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Bonjour | 27/07/2008 3:18 | English Make DC Home page | RSS feed

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La relecture des contrats chinois vient d’avoir lieu. La gestion du dossier lié à la neutralisation des forces négatives, principalement les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), n’échappera certainement pas à cet exercice. Tout simplement parce qu’il s’agit des « dossiers brûlants » qui ont un im­pact considérable sur la souveraineté nationale, le pro­cessus de réconciliation et de la relance du dévelop­pement national. Après la dernière rencontre de Dar-es-Salaam entre les présidents Joseph Kabila et Yoweri Museveni, la neutralisation des FDLR, pour une paix durable à l’Est du pays, est plus que jamais d’ac­tualité et d’une importance capitale. Où en est-on ?

Selon les prévisions, une rencontre doit avoir lieu ce week-end à Kisangani pour faire un état des lieux du processus de désar­mement et de rapatriement des forces négatives en République démocratique du Congo. Parti­culièrement, les Forces démocra­tiques pour la libération du Rwanda. FDLR. Cela, confor­mément à l’Accord de Nairobi, au Plan de désengagement fourni par la RDC, à l’Acte d’en­gagement de la Conférence de Goma. Et bien sûr, selon l’esprit et la lettre de différentes résolu­tions du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment les résolutions 1704 et 1804, exigeant le désarmement inconditionnel des FDLR et leur rapatriement dans leur pays d’origine.

La question est d’une ac­tualité brûlante pour autant qu’elle tient aux exigences de l’évolution du processus politique en République démocratique du Congo. Au-delà du programme de reconstruction nationale, voire même du développement natio­nal. Si la réunion projetée de Ki­sangani a lieu, elle consistera à fixer l’opinion tant nationale qu’internationale sur des efforts accomplis et à accomplir pour que, dans les meilleurs délais, « la menace constituée par les rebelles hutu rwandais » soit éliminée.

La rencontre de Kisan­gani sera également une occa­sion propice d’apprécier la ges­tion de ce dossier aux contours complexes tant sur le plan interne qu’externe. Car, il est temps que le « Dossier FDLR » cesse à jamais d’être un « fonds de commerces » » pour les uns et les autres. Et ce, au risque d’hypo­théquer la souveraineté nationale et d’ouvrir des brèches au complot de balkanisation de la Répu­blique démocratique du Congo.

La responsabilité de l’Etat congolais

Avant de s’attarder sur d’autres considérations, force est de dégager avant tout la respon­sabilité de l’Etat congolais sur la gestion de ce dossier. En effet, il revient à la RDC de peser de tout son poids pour accélérer les op­tions qui doivent être levées, et au besoin, imaginer toutes les stratégies, tant diplomatiques que militaire, pour en finir, une fois pour toutes, avec ce dossier.

C’est ainsi qu’en novembre 2007, à Nairobi, Kinshasa s’était engagé à élaborer un plan détaillé pour éliminer cette « menace ». Un plan adopté et approuvé par la partie rwandaise.

Ce plan contient à la fois un volet diplomatique et un volet militaire, sans oublier le côté so­cial. En ce qui concerne le deuxième volet, 1’aide interna­tionale a été sollicitée. C’est ainsi que le Conseil de sécurité, par ses résolutions 1704 et 1804, in­vitait les Interahamwe à désarmer sans condition et à se ras­sembler à l’ endroit en attendant leur rapatriement. De même que le Conseil de sécurité invitait la Monuc à « utiliser tous les moyens nécessaires pour désarmer les groupes armés ».
 
Cependant, au plan interne, il se pose la question de savoir comment ce « plan » est géré. Y a-t-il cohésion dans les actions diplomatiques et militaires pour que les membres du gouverne­ment congolais parlent le même langage ? Quels sont les atouts dont dispose la RDC pour « éliminer la menace » au cas où la Communauté internationale tergiversait?

