Le Sénat a adopté à la séance plénière de lundi le rapport de sa commission spéciale instituée pour examiner le projet de loi portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des entités provinciales.

Au cours de la plénière de lundi l9 mai, les membres de la Chambre haute du Parlement ont adopté moyennant amendements, le rapport de la Commission spéciale sur le projet de loi portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces.
L e président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, a accordé une durée de 48 heures à la Commission précitée, en vue de permettre à cette dernière d’intégrer les amendements formulés par la plénière.
Plusieurs observations et non des moindres ont été faites par les sénateurs, afin d’enrichir ce projet de loi qui consacre l’autonomie des provinces, conformément à la Constitution.
Parmi les intervenants, figure celle du sénateur Ngongo Luwowo, qui a suggéré que la Conférence de gouverneurs ne soit pas convoquée exclusivement par le président de la République. A ce sujet, il a proposé que les deux tiers de gouverneurs puissent avoir également la latitude de le faire en cas d’empêchement du chef de l’Etat.
A noter que le projet de loi sous examen comprend cinq titres, à savoir des dispositions générales, des institutions politiques provinciales, des rapports entre l’Etat et les provinces, des finances provinciales et des dispositions transitoires et finales.
Selon cette loi, la province est composée d’entités territoriales décentralisées et d’entités territoriales déconcentrées. Les entités territoriales décentralisées dotées de la personnalité juridique sont la ville, la commune, le secteur et la chefferie. Tandis que le territoire, le quartier, le groupement et le village sont des entités territoriales déconcentrées, dépourvues de la personnalité juridique. L’Assemblée provinciale et le gouvernement provincial sont reconnus comme les institutions politiques provinciales.
Par ailleurs, les sénateurs ont au cours de la même plénière, levé une option, celle d’accorder l’immunité parlementaire aux députés provinciaux. Ils ont également suivi la lecture du rapport relatif à la conférence de gouverneurs.
C’est dans une salle du palais de Luxembourg remplie des sénateurs de l’Hexagone et des invités de marque que Léon KENGO wa Dondo a effectué sa rentrée solennelle le mercredi dernier aux côtés de son homologue français, M. Christian PONCELET. Le président du Sénat congolais accompagné de sa suite composée de VD.P. LUNDA Bululu du RSF, Jacques NDJOLI du MLC et Delphin KAPAYA de l’A.M.P. répondait ainsi à l’invitation lui adressée depuis un mois par son homologue.

Un fait qui n’est pas passé inaperçu, c’est que ce jour-là était consacré aux séances publiques d’interpellations et que c’est pour la 1ére fois qu’un chef de corps est reçu au Sénat français. Preuve de la haute considération portée à la RDC et particulièrement au président de la Chambre Haute du Parlement congolais, a indiqué un observateur de la scène politique. Haute considération, car la RDC est tout de même le deuxième pays francophone au monde et probablement le premier dans quelques années. Haute considération, car celui qui préside depuis bientôt une année aux destinées du Sénat trimballe une carrière politique des plus enviables sur l’échiquier tant national qu’international.
Au cours de cette audience publique au Sénat Français, Léon KENGO et son homologue ont examiné les questions relatives à la coopération interparlementaire dont le socle concerne le renforcement des capacités de la Chambre Haute au point de vue matériel et humain. C’est dans ce cadre que M. Ernest BERTHET, directeur administratif et technique du Sénat français effectuera une visite de travail du 3 au 7 juin prochain à Kinshasa, a-t-on signalé.
Dans son mot de circonstance, Léon KENGO a particulièrement insisté pour que la diplomatie parlementaire retrouve ses marques d’antan dans la famille de la francophonie. Le plaidoyer de Léon KENGO vise essentiellement à ce que le sommet de 2010 prévu à Kinshasa soit un succès indéniable. Mais pour cela, il est indispensable que Paris mette la main à la bourse pour assister la RDC dans le domaine des infrastructures routières et hôtelières comme cela a été le cas au Burkina Faso, a-t-il rappelé.
En homme politique avisé, la notion de l’exception culturelle ne pouvait pas être évitée dans son discours, d’autant que ce slogan fait aujourd’hui recette à travers le monde et le président du Sénat congolais en a profité ainsi pour rappeler les liens culturels très actifs entre la France et la RDC, son pays. Cette expression culturelle se vit dans divers domaines de la vie de tous les jours, notamment en musique en littérature, en arts, en architecture etc. C’est à travers ces liens que les peuples de ces deux pays qui ont en commun la langue française sont appelés à améliorer et à raffermir leurs relations, a souligné le chef de la mouvance politique du Centre.
Des officiels français se sont bousculés au portillon du président du Sénat pour des échanges d’ordre politique, c’est le cas, entre autres, de Bernard KOUCHNER ministre des Affaires Etrangères qui est intéressé aux préparatifs du sommet de la Francophonie prévu à Kinshasa en 2010. Les entretiens entre les deux hommes d’Etat ont naturellement tourné autour de ce point là, mais aussi d’un tour d’horizon des questions bilatérales dont particulièrement la problématique de la paix et de la sécurité dans la région des Grands Lacs.
(Milor)Le Potentiel
Last edited: 21/05/2008 10:37:22