De gros gabarits ayant manqué au rendez-vous lors de la dernière restructuration sont annoncés.

Dès le premier jour de l’actuelle session parlementaire à l’Assemblée nationale, une bombe avait été larguée. Lâchée par le député MLC Delly Sessanga, l’interpellation visant le Premier ministre Gizenga, avec à la clé une motion de censure contre le Gouvernement, avait vite fait de susciter la levée des boucliers dans plusieurs états-majors politiques. Et particulièrement, au sein du PALU, le parti du patriarche Antoine Gizenga Fundji. Depuis le départ annoncé du locataire de la Primature ne serait plus à l’ordre du jour. A la place, c’est un remaniement ministériel qui pointerait à l’horizon.
L’Alliance de la majorité présidentielle (AMP), famille politique chère au Président Joseph Kabila, s’est retrouvée à la croisée des chemins sur la question relative du départ du Premier ministre Antoine Gizenga Fundji. Dès la rentrée parlementaire de la présente session à l’Assemblée nationale, l’opposant Delly Sessanga annonçait les couleurs en sollicitant l’interpellation du patriarche de Gungu. Du coup, la classe politique sentait pointer à l’horizon la chute du Gouvernement. Mise au parfum, l’opposition refusa d’exécuter la « sale besogne » préférant laisser l’AMP en découdre avec son allié le PALU, parti du Premier ministre Gizenga.
Blessé dans son amour propre, le PALU largua le branle-bas de combat pour décrier la trahison et le risque de violation du pacte conclu entre les deux tours de la présidentielle. Certains ont même été jusqu’à brandir même la fracture Ouest - Est au cas où l’AMP déciderait de franchir le rubicon. Menace pour menace, la confrontation a été évitée de justesse. Plus question de départ de Gizenga, pour éviter de renforcer le camp de l’Opposition en prévision de prochaines élections
Remaniement en vue avec l’entrée de gros gabarits
Le départ du Premier ministre Antoine Gizenga n’étant plus à l’ordre du jour, des tractations au sein de l’AMP et alliés, place désormais à un remaniement ministériel. Annoncé pour ce mois de juin, le prochain remaniement pourrait pallier le goût d’inachevé constaté lors de la dernière restructuration du Gouvernement central. De Gizenga II, symbolisant la composition de l’Exécutif national actuel, on tendrait déjà vers Gizenga III, une manière, indique-ton, de se racheter. De gros gabarits de l’AMP qui se réchauffaient déjà dans les vestiaires avaient manqué au rendez-vous parce que réservés pour le mois d’avril en prévision du départ du Premier ministre, il semble que l’heure aurait sonné pour que ces personnalités fassent leur entrée au Gouvernement comme des « jockers » de Joseph Kabila pour amorcer le décollage de cinq chantiers et baliser la voie en prévision de prochaines échéances électorales fixées en 2011.
Il serait hasardeux, au stade actuel, de citer des noms. Car, l’on serait tenté de se rabattre sur les personnalités abondamment citées lors de la dernière restructuration, mais qui, au bout du compte se retrouvaient sur le banc de nombreux réservistes de l’équipe AMP et alliés. Seul le coach peut décider de joueurs devant remplacer ceux dont le rendement n’est pas jugé satisfaisant sur le terrain en fonction de l’objectif assigné à l’équipe. Mais, quoiqu’il en soit, visant l’issue du match, le coach se retrouve dans l’obligation de faire monter des joueurs plus frais et capables de faire la décision du match. Le remaniement ministériel est bien réel et ce n’est pas par hasard que le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, vilipendé pour attitude jugée « peu diplomatique », avait exprimé sa préoccupation sur le remaniement du Gouvernement Congolais.
Comme d’habitude, beaucoup sont candidats, mais peu seront retenus. S’il y a un objectif qui met presque toute la classe politique congolaise d’accord, c’est bien le partage des postes surtout au sein du Gouvernement. Du coup, ceux qui semblent avoir des assurances commencent à développer la langue de bois, tandis que d’autres tentent de crier plus fort pour faire entendre leur voix. Les candidats ministres, dans le camp de l’AMP et alliés, se recrutent dans tous les compartiments au risque de croire que tout le monde serait candidat. Mais, aucun Gouvernement ne pouvant contenir autant de monde, le tri s’impose. Très peu de candidats seront retenus là où beaucoup sont preneurs. Sans compter que ceux qui ont déjà goûté aux délices du pouvoir n’entendent pas lâcher le gâteau de sitôt. A la guerre comme à la guerre.
Joseph Kabila, principal coach de l’équipe fait désormais face au difficile choix en fonction du système tactique jugé nécessaire pour remporter la partie. Certainement que, comme à chaque remaniement du Gouvernement, la fête et le deuil seront au rendez-vous pour départager les heureux promus et les malheureux candidats. Encore qu’au sein du futur Gouvernement. les fonctions de ministres d’Etat sont appelées à céder la place à celles de vice-premiers ministres comme au bon vieux temps. De quoi accélérer le pools des éternels candidats et des amoureux de hautes fonctions.
(Milor)Marcellin Manduakila/Forum des As
Last edited: 17/05/2008 14:48:26