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Bonjour | 03/12/2008 23:42 | English Make DC Home page | RSS feed

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Souvenir du mémorable événement de l’entrée des troupes de l’AFDL à Kinshasa le 17 mai 1997, après la fuite de Mobutu et de ses hommes, étape décisive qui a sonné la victoire des nationalistes congolais conduits par Laurent-Désiré Kabila et la chute du système ancien incarné par les mobutistes. Le 17 mai 1997, comme dans une promenade de santé, les rebelles de l’Alliance des forces démocra­tiques pour la libération du Congo (AFDL), menés par Laurent-Désiré Kabila, prennent Kinshasa, la capitale du Zaïre. Le Maréchal Mobutu ayant aban­donné le pouvoir, Kabila, « constatant le vide », s’autoproclame, à partir de Lubumbashi, président de la République. Ainsi sonna le glas pour la IIème République.

A partir de la chute de Ki­sangani au mois de mars 1997, les jours de Mobutu étaient comptés. La situa­tion sur le terrain ne joue plus en sa faveur. Des vil­les continuent à tomber, aussi facilement, les unes après les autres. Et les for­ces de l’Alliance des for­ces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), bras armé rwandais du Front patriotique rwandais (FPR) et de l’Ouganda, emmenés par Laurent-Désiré Kabila, avancent résolument sur tous les fronts.

Avancée spectaculaire de L’Afdl

Elles sont désormais dans la province de Bandundu en direction de Kinshasa. Lubumbashi, après avoir courageusement résisté grâce aux éléments de la DSP, est tom­bée également. Kinshasa était désormais à la portée de main des rebelles.

Devant cette avan­cée irrésistible des troupes de l’AFDL, les actions di­plomatiques se multiplient pour tenter une rencontre entre Mobutu et Kabila. La France et la Belgique s’en mêlent discrètement. L’Onu encourage ce genre d’initiatives brandies comme des tentatives pour éviter une catastrophe humanitaire. Mais en réalité, tout le monde était conscient que les Forces ar­mées zaïroises (Faz) ne résisteraient plus à la force de frappe de l’AFDL.

Mais Mobutu est in­flexible. Il refuse le dialo­gue, convaincu qu’il ne sera pas vaincu, même diminué physiquement. Et lorsque Tshisekedi, son virulent op­posant naturel, se présente à Cap Saint Martin dans sa villa de Nice, sous prétexte de le réconforter dans sa maladie, très ingénieux, Mobutu ne rate pas l’occa­sion. Une fois Tshisekedi à Kinshasa, Mobutu le nomme premier ministre, le 2 avril 1997. Malheureuse­ment, les choses se com­pliquent. Tshisekedi, ayant refusé de faire la remise et reprise avec Kengo wa Dondo, se verra barré l’accès de la Primature.

C’est sur ces entre­faites que le Maréchal du Zaïre puise dans ses der­nières réserves pour nom­mer un autre Premier ministre, en la personne du général Likulia Bolongo.

Hélas, comme pour remonter le moral à ses troupes, Mobutu quitte sa villa de Cap Saint Martin sur la côte d’Azur pour venir à Kinshasa via Pointe Noire où il devrait rencon­trer Kabila sur Outenika. Rencontre échouée suite à l’absence de Kabila qui a refusé de faire le déplace­ment. Mais l’homme qui débarque à l’aéroport de N’Djili est affaibli et amai­gri.

Il fournit des ultimes efforts. Au Camp Tshatshi, en sa résidence, il affirme qu’il demeure au pouvoir et se prépare pour les élec­tions. C’est alors qu’il lâ­che cette phrase qui va demeurer célèbre comme pour résumer tous les déboires des Faz : «  J’ai été poignardé dans le dos ». Par qui ?

La fuite et la chute de Mo­butu

En effet, le 16 mai 1997, les officiers généraux des FAZ conseillent à Mo­butu de quitter Kinshasa pour autant qu’ « ils n’étaient plus en mesure d’assurer sa sécurité », Très tôt matin, le couple présidentiel est à l’aéroport de N’Djili, où il s’embar­que précipitamment à des­tination de Gbadolite. Selon des témoignages, il a été conseillé au pilote de dé­coller en sens inverse pour éviter d’être atteint par des tirs des éléments de l’AFDL qui seraient déjà à la hauteur de N’sele. L’avion présidentiel dé­colle pour Gbadolite où Mobutu n’a le temps que de prendre juste ses affai­res pour quitter en catas­trophe cette ville.

Les moments sont très durs pour lui, car très fatigué par la maladie. Quand il apprend que Kinshasa est tombée, le Maréchal ne résiste plus. Il est embarqué à bord d’un cargo. Quelques éléments de la DSP désemparés, réalisant que les choses avaient changé, auraient tenté de tirer en direction de l’avion dans lequel Mo­butu avait été embarqué, avant de s’adonner au pillage de la résidence du Maréchal. Le couple pré­sidentiel sera accueilli peu après à Lomé avant de se rendre au Maroc. Entre-­temps, à Kinshasa, cette nuit-là, le chef d’Etat ma­jor des FAZ, le général Mahele, avait été assassiné.

Après la prise de Kinshasa, à l’aube du 17 mai, l’AFDL rendit public un message solennel inti­tulé « Déclaration de Prise de Pouvoir », depuis son siège temporaire de Lubumbashi. Etant donné le vide laissé au sommet de l’Etat par la fuite de Mobutu et la déroute de son armée, le « Grand Conseil de l’AFDL » déclarait qu’il « avait pris le pouvoir sous la direction de son président, Laurent Désiré Kabila ».

Cette déclaration eut force de constitution jusqu’au 28 mai, date de la proclamation d’un décret ­loi constitutionnel.

Elle marqua la fin de la IIème République de Mobutu et le début d’une ère nouvelle dans l’histoire du Congo.

(Milor)

Rich Ngapi/Le Potentiel

Last edited: 17/05/2008 13:45:56

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