La population de Muhanga et de Bunyatenge, localités situées à 80 kilomètres au Sud de Butembo, en territoire de Lubero, au Nord-Kivu, ne sait plus à quel saint se vouer.

Elle est prise en otage d’un côté par les éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qui posent toujours des préalables pour rentrer au Rwanda, et de l’autre, par des Maï-Maï qu’elle doit nourrir en échange de sa sécurité. Cette population réclame le rétablissement de l’autorité de l’Etat absente, selon elle, dans cette partie de la province depuis de nombreuses années, rapporte radiookapi.net.
Les combattants hutu rwandais vivant à Muhanga et à Bunyatenge insistent notamment sur l’ouverture par le régime de Kigali d’un espace politique dans lequel ils pourraient s’exprimer. Christophe Rwanda, le chef des FDLR dans ce secteur, l’a répété vendredi dernier, devant une mission de sensibilisation de la section DDRRR de la Monuc, mission élargie à quelques députés provinciaux.
Cette mission est venue demander aux FDLR de rentrer volontairement dans leur pays et ce, conformément au communiqué de Nairobi signé entre le Rwanda et la RDC.
Mais seulement voilà. Pour survivre, les FDLR se rabattent sur les récoltes de champs de petits paysans de Muhanga et de Bunyatenge. Il en est de même des combattants congolais Maï-Maï du Pareco qui vivent dans ce secteur. Une situation embarrassante pour la population de ces deux localités, essentiellement agricoles.
A ce sujet, le père Giovani, prêtre catholique de nationalité italienne, résidant à Muhanga depuis plusieurs années, témoigne : « On souhaiterait que les autorités nous assurent au moins cette protection des champs. On donne de la nourriture aux Maï-Maï et aux FDLR. Plus que ça, ils entrent dans le champs».
Comme le père Giovani, la population de Muhanga et de Bunyatenge compte sur le rétablissement rapide de l’autorité de l’Etat dans son secteur pour qu’enfin, que puisse jouir de la récolte de ses champs. Champs considérés comme l’unique richesse qui permette d’élever les enfants et de les envoyer à l’école.
Le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC, Ross Mountain, a effectué le vendredi 16 mai dernier, une visite de travail à Goma. Objectif : conférer avec les différentes personnalités locales sur la situation humanitaire et sécuritaire au Nord-Kivu.
Le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies en RDC, Ross Mountain. a effectué, le vendredi 16 mai dernier, une visite de travail à Goma, renseigne radiookapi.net.
Interrogé au sujet de sa visite au chef-lieu de la province du Nord-Kivu, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu au Congo a indiqué que l’objet de son déplacement était de se rendre compte non seulement de la situation humanitaire des déplacés de cette partie du territoire national, mais aussi de discuter avec les responsables du Programme Amani sur les stratégies de stabilisation sécuritaire à l’Est du pays. Avant de déclarer : « Je viens discuter avec mes collègues des Nations unies et les autorités provinciales sur la situation humanitaire et des stratégies de sensibilisation en général dans l’Est, qui sont, liées avec l’appui au Programme Amani ».
Pour Ross Mountain, les questions alimentaires demeurent parmi ses priorités à Goma, où son organisme est préoccupé par la prise en charge des personnes déplacées, révèle notre source.
A noter qu’au cours de cette visite de travail, il a eu des entretiens avec plusieurs personnalités locales, dont les responsables de la Monuc, les autorités provinciales, les représentants des agences spécialisées des Nations unies et des ONG, ainsi que les responsables du Programme Amani.
En organisant ces rencontres, la préoccupation du représentant spécial adjoint de l’Onu au Congo-Kinshasa était de voir une paix durable se rétablir sur l’ensemble des provinces de l’Est de la République démocratique du Congo.
Ce qui permettra aux personnes déplacées de regagner leurs villages d’origine.
(Milor)Radiookapi/Le Potentiel
Last edited: 19/05/2008 15:18:21