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Bonjour | 13/10/2008 23:14 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le comité politique de l’Alliance de la Majorité présidentielle (Amp) a tenu le 15 mai dernier une importante réunion d’évaluation de la situation générale du pays pour faire le point sur le parcours effectué et sur les exigences du changement pour les horizons futurs. Quel est l’état de la Nation ? Dans la deuxième année du double triomphe électoral de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (créée le 24 juin 2006, restructurée le 6 octobre 2007, au départ, Alliance de la Majorité Présidentielle, changement de mot, mais changement de taille), le Comité Politique, instance dirigeante de la majorité au pouvoir, s’est réuni jeudi 15 mai et s’est livré à une évaluation en règle de la situation générale du pays en examinant les Institutions mises en place et que l’Amp dirige: Assemblée Nationale et Sénat, Gouvernement mais aussi Institutions provinciales (Parlements et Exécutifs).

Réunion historique, l’instance dirigeante a arrêté des décisions à exécuter pour le bonheur du peuple Congolais qui a confié le pouvoir à Kabila et lui en a donné les moyens, une écrasante majorité parlementaire.

Rien n’a bougé dans aucun secteur; ni celui de la justice  où « la corruption est réelle », ni celui de l’impulsion « le budget de fonctionnement sur fonds intérieurs n’a pu être actionné », et celui du social « la misère du Peuple est toujours aussi actuelle ». L’Amp sonne furieusement le tocsin: « le temps est notre pire ennemi ».

Députés et Sénateurs ne décolèrent pas. Dans un mois, ils repartent dans leurs fiefs électoraux respectifs pour leurs troisièmes vacances parlementaires prévues par la Constitution  depuis le lancement de la Législature. Et toujours rien  mettre sous la dent du bon Peuple rd.Congolais qui leur a fait confiance. Le Gouvernement n’a pu ou su débloquer le budget d’investissement financé par les avoirs intérieurs alors qu’il se vante de disposer d’un bonus budgétaire de plusieurs milliards. Et donc rien aucune action  n’a démarré nulle part dans le pays. Ni un bout de route, ni un semblant de dispensaire, ni la moindre petite école de quartier! Verdict sans appel: si les élections avaient lieu aujourd’hui, peu de nos parlementaires reviendraient vivants de la campagne. Et nul ne veut mourir avec personne...

« Trop c’est trop »

« Visible la grogne. La dernière semaine des débats en a donné un éclairage. S’ils n’avaient chaînes aux pieds  la fameuse discipline de groupe  les Députés de l’Amp qui ont donné le/la à leurs propres ministres, auraient mêlé leurs voix à celles de la minorité pour voter une motion de censure contre le gouvernement. Deux motions de l’opposition  Sessanga et Lisanga  existent dans les tiroirs du Bureau de la Chambre, et ne sauraient être gelées, sous divers artifices. Trop c’est trop. Qui oublie qu’une élection se prépare dès le lendemain d’une victoire et se gagne par une vision forte d’avenir amplifiée par du résultat d’une gestion? Nul n’attend en tout cas la veille des scrutins pour lancer l’action et se mettre aux côtés du peuple qui peine à vivre.

La trentaine de membres prééminents de l’Amp s’est réunie jeudi 15 mai dans la banlieue de la Capitale et s’est livrée, sept heures durant,  à une « évaluation en règle » de la situation générale du pays en examinant le fonctionnement des Institutions mises en place et que l’Alliance dirige: Assemblée Nationale, Sénat, Gouvernement, les Institutions provinciales (Parlements et Exécutifs). Bilan désastreux. « Le temps est notre pire ennemi », rappelle ses pairs un membre. Une phrase du Président de la République  « Autorité Morale de l’Amp » prononcée naguère devant un groupe des fidèles.

