Le problème est essentiellement technique et cela relève de la compétence des opérateurs. Ce n’est donc pas ma responsabilité même si, à mon niveau, c’est vrai, je suis prêt – après étude du dossier- à appuyer toute demande sur le plan administratif pour faire bouger les choses auprès de la direction de la chaîne.

La Radio Télévision Nationale Congolaise ( RTNC) était jadis un symbole de la grandeur de la RDC et les Congolais l’appelaient fièrement « le grand tam- tam d’Afrique », mais la RTNC présente depuis quelques années une image de dégradation correspondant à celle du pays. À l’heure du village global où la plupart de télés africaines sont captées en Europe via des bouquets satellites, la RTNC est inexistante. Un de ses éléments installés depuis dix ans en Europe, qui le ravitaille en émissions et reportages réalisés en Europe, se bat pour combler cette absence. Entretien avec ce confrère qui ne fait pas toujours l’unanimité.
AFRIQU’ECHOS MAGAZINE (AEM) : Voici plus d’une année que les téléspectateurs de la RTNC d’Europe ne peuvent plus capter cette chaîne via satellite…
JEAN-PIERRE ONEMA (JPO) : Le problème est essentiellement technique et cela relève de la compétence des opérateurs. Ce n’est donc pas ma responsabilité même si, à mon niveau, c’est vrai, je suis prêt – après étude du dossier- à appuyer toute demande sur le plan administratif pour faire bouger les choses auprès de la direction de la chaîne. Sinon, la RTNC est toujours sur satellite mais seulement exploitée par certains gros opérateurs très peu connus ce qui fait que ce signal n’est pas disponible pour le grand public.
AEM : Il semble pourtant qu’un opérateur en France s’est engagé…
JPO : Effectivement. Il s’agit de la maison Mayitech de Savigny - Sur- Orge qui a obtenu une autorisation provisoire il y a de cela plusieurs mois. Mais, jusqu’ici, rien de concret n’a été fait.
AEM : Que fait alors la direction de la RTNC ?
JPO : C’est justement l’une des raisons pour lesquelles je me suis rendu au mois de mars à Kinshasa où je suis allé présenter à l’ADG Kipolongo Mukambilwa mon rapport sur les cinq dernières années de mes activités en ma qualité de représentant de la RTNC en Europe. J’ai donc évoqué notamment le contrat qu’avait signé la RTNC avec une personne en Allemagne et qui n’a pas tenu ses engagements et qui a entraîné l’interruption du signal satellite. Je signale qu’à l’heure actuelle, l’ambassade de la RDC au Pays-Bas est, elle aussi, autorisée à utiliser le signal sur un bouquet satellitaire sur place.
AEM : D’aucuns pensent et disent plutôt que c’est toi qui constitues le principal obstacle
JPO : Beaucoup de gens ne sont pas sérieux, c’est donc normal que je me méfie de certains. Cela dit, je suis de très près l’évolution de la situation pour ceux qui ont obtenu les autorisations. On va voir comment ils vont s’organiser afin que ce signal soit de nouveau disponible. Par respect pour les nombreux abonnés qui ont acquis un décodeur, mais aussi pour l’image de la chaîne nationale congolaise. S’ils ne veulent pas accélérer les choses, et bien, je vais faire intervenir le gouvernement qui, du reste, paie les opérateurs.
AEM : Quel délai accorderais-tu à ces opérateurs ?
JPO : Un mois …
AEM : Quelles sont les relations que tu entretiens avec les anciens de la RTNC présents en Europe ? Certains t’accusent de leur dresser des obstacles
JPO : Faux, je suis plutôt ouvert. Il y a par exemple Ilunga Muana Bute qui participe à mes émissions en direct de Paris, Foshino Tumba m’envoie des reportages depuis Bruxelles. Sans toutefois oublier Yalolo Shuami qui est d’ailleurs l’assistant réalisateur de l’émission, ainsi que Serge Kassanda. Je reste ouvert à toute proposition.
AEM : En dehors de ta fonction de représentant de la RTNC, tu es par ailleurs attaché de presse à la mission permanente de la RDC aux Nations-Unies, c’est facile de concilier les deux casquettes ?
JPO : C’est difficile, mais je m’arrange toujours pour concilier les deux et je ne peux pas me plaindre sur ce point. C’est aussi moi qui accompagne et qui couvre les activités de l’ambassadeur de la RDC.
