Pour les observateurs, MagEnergy n’est nullement un commissionnaire et ne prétend pas commercialiser quatre turbines de la centrale d’Inga.

A un jour du débat sur l’affaire Snel–Mag Energy à la plénière de l’Assemblée nationale, d’autres cartouches sont larguées sur la place publique. C’est d’ailleurs le cas, déclarent certains observateurs, de la conférence de presse tenue lundi par l’Anep (Association nationale des entreprises du portefeuille) qui est sortie de sa léthargie pour s’impliquer dans le dossier. Mais, loin de s’en douter, il y a une déclaration qui, poussée plus loin, soulignent les mêmes observateurs, tend à accuser le Premier ministre Gizenga.
Au cours de la conférence de presse tenue lundi et axée sur la « Position de l’Anep concernant le dossier qui oppose la Snel à MagEnergy », l’administrateur secrétaire exécutif de l’Anep, le Pr. Richard Ngub’Usim Mpey-Nka, donnant l’avis de sa structure (Anep), a déclaré aux chevaliers de la plume réunis : « S’agissant de l’insubordination sus évoquée, l’Anep rappelle que le principe du privilège de l’Autorité (exécution d’abord et réclamation après) a été inversé par l’article 28 de la Constitution en vigueur qui dispose que nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal (...) La preuve de l’illégalité manifeste de l’ordre incombe à la personne qui refuse de l’exécuter ».
Partant de la déclaration précitée, étant entendu que l’insubordination en question fait allusion à l’ordre donné à la Snel de poursuivre le contrat avec MagEnergy, les observateurs vont jusqu’au bout de la logique. Car, relèvent-ils, le dossier avait été présenté au Conseil des ministres par le ministre de l’Energie et ensuite renvoyé à la commission économico-financière du Gouvernement qui l’a approuvé avant que le Premier ministre Antoine Gizenga Fundji n’autorise la poursuite du contrat Snel–MagEnergy dans sa lettre du 13 février 2008. En évoquant donc les dispositions de l’article 28 de la Constitution, c’est en fait le Premier ministre Gizenga qui est ainsi accusé d’avoir donné un ordre illégal, concluent les observateurs.
Du coup, l’affaire SNEL–MagEnergy ressemble à une « rébellion » contre la tutelle technique, contre la commission Ecofin du Gouvernement, contre le Gouvernement et contre la personne du Premier ministre même Antoine Gizenga Fudji. Voilà qui surprend plus d’un observateur qui souhaite que du choc des idées à l’Assemblée nationale, jaillisse la lumière. Pourquoi refuse-t-on d’exécuter l’ordre de l’autorité au risque de discréditer tout un pays ?
Le protocole d’accord signé entre Snel et MagEnergy n’est pas caduc
S’appesantissant sur le dossier, les observateurs émettent quelques avis : le protocole d’accord incriminé n’est pas caduc pour la bonne et simple raison qu’avant son expiration, MagEnergy avait mobilisé des fonds et que c’est la date de mise à disposition de fonds qui constitue, en réalité, la date du démarrage des travaux de réhabilitation. Et, MagEnergy mobilisait déjà 1 million Usd le 05 avril 2006. Ce protocole, ajoutent-ils, conclu pour un an au départ, ne pouvait pas être caduc au 14 avril 2006 parce que le ministre du Portefeuille ne l’avait signé que le 20 mai 2005. De plus, soulignent toujours les observateurs, son objet ne consistait pas en la recherche de financements par la partie MagEnergy pour réhabiliter quatre turbines, mais en la recherche et la mise en place des financements pour les études et les travaux. Ce que MagEnergy a déjà réalisé, soutiennent d’ailleurs les mêmes observateurs. Ce n’est qu’après que viendrait la construction de la ligne Inga–Kabinda–Pointe-noire.
MagEnergy n’est pas un commissionnaire, mais une filiale de MagIndustries cotée à la bourse de Toronto
Et là où MagEnergy est traité de commissionnaire, on rappelle que MagEnergy n’est que l’une de quatre filiales de la compagnie publique canadienne MagIndustries cotée à la bourse Toronto. Un commissionnaire, avance-t-on, ne peut pas signer une convention de partenariat avec une entreprise comme la Snel. Encore que, durant les trois dernières années, Mag a dépensé 250 millions Usd entre le Congo-Brazzaville et la RDC avec une capitalisation boursière estimée à plus de 544 millions Usd. Au Congo-Brazzaville, poursuit-on dans les milieux des observateurs, Mag emploie 2.000 travailleurs où il a investi 800 millions Usd dans le projet de potasse. « Un commissionnaire peut-il prendre le risque de mettre en jeu 20 millions Usd en RDC ? ».
MagEnergy n’entend pas commercialiser la production de quatre turbines
Un autre reproche que les observateurs jugent non fondé, c’est lorsqu’on accuse MagEnergy de chercher à commercialiser quatre turbines de la centrale d’Inga. Les observateurs font observer que, conformément à l’accord, le remboursement de MagEnergy ne se fera pas en commercialisant les quatre turbines, mais à travers une répartition à raison de 80% pour la Snel et 20% pour MagEnergy sur la turbine de réserve à commercialiser après la réhabilitation de quatre turbines. C’est donc la Snel qui va se tailler la part du lion, concluent-ils. De plus, les 200.000 Usd que la Snel payait à MagEnergy, ce n’était pas pour lui permettre d’aller chercher des financements, mais parce que MagEnergy a pris en charge, d’ailleurs à la demande de la Snel, les travaux d’urgence qui n’étaient pas prévus dans l’accord. Encore que ce paiement a été arrêté.
(Yes)M.M./Forum des As
Last edited: 14/05/2008 18:55:36