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La libération de la RDC du néocolonialisme et de la dictature n’a pas tardé de subir le choc de l’enjeu économique autour essentiellement de l’exploitation des richesses minières de la RDC qui était aussi le soubassement de l’ancien système de l’exploitation coloniale et néocoloniale. Le processus du démantèlement de la RDC, en proie à diverses rebellions, reste imminent. Les vraies raisons de multiples tentatives depuis le déclenchement de la guerre de l’AFDL en 1996, n’auront eu pour seule finalité que la mainmise sur les ressources naturelles de la RDC.

Aujourd’hui, comme hier, les faits qui ont motivé les troupes de l’AFDL au point d’engager la bataille de libération sont bien intacts. Qui pis est, ce qui était jusqu’alors caché s’est révélé au grand jour, portant sur la place public les vrais mobiles d’une guerre économique, dont le paravent politique n’était qu’une simple diversion pour dissimuler le plan de contrôle d’un pays aux immenses ressources du sol et du sous-sol.

Depuis, le Kivu, d’où est parti le mouvement de l’AFDL, se trouve dans un véritable trou noir dont il a du mal à sortir, malgré toutes les tentatives de pacification et de sécurisation de cette partie de la République démocratique du Congo.

Dénonciation de l’Onu

Le panel des experts des Nations Unies qui s’est penché sur les mobiles de la perpétuelle guerre de l’Est de la RDC n’a pas bronché sur ses conclusions. De l’avis de ses experts, les tensions récurrentes à l’Est de la RDC n’ont pour seule visée que le contrôle des ressources minières de la RDC. Et, sur ce point, l’échantillon des produits miniers exploités sur cette partie de la République est bien éloquent. Pour la plupart, ce sont des métaux rares, bien prisés dans le hi-Tech. Il s’agit du colombo-tantalite, du niobium, du Wolfram, de l’étain, etc.

Ainsi, un grand business s’est développé à l’Est de la RDC. Et, depuis la réunification du pays, il s’étend désormais sur l’ensemble du territoire national du fait du boom que l’on observe actuellement sur les marchés des métaux aussi bien lourds que légers. La grande embellie des matières premières a précipité la RDC dans le grand cercle international où se dessine la nouvelle géopolitique économique mondiale.

Aujourd’hui, il est bien prouvé que le pays qui a l’assurance d’un approvisionnement régulier en matières premières est celui qui sera le plus apte dans les jours à venir à supporter à l’échelle interne le poids de sa croissance et aussi au niveau externe à faire face à la récession.

Ce n’est donc pas par sa grande superficie, et encore moins par le fait d’une quelconque compassion internationale que le monde entier s’intéresse à la RDC. C’est plus, pensent des observateurs avertis, par le fait que ce grand pays au cœur de l’Afrique, qui abrite à lui seul près de 47% des forêts de l’Afrique, 10% des réserves mondiales de cuivre, plus de 34% des réserves mondiales de cobalt, à un potentiel énergétique impressionnant sur le site d’Inga, etc.

Théâtre d’une saga minière

Aussi, de tout temps même aux temps forts de la deuxième République, la RDC n’a été que le théâtre d’une véritable saga minière. Depuis la signature du traité créant l’Etat indépendant du Congo et consacrant une zone franche pour toutes les grandes puissances du monde, la RDC devra souffrir malgré elle de ses immenses ressources naturelles.

Aujourd’hui, des faits avérés attestent que la base idéologique du mouvement de l’AFDL a été le contrôle de puissantes multinationales des ressources minières de la RDC. Ce n’est pas pour rien qu’en 1998 lorsque Kinshasa décida de remettre en cause certains contrats signés pendant l’avancée des troupes de l’AFDL, soit déclaré une deuxième guerre de libération depuis Goma. Tentative qui plongera désormais le Congo dans une nébuleuse dont elle peine jusqu’aujourd’hui à sortir.

Onze ans après l’entrée à Kinshasa des troupes de l’AFDL, la RDC a inauguré depuis le 6 décembre 2006 une troisième République que l’on voudrait bâtir sur des fondements de la bonne gouvernance, des droits de l’homme et de la démocratie. Mais, plus que tout autre, la RDC doit actuellement lutter au regard de ses ressources pour sa survie en tant qu’Etat indépendant et souverain suivant ses frontières héritées de la colonisation. Tout se passe comme si le pays était victime de ses richesses. Et, il l’est réellement.

Mais, c’est à l’élite congolaise de se mobiliser pour barrer la route à ceux qui tiennent à son démembrement pour mieux exploiter ses ressources naturelles. Le scénario le plus plausible est celui du démantèlement par la création de petits espaces, dressés suivant la concentration des ressources du sol ou du sous-sol. C’est, pense-t-on, au Congolais de s’éveiller en ne ménageant aucun effort pour se défendre face à la grande machine internationale qui a juré de le démembrer.

Depuis la guerre menée par des troupes de l’AFDL, la RDC fait les frais de ses richesses minières. Pourvu que le Congolais en ait la pleine conscience.

(Ern.)

Faustin K./Le Potentiel

Last edited: 17/05/2008 13:51:03

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