ceux se prévalant de toute qualité de dignitaires du pays, a jeté l’émoi dans les range des caciques de la Transition et de la 3ème République. A travers la ville haute, la tremblote commence à gagner tous ceux qui croyaient ne plus jamais être inquiétée parce que détenteurs des certificats d’enregistrement couvrant toutes turpitudes foncières et immobilières.
En effet, alors que l’Etat congolais, devenu zaïrois entre 1971 et 1997 avant de redevenir congolais depuis mai 1997, disposait d’un impressionnant patrimoine foncier et immobilier à Kinshasa comme en provinces, il ne lui reste plus grand-chose aujourd’hui. Terrains comme bâtiments publics, déclarés à la pelle « biens sans maîtres » par la magie des décisions judiciaires acquises à coups d’argent ou d’injonctions, sont allés garnir les parcs fonciers et immobiliers des conseillers à la Présidence de la République ou à la Primature, des ministres, des officiers supérieurs de l’armée, de hauts magistrats, des gouverneurs de provinces ou des amis et membres de familles de la « Nomenkiatura » congolaise.
A Ngaliema, à Kintambo, à Limete comme à Gombe, pour ne citer que les communes les plus spoliées par les acquéreurs des biens de l’Etat, il est devenu difficile de dénicher une maison ou un bâtiment public pour loger des services publics ou des fonctionnaires de l’Etat. Les maisons d’habitation et les bâtiments ou terrains scolaires semblent avoir le plus souffert des attaques des requins du secteur foncier et immobilier. Au rythme où fonctionnait la prédation foncière et immobilière, Oui l’Etat allait se retrouver complètement dépouillé n’était plus loin.
Continuer à secouer le cocotier
A présent que l’Assemblée Nationale a pris la louable initiative de mettre fin à la récréation et de secouer le cocotier foncier et immobilier, le vœu du grand nombre est qu’il ne s’arrête pas en chemin. Les élus du peuple se sont implicitement lancés à eux-mêmes le défi d’aller à l’assaut des « intouchables ». D’où, le petit peuple est en droit d’attendre d’eux un inventaire exhaustif des biens fonciers et immobiliers de l’Etat, afin de montrer à tous que celui-ci est bien vivant en RDC.
« Qui construit chez autrui construit pour autrui », dit un principe de droit foncier. Les Congolais veulent avoir la preuve matérielle à travers l’action de l’Assemblée Nationale.
Ce qu’il y a lieu de craindre, c’est la moindre défaillance dans la conduite d’un combat qui appelle une forte dose de patriotisme et de courage. Il suffira à Kamerhe et ses pairs d’abandonner un chantier » aussi névralgique pour l’héritage commun pour que la voie soit réouverte pour la mise à mort lente et sure de l’Etat dans le domaine foncier et immobilier.
(Ern.)Kimp./Le Phare
Last edited: 21/05/2008 10:35:29