Ces interrogations exigent l’implication de toutes les ins­titutions nationales. Que le « Dos­sier FDLR » cesse d’être un « dossier particulier » au risque de soulever encore des débats passionnés à l’image du dos­sier des contrats chinois. Qu’il soit examiné en toute lucidité et responsabilité comme une affaire nationale. Effectivement, elle  l’est pour autant que tout le pays en pâtit. Et même la concrétisa­tion de cet ambitieux programme découlant de l’accord avec la Chine ne serait qu’une illusion si cette menace persistait. Par conséquent, à la veille de la rencon­tre de Kisangani, le gouverne­ment et autres institutions nationales devraient tirer les consé­quences utiles des rencontres précédentes entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de la Tripartite plus, ainsi que de la « dernière guerre de Kivu ». Pourquoi ce succès mitigé des FARDC devant les éléments du CNDP, Maï Maï et autres groupes armés ?

Parallèlement, au plan di­plomatique, s’inspirer de rencon­tres de Ngurdoto et Dar-es-­Salaam, en Tanzanie, entre les présidents Kabila et Museveni. S’il est aujourd’hui question de la réouverture des ambassades entre les deux pays, à savoir la RDC et l’Ouganda, c’est qu’il y a un rétablissement progressif de la confiance mutuelle pour gérer également la question « des mi­lices congolaises et des rebel­les ougandais ». L’approche adoptée sur ce plan, promet jus­qu’à preuve du contraire.

Le Rwanda et la communauté internationale

Evidemment, la question est celle de savoir si le Rwanda fait montre de mêmes disposi­tions que l’Ouganda. À première vue, la réponse est négative.

Les signaux envoyés par le Rwanda ne vont pas dans le sens d’accé­lérer le retour des Interahamwe au Rwanda. Tout comme les mê­mes Interahamwe donnent 1’im­pression de mieux apprécier la subtilité de Kigali.

Pour preuve,  le gouverne­ment rwandais a adressé une liste de six mille « génocidaires » qui seraient en République démocratique du Congo. A en croire les statisti­ques, c’est quasiment le même nombre des FDLR. Tous seraient-ils génocidaires ? Kigali refuse ici, de façon subtile, le re­tour des rebelles rwandais dans leur pays d’origine.

Adoptant carrément la même attitude, les rebelles rwan­dais posent des conditions pour rentrer chez eux. Ils exigent un  dialogue inter-rwandais, sachant pertinemment bien que le pouvoir en place à Kigali n’en veut pas. C’est donc l’impasse. Qui coûte trop cher à la RDC. Impasse im­plicitement reconnue par le ministre belge des Affaires étran­gères, Karel De Gucht, qui re­connaît que Kigali ne « fait pas assez pour louer un rôle positif ».

Le drame dans ce dossier réside dans sa complexité décou­lant d’un complot international contre la République démocrati­que du Congo. Certes, le Conseil de sécurité demande aux Interahamwe de déposer les ar­mes sans condition ; les Etats-Unis viennent de relancer le pro­gramme visant l’arrestation des génocidaires avec une prime de 5 millions de dollars US. Malheu­reusement,  le Conseil de sécu­rité n’a jamais requalifié le mandat de la Monuc, l’Union euro­péenne n’a jamais non plus renforcé la capacité militaire des FARDC et enfin, que vaut une prime de 5 millions de dollars devant une liste de six mille génocidaires remise par Kigali ? Tout est flou. Un flou caracté­risé par des manœuvres dilatoires.

Au demeurant, la rencon­tre de Kisangani devrait marquer officiellement la fin de la « période de  sensibilisation »  pour que les Interahamwe déposent les armes et regagnent leur pays. Le mérite de cette rencontre con­sisterait à lever des options dis­suasives et irréversibles, tant sur le plan diplomatique que militaire, assorties de sanctions économi­ques. Il revient à Kinshasa de déposer sur la table des proposi­tions concrètes et réalistes allant dans ce sens absolument.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 15/05/2008 17:42:53

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