L’enquête ouverte dans cette affaire, va certainement permettre d’identifier les complicités qui opèrent au sein des agences de la Sonas et qui facilitaient la tâche au réseau.

Sous les apparences d’un bureautique très fréquentes au quartier Bon Marché à Barumbu, dans les parages de l’hôtel Phénix, se cachait le centre nerveux d’un des plus importants réseaux des faussaires de la ville de Kinshasa. De nombreux clients qui y affluaient à longueur de journées, pour la saisie des lettres, des invitations et des travaux de fin de cycle, étaient loin de s’imaginer qu’il s’y développait une intense activité de chancellerie. Seuls les habitués ou les personnes recommandées par les membres du réseau, pouvaient obtenir tout document officiel.
Diplômes universitaires, d’Etat, des attestations de fin de service ou de carrière, de naissance et de mariage, des autorisations de transport, des plaques d’immatriculation et des permis de conduire national et international sont délivrés aux demandeurs pressés par le temps. La liste n’est pas limitative. On laisse entendre que devant deux documents sortis de cette bureautique, seul l’œil de l’expert peut détecter le faux du vrai et que les néophytes s’y perdraient volontiers.
Un secrétariat clandestin pour toutes les formalités administratives
Vendredi dernier, deux faux certificats d’assurances détectés par un auditeur de la Sonas, le fondé de pouvoirs Gabriel Kapalay, ont guidé les enquêteurs de la police sur les pistes du réseau. Il s’agissait bel et bien de faux documents trouvés entre les mains de deux citoyens et qui leur ont été délivrés pour deux véhicules immatriculés KN 1766 BK et BC 6344 BD. A la base, un démarcheur efficace et agent de relations publiques du réseau, le fameux Camille Bosolo habitant quartier Kwenge II n° 52 bis, à Matete. Non seulement, il contacte les opérateurs économiques et perçoit les frais pour la délivrance des documents, mais travaillait en étroite collaboration avec le redoutable Odosi « le champion », le cerveau -moteur du réseau. Ce coup de filet, comme il fallait s’y attendre, a été apprécié par les responsables de la Sonas qui, depuis le début de cette année, ont engagé une lutte contre les antivaleurs. Pour Herman Mbonyo Lihumba.
La reconstruction du pays et la relance des activités des entreprises du Portefeuille doit impérativement passer par une guerre ouverte contre les criminels économiques décidés à torpiller l’action positive en cours. A la vue de faux documents, il avait promis que la Sonas irait jusqu’au bout pour démanteler tout le réseau.
Depuis la semaine passée, c’est chose faite. Car, tout le matériel utilisé pour fabriquer des faux papiers en-tête, des ordinateurs, des appareils pour le scannage et des photocopieurs, des cachets de la plupart des services de l’Etat, des documents vierges, d’autres déjà cachetés ont été saisis.
L’enquête ouverte dans cette affaire, va certainement permettre d’identifier les complicités qui opèrent au sein des agences de la Sonas et qui facilitaient la tâche au réseau.
Rappelons que « jeudi sinistres », la 9ème opération de la série, est intervenue le 8 mai 2008, pour indemniser des sinistrés pour un montant de 50.684,35 dollars pour la ville de Kinshasa. Jusqu’à cette date, la campagne dépassait 1.400.000 dollars, non compris le paiement intervenu jeudi dernier.
J.R.T./Le Phare
Last edited: 13/05/2008 17:33:48