AEM : Un ambassadeur plutôt inexistant aux yeux des Congolais,…Il serait, disent-ils, peu préoccupé par leurs problèmes, leurs besoins
JPO : Ça, c’est un autre problème, même si je dois reconnaître qu’effectivement beaucoup de gens le pensent, je ne peux malheureusement me prononcer là-dessus. Ce qui est vrai, c’est qu’il remplit pleinement sa mission en tant que représentant du chef de l’État et du gouvernement congolais auprès de la Confédération et auprès des Nations Unies. Pour ceux qui ne le savent pas, je tiens, d’autre part, à signaler en passant qu’il est le doyen des ambassadeurs africains accrédités à l’ONU.
À partir du mois d’août il est d’ailleurs prévu la diffusion régulière d’un point de presse que l’ambassadeur tiendra, mais également des interventions sur des chaînes de télévision locales comme Le Léman Bleu et des duplex depuis le Palais des Nations à Genève avec la RTNC.
AEM : Un mot sur tes retrouvailles, 10 ans après, avec d’anciens collègues à Kinshasa… et ton état de lieux sur la maison mère
JPO : C’était un réel plaisir de rencontrer mes anciens collègues comme Dieudonné, Yangumba, Kabulo Mwana Kabulo qui souhaite venir couvrir l’Euro 2008 qui va se dérouler en Suisse et en Autriche et que je te recommande d’ailleurs.
J’ai évidemment effectué une visite guidée dans les installations de la RTNC, notamment au département des archives où j’ai été choqué de voir de vieilles bandes qu’on ne peut plus lire, et qui sont irrécupérables, faute de machines, celles-ci étant démodées et désormais introuvables sur le marché. Des UNIMATEC que l’on peut en revanche trouver ici Europe, dans des caves de certaines stations.
Il y a d’autre part un problème de climatisation dans ces installations. On attend un geste de part du Chef de l’État pour résoudre ce problème. C’est d’ailleurs grâce à lui que la RTNC s’est dotée d’un car de reportage et a retapé le studio Mama Angebi.
Pour ce qui concerne l’Informatique, des partenaires venus d’Europe ou basés ici apportent du matériel alors que l’ADG a signé des engagements avec des formateurs. Il s’est d’ailleurs rendu dernièrement au Maroc pour ça. Certaines représentations diplomatiques accréditées à Kinshasa proposent également leur collaboration.
AEM : Comment l’émission « Échos d’Europe » est-elle reçue à Kinshasa ?
JPO : « Échos d’Europe » est plutôt très suivie et appréciée pour la diversité de son contenu. Les téléspectateurs réclament encore aujourd’hui la reprise de la rubrique « Revue de presse » qui a eu un énorme impact, entre autres, lors des grands événements comme la mort du Pape Jean-Paul II et l’intronisation du Pape Benoît XVI, le décès du cardinal Etsou, la Coupe du monde 2006 etc. Je profite d’ailleurs de cette occasion pour annoncer la reprise prochaine de cette tranche dont la conception et la réalisation, il faut le dire, nécessitent de moyens pour lesquels j’en appelle au soutien de sponsors et de toutes autres personnes de bonne volonté....
AEM : Qu’est- ce que tu peux ajouter en guise de conclusion ?
JPO : Je tiens, encore une fois, à te remercier pour l’interview. Je voudrais aussi remercier sincèrement l’’ADG de la RTNC qui m’a invité au pays, et qui a pris en charge mon séjour de 5 jours (après 10 ans), tous les ministres du gouvernement actuel et précédent pour lesquels j’ai réalisé des reportages lors de leur séjour en Suisse. Entre autres Mme Kalala, l’’ancienne ministre des Droits humains, l’actuelle ministre de la santé, Mme Colette Tshomba, la vice-ministre des Congolais de l’’étranger, Mme Jaynet Kabila, la Présidente de la Fondation Mzee Laurent Désiré Kabila qui m’’a reçu et qui m’’a fait visiter l’œuvre de cette institution. Je n’oublie pas, non plus, les responsables de Digitalcongo qui m’ont rendu visite à mon hôtel et qui m’ont adressé une invitation à laquelle je n’ai malheureusement pas pu répondre. Merci aussi pour le reportage photo, réalisé par AEM Kinshasa qui réalise un travail formidable et sur lequel nous reviendrons prochainement.
Jossart Muanza/AEM
Last edited: 16/05/2008 17:00:04