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Bonjour | 03/12/2008 20:54 | English Make DC Home page | RSS feed

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Après Ngurdoto à Arusha, c’est maintenant le tour de Dar-Es-Salaam d’abriter le sommet des Chefs d’Etat de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda. Entre les deux sommets, il y a eu bien sûr la réunion de la grande commission mixte des deux pays qui s’est tenue à Kampala. Trois rencontres en l’espace de sept mois sans oublier les séances de travail des experts, voilà qui fait penser à la pertinence des questions à discuter. Des sommets au goût du pétrole, celui du Lac Albert dont l’exploitation par la RDC et l’Ouganda provoque déjà des remous et des tensions.

Dar-es-Salaam vient d’abriter le sommet des présidents de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda Joseph Kabila et Yoweri Museveni. Et ce sous les auspices du président Jakawa Kikwete, président de la Tanzanie. Le chef de l’Etal tanzanien est également président en exercice de l’Union africaine, membre de la « troïka » de la conférence internationale sur la région des Gands Lacs.

Avec ses trois casquettes, il est appelé à assumer un rôle de premier rang dans les initiatives de paix de sécurité et de développement de l’Afrique. C’est à ce litre, en septembre 2007, qu’il avait réuni à Arusha, précisément à Ngurdoto, les présidents congolais et ougandais. Au terme des accords de Ngurboto, les deux chefs d’Etat avaient convenu de redynamiser depuis relations bilatérales, tant sur le plan sécuritaire, diplomatique, économique que social dans l’intérêt réciproque de leurs peuples respectifs.

D’où l’essentiel de l’Accord de Ngurdoto qui a privilégié la mise en exploitation des gisements miniers et des réserves pétrolières ainsi que la neutralisation des groupes armés qui constituent un véritable obstacle au développement de la région. Lors des travaux de la grande Commission mixte de décembre 2007, les ministres de deux pays se sont attardés longuement sur toutes ces questions avec un accent particulier sur la création d’une « Zone d’intérêt communs » pour l’exploitation commune du pétrole du Lac Albert.

Période : une question capitale

Il est vrai que depuis la réunion de la grande Commission mixte de Kampala, les choses ne semblent pas évoluées comme on l’aurait souhaité. Il y a d’abord des questions liées à la sécurité le long des frontières. Aujourd’hui, le désarmement des éléments de la LRA se pose avec acuité. Pas plus tard qu’il y a de cela deux mois, il était question de procéder à la signature d’un accord de cessation d’hostilités à Juba, au Sud Soudan. Malheureusement, le chef de la LRA, Joseph Kony, ne s’y était pas rendu, suscitant la colère de Museveni qui a menacé de s’appuyer sur la manière forte pour en finir avec cette rébellion ougandaise. Il entendait user de son droit de poursuite, auquel cas, recourir à la collaboration de la RDC et du Soudan pour neutraliser Joseph Kony. Le Soudan ne soutient nullement cette proposition et le Congo craint que l’armée ougandaise ne revienne officiellement en territoire congolais, avec tous les risques de commettre d’autres exactions. Entre-temps, des incidents se sont multipliés le long de la frontière commune entre les deux pays, en plus de la présence nuisible des « Mbororo ».

D’autre part, l’on assiste presqu’à un déballage entre le ministère des Hydrocarbures et la Société Tullow Oil, l’une des entreprises pétrolières disposées à collaborer, avec Heritage Oil, dans l’exploitation du pétrole du Lac Albert. Toutes ces tergiversations dérangent le gouvernement ougandais qui, selon certaines sources, aurait déjà commencé à exploiter le pétrole du Lac Albert. Ce qui ne surprendrait personne si cette information s’avérait vraie, car ce pétrole est considéré comme une manne pour le président ougandais. C’est une question de vie ou mort pour lui ». Car, il entend matérialiser un vaste programme social afin de développer son pays à travers de grands travaux de construction immobiliers et routiers. Mais aussi un ambitieux programme national agricole en chantier. Ce qui explique cette importante rencontre internationale qui s’est déroulée au mois de mars 2008 à Kampala visant à dégager les stratégies de la politique agricole en Ouganda.

A l’image de l’île de Bakassi qui oppose le Nigeria au Cameroun, à cause justement du pétrole, celui du Lac Albert risque de poser les mêmes problèmes entre le Congo-Kinshasa et l’Ouganda. Le gouvernement ougandais envisage de construire une raffinerie et une pipe line jus­qu’à Mombassa, au Kenya, pour la commercialisation de ce pétrole. L’Ouganda est également intéressé au renforcement de commerce frontalier entre les deux pays par la mise en valeur des gisements de For en RDC, mais aussi à la construction d’un barrage électrique en Ouganda qui desservirait la partie orientale congolaise en énergie électrique. Autant d’opportunités économiques, une fois bien structurées et concrétisées, permettront aux deux pays d’améliorer les conditions sociales de leurs populations. Du moins, l’Ouganda y croit fermement.

Voila pourquoi les questions sécuritaires, touchant les activités des groupes armés demeurent une priorité. Des décisions doivent impérativement être prises à ce sujet pour qu’il n’y ait plus d’obstacles dans l’exploitation et la commercialisation des produits pétroliers et miniers. Les discussions entre les deux chefs d’Etat tournent autour de ces deux points économiques majeurs. Le désaccord conduirait à des situations complexes ou inextricables, c’est selon, mais aux conséquences imprévisibles.

Freddy Monsa Iyaka Duku/Le Potentiel

Last edited: 13/05/2008 14:31:42

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