Réunion historique. Depuis la réforme, jamais le Comité Politique de l’Amp ne s’était réuni. Enfin de semaine, en dressant l’état de la Nation depuis le triomphe électoral, l’Instance dirigeante de l’Amp a voulu s’assumer. Depuis la réforme du 6 octobre 2007, l’Alliance est chapeautée par son Comité Politique, suivi de la Conférence des Membres. Un Secrétariat exécutif gère les questions liées à la coordination et à l’administration. Il est dirigé par un Secrétaire exécutif, le Député Augustin Katumba Mwanke. Assisté d’un adjoint, l’ancien gouverneur du Katanga des années Mobutu, Koyagialo Te Gerengbo, d’un rapporteur, le prof. Adolphe Lumanu, par ailleurs ministre en charge des Relations avec le Parlement, d’un rapporteur adjoint, vice-ministre honoraire du régime 1+4, Christian Kambinga, et d’une Trésorière. Des coordinations institutionnelles ont été mises en place dans les deux Chambres et au Gouvernement. Secrétariat exécutif et coordinations institutionnelles ont préparé les dossiers d’un organe dirigeant fort des pouvoirs que lui reconnaît l’article Il de sa Charte qui en fait l’organe d’orientation et de décision de l’Amp. Le Comité Politique a entendu deux ministres: Me Mutombo Bakafwa Nsenda en charge des Droits humains invite à la réunion étant donné l’importance que l’Amp attache au secteur des Droits et Libertés des Citoyens, et Pierre Lumbi en charge des Infrastructures et Reconstruction qui gère le secteur sensible des Cinq chantiers avec, en soubassement, les « Contrats chinois » débattus avec passion deux jours auparavant à la Chambre.

Exécrant l’effectivité du pouvoir d’Etat dans  les secteurs de la vie nationale, centrale aussi bien que provinciale (ici dans dix des onze provinces du pays), dotée de la plénitude du pouvoir d’Etat par la volonté du peuple de R-dC, l’Amp s’identifie très clairement au pouvoir d’Etat. Conséquence directe: elle - et elle seule - est comptable de ses échecs devant le peuple qui lui a confié le mandat de réaliser son bien-être pendant les cinq années, et  qui elle doit rendre compte.

A quasi mi parcours  2010 étant à exclure pour les Législatives et la Présidentielle  et alors que les Locales, Municipales et Urbaines pointent à l’horizon, qu’elle doit gagner dès lors que celles-ci sont la préfiguration des Législatives et de la Présidentielle, l’Alliance a-t-elle répondu à ses promesses électorales, dans les secteurs prioritaires de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’électricité, des routes, de l’emploi, du bien-être du Citoyen: habitat, transports, pouvoir d’achat ? Le prix du carburant, du riz, du manioc, du maïs, du Poisson chinchard, etc., a-t-il baissé par rapport au salaire des gagne-petit ? Qu’en est-il face aux exigences de la consolidation de la paix, de l’unité nationale, de l’identité plurielle des Citoyens et de la réconciliation entre générations, groupes socio­professionnels, politiques et ethniques? Qu’en est-il de l’éradication du fléau de la corruption par une action décisive contre l’impunité par la réhabilitation de l’appareil judiciaire ? A l’Est, Nkunda. A l’ouest, BDK. Quels états des lieux dresser ?

Dans la fonction publique, la vénalité des auspices s’est consolidée et le mercantilisme enraciné dans l’esprit des agents de l’Etat qui monnayent tout. Corruption, détournement, trafic d’influence, etc., sont des maux qui gangrènent le pays, et est fini par devenir un mal de société, plus ou moins toléré.

A Kinshasa, un avocat se dit « réaliste », déclare à son client: « si tu ne paies pas le magistrat, tu n’auras pas ton prononcé; si tu ne paies pas les services des Titres fonciers, tu peux oublier pour la vie ton certificat d’enregistrement ».
Dans les villes, apparaissent des phénomènes inconnus: « Pomba », « Kuluna », « Batu ya Makasi », « Zulu », « Angolais », « Newjack », « Pétroliers », « Mbeli Mbeli », « Armée Noire », « des Anglais », « Armée Rouge », « Bolafa », « Immortels », etc.

