M. Babi Mbayi, un des anciens proches de feu Laurent-Désiré Kabila, témoigne des mérites de la Révolution du 17 Mai qui libéra le Congo de la dictature néocoloniale de Mobutu, en déclarant que les acquis du changement politique intervenu dans le pays sont incontestables.

17 mai 1997 17mai 2008, cela fait exactement onze ans, jour pour jour, depuis que les troupes de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) faisaient leur entrée à Kinshasa, sous la direction de Laurent Désiré Kabila. Cette entrée de l’AFDL avait mis fin à trente deux ans de règne du feu maréchal Mobutu Sese Seko. La journée du samedi 17 mai 2008 est chômée et payée sur l’ensemble du pays qui compte 5 jours fériés légalement reconnus par année, une précision apportée vendredi par M. Bola, le Secrétaire général au ministère de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale.
La commémoration ce samedi du décisif changement politique intervenu au Congo avec la libération du 17 Mai sert d’occasion à M. Babi Mbayi, ancien ministre du Portefeuille, du Plan, de l’Energie et de l’Industrie sous Laurent Désiré Kabila, pour évoquer dans une déclaration à Radiookapi ce qu’il appelle les acquis du changement du 17 mai 1997.
« Quand Laurent Désiré Kabila est venu, a expliqué l’ancien ministre, il a maintenu quand même un minimum d’ordre et de sécurité qui n’existait plus….Deuxième chose, ce n’est pas seulement Laurent Désiré Kabila qui l’a fait, lui a donné l’impulsion, et aujourd’hui aussi ça continue, c’est effectivement la liberté d’expression. Aujourd’hui, il faut être honnête pour reconnaître qu’on peut parler d’une manière un peu plus libre à la télévision et dans les médias. Et certains trouvent même que c’est un peu exagéré. C’est là un acquis, et c’est toujours bien pour la démocratie ».
Poursuivant son énumération, Babi Mbayi ajoute la chose la plus importante, selon lui, que LDK a laissée, c’est l’esprit de l’auto-prise en charge et surtout les institutions pour lesquelles il est en train de regretter et pour lesquelles il fait prendre conscience en évoquant certains cas. « Le Service national, relève M. Bai Mbayi, qu’on nous explique pourquoi on l’a supprimé. Les gens qui ont visité le Service national nous disent que c’est une expérience extraordinaire. Les Réserves stratégiques, cela existe dans une forme plus ou moins dans une espèce de léthargie. Je ne parle pas des CPP qu’on peut bien expliquer dans un contexte de démocratie multipartiste… », conclut-il.
Maigre consolation

Onze ans déjà viennent de s’écouler depuis que l’AFDL, sous la férule de Laurent-Désiré Kabila, avait mis fin au long règne de Mobutu. Un pan entier de l’incarnation du caporalisme néocolonial tombait ce jour là. Avec la chute de la dictature Mobutu, l’ex-Zaïre était en droit d’espérer tourner la page noire de son histoire.
L’Afrique aussi misait sur cette libération pour voir le nouveau Congo jouer son rôle historique de gâchette du revolver africain. De fait, un vent de changement a caractérisé les premières heures du nouveau régime. La sécurité revenait. On pouvait à nouveau faire des emplettes au Grand marché sans être sur le qui vive. Les prix cessaient leur ascension infinie, tel un fusée.
Cette espèce de « printemps social » sera, hélas, de courte durée. Pour n’avoir pas soldé les comptes politiques de l’ancien régime, le pouvoir AFDL se retrouvera débordé par l’activisme de tous les cénacles politiques kinois. Au même moment, l’aile opportuniste du nouveau pouvoir sera vite récupérée par ses mentors rwandais et ougandais pour lancer une autre rébellion. Laurent-Désiré Kabila étant apparu comme ingérable. Revoici le Congo-Zaïre rattrapé par ses vieux démons. Exit l’espoir d’une renaissance. Surtout que le tombeur de Mobutu sera assassiné. Totalement affaibli, le pouvoir de Kinshasa se verra obligé de négocier avec tous ses adversaires.
Rebonjour les mobutistes. Nous voici dans un nouvel ordre politique dont n’aurait sans doute pas rêvé M’zée. Seule consolation outre tombe pour le vieux révolutionnaire, son fils Joseph est à la manœuvre avec le lumumbiste Gizenga. 11 ans après, les idéaux de M’zée ont beaucoup plié, sous le coup de boutoir des Kabilistes eux-mêmes, des mobutistes et surtout des puissances impérialistes… sans rompre totalement.
(Yes)MMC/Forum des As
Last edited: 17/05/2008 14:52:30