M. Christophe Ngwey, actuel ambassadeur de la RDC en République de Corée dont il a scruté avec fascination les spécificités culturelles et les réalités asiatiques, interpelle le peuple congolais pour un sursaut de conscience à s’inscrire dans un décisif élan du développement.

Dans une réflexion intitulée :« Animation et développement pour reconstruire la RD Congo », M. Christophe Ngwey, actuel ambassadeur de la République démocratique du Congo en Corée, interpelle la conscience de la population congolaise et celle des dirigeants africains. Se basant sur les réalités asiatiques, l’initiateur du Cercle des Amis de la Culture de l’Excellence (CACE), appelle l’auto prise en charge des Congolais, eu égard à la mondialisation.
Face aux divers maux qui bloquent l’élan de développement et les défis majeurs de la reconstruction de la RD Congo, le diplomate congolais, loin d’une prétention en vue d’apporter des solutions, a émis une réflexion pointue au profit d’un éveil de conscience de la population congolaise. Celle-ci étant au centre du développement de son pays, doit s’ « auto prendre en charge » pour taire les maux dont souffre la RD Congo, a-t-il indiqué. A ce propos, sur bases des réalités asiatiques, prenant l’exemple de la Corée et du Japon, il fustige l’état d’âme, l’état d’esprit et la prise de conscience nationale soubassement du développement. Pourtant, ces pays de l’Extrême-Orient ont, depuis les années soixante, fait des avancées significatives, en relevant le défi de rattraper et de battre l’Occident. Au constats faits à propos des richesses que possède la RD Congo, les deux pays sus évoqués, présentent plutôt un sous-sol ingrat, des conditions climatiques dures (Un hiver long et aride) et dans certains cas, comme la Corée, à 70% montagneux.
De ce qui précède, la RD Congo pourrait vivre mieux avec à la clé une population animée par un esprit laborieux et créatif. Et pourtant, le Congolais vit dans une précarité constante, depuis plusieurs années. Selon l’Ambassadeur Ngwey, la problématique de la Nation congolaise remonte à l’époque de l’Indépendance du Congo, en 1960. En ce temps, les représentants du peuple avaient tout simplement opéré une transposition de l’autorité coloniale comme référence sans en saisir les objectifs ni les racines profondes dont l’apprentissage leur avait été réfuté tout au long de la colonisation. Le transfert de pouvoir des mains du colon belge à l’ancien subalterne noir a créé en réalité un déséquilibre interne profond. Le Congolais a, ainsi, vécu l’indépendance animée toujours d’une conscience de coloniser, à savoir: un self estime et une connaissance de soi modelées sur le colonisateur, une transposition de l’autorité coloniale.
D’ou, le pouvoir comme moyen d’affluence matérielle et source du clivage entre les dominants et les dominés, abus de la position et de l’autorité. Aussi faut-il ajouter le manque de vraie initiative de développement et l’accent mis sur le maintien du statu quo, maintien de l’ordre, perpétuant en fait le maintien de la suprématie blanche sur l’homme noir. S’inspirant des Ecritures de la Bible, dans le livre d’Osée 4 :6, le diplomate congolais dit: « Mon peuple (le peuple congolais) meurt par manque de connaissance ». Ainsi, la RD Congo meurt, à petit feu, par manque de connaissance, celui de son identité, de son histoire, de son avenir, de ses vrais intérêts, de ses vrais modèles patriotiques pouvant guider ses souvenirs. Le Congolais, de l’époque actuelle, ne connaît pas assez l’idéal et la vie de Patrice E. Lumumba.
Défis à relever
En réalité, la RD Congo, à l’instar d’autres nations telles que la Corée et le Japon, devrait valoriser l’histoire nationale. Cela, comme un cordon ombilical d’où se dégage la lignée de hors nationaux et de toute la fierté nationale légendaire. A cet effet, il faudrait que le Congolais soit animé d’une vision superbe d’avenir, doublée d’une valorisation culturelle des nationaux.
Pour ainsi atteindre l’élan de la fierté nationale et humaine, le Congolais doit être de ses racines et opposé à tout ce qui va à l’encontre de sa culture et de ses lois sociales. C’est sous cette flamme qu’il pourra garder l’unité nationale solide malgré les différentes pénétrations occidentales sur différents aspects. Une unité nationale nullement politique. Plutôt culturelle, sociale et entretenue par l’enseignement de la maternelle à l’université.
Dans le concept de la mondialisation, la RD Congo est appelée à s’adapter aux technologies nouvelles, sans pour autant déstabiliser son identité nationale spécifique. Pour ce faire, il doit défier les exploits accomplis hors de ses frontières. Aussi doit-il inclure dans son programme d’enseignement, une éducation centrée sur le patriotisme, la culture et l’économie. Ceci, afin de favoriser la fierté nationale, familiale et individuelle. Car, l’éducation est la cocotte de déprogrammation des anti-valeurs occidentales par excellence, précise M. Christophe Ngwey.
Il renchérit pour dire qu’elle est le cordon culturel cultivant l’obéissance et le respect des biens et l’ordre public. Dès lors, le Congolais doit s’imprégner l’esprit d’entreprise de l’autosuffisance alimentaire et l’importance de la terre, Pour ce faire, il faut savoir investir et réinvestir dans son pays par la création des PME, lesquels constituent le fondement des grands groupes industriels de renommée mondiale. Aussi faut-il ajouter l’épargne en vue de constituer des capitaux pour un développement effectif et les religions en vue de créer un système social unifié et de promouvoir la connaissance du « soi » (interne et non expansionniste comme le christianisme). L’art constitue aussi une vertu essentielle en ce sens qu’il va de pair avec l’éducation.
Concluant sa réflexion, l’ambassadeur Christophe Ngwey soutient que le développement est avant tout un problème d’hommes. La condition sine qua non pour programmer la conscience du Congolais, de cette formation désastreuse déposée en lui par la colonisation, repose sur sa conscience et la reconnaissance de ses valeurs. Ainsi, si la RD Congo devrait se référer aux réalités asiatiques à l’ère Meiji au Japon et au mouvement « Sae Mauel Undong » en Corée, elle est invitée à créer un sursaut de conscience, un réveil conscient qui servira de rampe de lancement du développement. D’où, l’importance du Service National ainsi que les comités de pouvoir populaire (CPP). Une ignition au profit de la redynamisation et de la tonification de la jeunesse en vue de cultiver un patriotisme pleinement assume.
(Milor)Bob Ambongo/Uhuru
Last edited: 15/05/2008 17:08:03