Faiblesse, voire absence de l’Etat, conduit à la clochardisation des agents et fonctionnaires, au délabrement des bâtiments publics, doublé de manque d’équipements des bureaux, au manque du minimum indispensable pour faire fonctionner l’administration de base à l’instar des registres d’état civil.

Ethique sociale, le constat fait frémir. Jour après jour, les valeurs morales, fondement d’une société où règnent solidarité, altruisme, respect des biens publics et privés, quête de l’excellence, sens de l’effort, etc., s’effacent pour laisser place à l’égoïsme, au moindre effort, à la dépravation des mœurs. Au plan économique, financier et monétaire: développement exponentiel de l’informel, disparition des grandes unités de production, industries manufacturières, industries de transformation, grandes plantations, etc.

Exigence de changement.

Si le regain de l’accroissement de l’industrie extractive, du commerce de gros et de petits détails est perceptible, il reste concentré dans les grands centres urbains à forte circulation des masses monétaires: Kinshasa, Lubumbashi, les villes minières de Katanga, Goma, Bukavu, Mbuji-Mayi, Tshikapa. Le Franc, qui a connu une relative stabilité, se replonge dans la déglingue. Toujours vendu sur la rue, au su et au vu de l’autorité, plutôt que de retourner dans le circuit bancaire.

Scandale de la plainte impliquant le Chef de l’Etat !

La plainte portée contre la République démocratique du Congo en la personne du Chef de l’Etat délibérément assigné dans cette affaire de conflit autour d’étiquettes de marque de bière querellées par deux concurrentes entreprises privées établies en Rdc est en passe d’exaspérer l’opinion. Le fait surprenant dans ce dossier est que l’on soit arrivé jusqu’à impliquer « la personne du Chef de l’Etat » dans le règlement en justice d’un conflit entre deux entreprises concurrentes se disputant une étiquette de marque industrielle.

Le député national Richard Muyej qui avait révélé le premier la scandaleuse affaire s’était  déjà étonné, ainsi qu’il l’avait déclaré, que : « dans une affaire tout à fait logique réglée par un ministère du gouvernement, une entreprise privée installée à Kinshasa, se soit permise de porter plainte contre l’Etat congolais, à travers le Chef de l’Etat, parce que, par une correspondance tout à fait régulière, un ministre a demandé au responsable de cette entreprise de se mettre en règle face à une attitude affichée et qui glissait vers une provocation dans le cadre simplement de concurrence entre entreprises installées au pays ».

Pour le député national, il y avait lieu d’épargner une mise en cause de la personne incarnant l’Etat dans cette affaire, à moins que cela dénote une attitude de déconsidération de la haute autorité de l’Etat comme dans le cas de la vexation entourant les propos du ministre belge des Affaires étrangères s’adressant au président de la République. Le ministre Karel De Gucht n’est apparemment pas un cas isolé dans la tendance à l’apostrophe des autorités congolaises même pour des remarques sur des questions du domaine privé.

Dans tous les cas, comme l’assignation à comparution donnée par l’instance judiciaire devant laquelle a été traduite l’affaire spécifie clairement l’autorité mise en cause, il va revenir à la même instance du tribunal de commerce de Kinshasa-Gombe s’entend, de statuer sur le dossier, au cours d’une audience publique fixée au 28 mai 2008. L’occasion sera alors donnée de fixer les esprits sur cette nouvelle affaire dans laquelle on veut éclabousser le Chef de l’Etat et laisser croire que tout ne marche pas par sa faute. C’est à croire qu’il va entrer dans les mœurs de tout partenaire congolais toute licence de libre invective même de l’autorité qui incarne l’Etat congolais. A peine croyable !

(Milor)

Le Soft International/MMC

Last edited: 21/05/2008 10:40:41

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