Le président de l’Assemblée nationale a dû suspendre la séance plénière après la sortie des députés de l’opposition pour se donner le temps de négocier leur retour en salle et ainsi obtenir l’adhésion de l’ensemble des représentants du peuple à l’important dossier du contrat chinois.

A la confrontation des positions quelques fois tranchées, aux divergences de vues parfois déconcertantes, et aux velléités démoralisantes des uns et des autres de sécher les plénières de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe apparaît à la tête de l’hémicycle, comme un équilibriste doué, sachant encourager à la fois l’éclosion des valeurs démocratiques, et la promotion des vertus de la contradiction dans les débats. Dans cette alchimie dont il détient seul les secrets, il sait extraire des arguments solides pour faire triompher la vérité parlementaire, celle qui dévore la vérité gouvernementale et renvoie aux études, certains membres de l’exécutif.
Dans une institution où deux courants, l’un de la majorité et l’autre de l’opposition, s’affrontent quelquefois au détriment des intérêts supérieurs de la nation, il lui arrive de montrer qu’aux commandes des débats, il sait appuyer sur la pédale de la conciliation et ronger les freins des désaccords. Au point que majorité au pouvoir et l’opposition parviennent souvent à défendre les mêmes intérêts, sinon les mêmes positions. Il est arrivé bien des fois que Vital Kamerhe soit poussé à la faute, soit par les turpitudes de certains caciques du pouvoir, lors des questions orales, soit par les incohérences des autres membres de l’opposition parlementaire durant les interpellations des ministres. Au lieu de succomber à la tentation, de céder aux caprices de députés de sa famille politique décidés d’en découdre avec leurs collègues de l’opposition, le président de l’Assemblée nationale a su retrouver les points d’accord en jouant des partitions qui dévoilent ses talents cachés de fin négociateur. Sans revendiquer une longue expérience dans la gestion des institutions parlementaires, le voilà parmi des députés professeurs d’université, anciens ministres, gouverneurs ou anciens responsables des institutions républicaines, qui tente de nous convaincre qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Faut-il pour cela des cheveux grisonnants ou une barbe sel et poivre ? Son dernier look autorise ce rapprochement aux apparences.
Lundi encore, après avoir fait l’économie des préoccupations des députés, il a cédé la parole à Pierre Lumbi. On a reconnu le « jeune et sage » président de l’Assemblée nationale, non seulement par de sortie de crise parlementaire.
Dans une salle de congrès sentant le soufre, les esprits surchauffés par des réponses non satisfaisantes pour les uns, le verbe à la limite de l’injure et de l’insolence pour les autres, un incident malheureux a poussé, lundi, les députés de l’opposition hors de l’hémicycle. L’incident a remis à l’épreuve Vital Kamerhe. Une fois encore, il a donné la parole à quelques membres de deux camps, et c’est de là qu’est venue la solution à la crise par la voix du député Thambwe Mwamba.
A travers tout le pays, l’opinion nationale qui suivait les débats à la télévision, s’est félicitée de l’attitude conciliatrice du président de l’Assemblée nationale, avant de renvoyer la séance à ce mardi, dans l’espoir que la nuit puisse porter conseil et que les contacts pris avec les présidents des groupes parlementaires fassent revenir à la raison ceux qui tiennent à multiplier des incidents.
(Ern.)Le Phare
Last edited: 13/05/2008 18:03:17